GRAPHES-Inflation-La BCE tentée de dépasser les bornes ?

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 (Répétition slug, texte sans changement) 
    * Les perspectives d'inflation s'améliorent: http://bit.ly/1XLzrg9 
    * La BCE relèvera ses prévisions de hausse des prix 
jeudi-S&P 
    * Un dépassement de l'objectif est "arithmétique"-Liikanen 
    * Cette perspective favoriserait la soutenabilité des 
dettes: 
 
    PARIS, 31 mai (Reuters) - L'amorce de redressement de 
l'inflation au sein de la zone euro éloigne la perspective de 
voir la Banque centrale européenne (BCE) s'enfoncer un peu plus 
dans la terra incognita des taux négatifs mais ouvre celle d'un 
dépassement à terme de son objectif de hausse des prix, déjà 
évoquée par le gouverneur de la Banque de Finlande.  
    L'inflation au sein de la zone euro est restée négative à 
-0,1% en rythme annuel au mois de mai, légèrement moins 
toutefois qu'en avril (-0,2%), selon une première estimation 
publiée mardi par Eurostat. L'inflation "core" (hors produits 
alimentaires non transformés et énergie) a légèrement accéléré à 
0,8% après 0,7% en avril.   
    Pour les économistes de Standard & Poor's, l'envolée des 
cours du pétrole, en hausse de plus de 80% depuis la fin 
janvier, la perspective d'une accélération du calendrier de la 
hausse des taux de la Réserve fédérale américaine avec ses 
effets attendus sur le taux de change de l'euro et la résilience 
de l'économie de la zone euro en début d'année devraient 
conduire la BCE à relever ses prévisions d'inflation jeudi.  
    Certes, la hausse des prix et en particulier l'inflation de 
base, est suffisamment basse pour justifier l'ampleur du 
programme d'assouplissement de la BCE, rappelle Gilles Moec, 
économiste de Bank of America Merrill Lynch. Mais le 
redressement de l'inflation, et avec elle celle des 
anticipations d'inflation, peut compliquer la tâche de la BCE 
dont la politique ultra-accommodante est critiquée, notamment en 
Allemagne.  
    Graphique sur l'évolution de l'inflation, de l'inflation 
"core" et des anticipations d'inflation à long terme au sein de 
la zone euro: http://bit.ly/1XLzrg9 
     
    Dans ce contexte, les récents propos du gouverneur de la 
Banque de Finlande peuvent s'interpréter comme une manière de 
préempter un éventuel débat sur l'opportunité d'infléchir la 
politique monétaire au vu des améliorations attendues sur le 
front de l'inflation.  
    Erkki Liikanen, qui est aussi membre du conseil des 
gouverneurs de la BCE, a dit le 19 mai:  "il ne sera jamais 
possible d'avoir une inflation en moyenne à 2% si elle n'est 
jamais supérieure à 2%, c'est arithmétique." 
    "Nous devons être cohérent dans les deux directions. Mon 
approche est symétrique dans les deux directions", a-t-il 
ajouté. 
     
    "EFFET BOULE DE NEIGE INVERSÉ"  
    Pour Gilles Moec, l'éventualité d'un dépassement de 
l'objectif d'inflation de la BCE, à un horizon certes lointain, 
peut aussi se justifier par ses conséquences sur la 
soutenabilité des dettes publiques.  
    La nécessité de lâcher du lest sur le front de l'orthodoxie 
budgétaire plaide dans ce sens sur fond de contestation des 
réformes, d'autant que le calendrier électoral est chargé entre 
les élections municipales de dimanche en Italie avant un 
référendum constitutionnel en octobre, des élections 
législatives le 26 juin en Espagne, les élections présidentielle 
et législatives en France au printemps 2017 et des élections 
législatives en Allemagne en septembre de la même année.  
    Sans oublier le référendum britannique du 23 juin sur le 
maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne et ses 
possibles effets centrifuges pour la construction européenne. 
    La Commission européenne a ainsi accordé des marges de 
manoeuvre budgétaire à l'Italie et n'a sanctionné ni l'Espagne, 
ni le Portugal au sujet de leurs déficits publics.   
    Thibault Mercier, économiste de BNP Paribas, rappelle certes 
que tous les pays de l'union monétaire européenne - à 
l'exception de la Grèce et du Portugal - peuvent aujourd'hui 
émettre de la dette à long terme à un taux d'intérêt inférieur à 
celui de leur croissance nominale tendancielle, définie comme la 
somme des estimations de croissance tendancielle en volume de la 
Commission européenne et de l'objectif à moyen terme de la BCE, 
soit 2% l'an. 
    Graphique sur l'écart entre le taux d'intérêt sur la dette 
et le taux de croissance nominale ou écart critique dans les 
pays de la zone euro: http://bit.ly/1WuzsWI 
     
    Cette situation, liée à la baisse des taux d'intérêt 
provoquée par la politique d'assouplissement quantitatif de la 
BCE, facilite les efforts de désendettement des Etats.  
    Lorsque la croissance de l'économie en termes nominaux est 
supérieure au taux d'intérêt sur la dette, le ratio 
d'endettement public peut baisser même en situation de déficit 
public primaire, c'est à dire hors service de la dette publique. 
Un enchaînement que Thibault Mercier qualifie "d'effet boule de 
neige inversé." 
    Tous les pays concernés n'ont toutefois pas retrouvé des 
taux de croissance correspondant à leur croissance tendancielle 
telle qu'estimée par la Commission européenne, et l'inflation 
est encore très loin de l'objectif de la BCE.  
    Un dépassement temporaire de cet objectif permettrait de 
compenser les éventuelles difficultés que pourraient rencontrer 
certains pays pour renouer avec leur croissance tendancielle. 
    Les résistances qu'il susciterait dans certains pays, en 
particulier l'Allemagne, ne le rendraient envisageable que si 
les pays qui en bénéficieraient le plus s'engageaient à 
poursuivre les réformes et la réduction de leurs déficits bien 
qu'à un rythme moindre que souhaité par les membres les plus 
solvables de la zone euro, prévient toutefois Gilles Moec.  
     
    Sources : 
    *The eurozone's inflation outlook is improving slightly. 
Standars & Poor's. 30 mai 2016.  
    *Zone euro. L'effet boule de neige inverse. Eco Week. BNP 
Paribas. 27 mai 2016.  
    *Taking stock : Inflation overshoot is the natural slope. 
Euro Area Economic Watch. Bank of America Merrill Lynch. 23 mai 
2016.  
 
 (Marc Joanny, édité par Marc Angrand) 
 
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