GRAPHES-Confiance et consommation-Le grand écart franco-britannique

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    * Les Français plus confiants ne consomment pas http://bit.ly/2bIS6XM 
    * Le rebond de la croissance française au T3 compromis 
    * Les Anglais, pessimistes avec le Brexit, continuent leurs 
achats http://bit.ly/2c47IWa 
    * Crainte de récession atténuée en GB au risque d'un "hard 
Brexit" 
 
    31 août (Reuters) - Les consommateurs français et 
britanniques ont des comportements opposés depuis quelques mois, 
qui pourraient pourtant avoir des répercussions négatives d'un 
côté du Channel comme de l'autre. 
    Les premiers se montrent plus confiants en dépit de la 
succession d'attentats meurtriers, l'embellie conjoncturelle du 
début de l'année et une amorce d'amélioration du marché de 
l'emploi contribuant au regain d'optimisme.  
    La confiance des ménages français s'est légèrement redressée 
en août, faisant preuve de résistance après l'attaque du 14 
juillet à Nice et malgré des craintes persistantes sur le 
chômage.  
    L'indice synthétisant leur confiance a ainsi pratiquement 
retrouvé ce mois-ci son niveau de mai, qui constituait un plus 
haut depuis octobre 2007.   
    Ce regain de confiance des ménages français ne se traduit 
toutefois pas dans leurs dépenses de consommation en biens, qui 
ont reculé en juillet pour le quatrième mois consécutif alors 
que les économistes interrogés par Reuters anticipaient un léger 
rebond.   
    Graphique de l'évolution comparée de la confiance et des 
dépenses de consommation en biens des ménages français :  
    http://bit.ly/2bIS6XM 
     
    Cette panne persistante de la consommation des ménages 
fragilise la perspective d'un rebond de la croissance française 
- nulle au deuxième trimestre après +0,7% sur les trois premiers 
mois de l'année.   
    La baisse de 0,2% des dépenses de consommation des ménages 
en biens au mois d'août "signale un risque baissier prononcé sur 
notre prévision de croissance pour le troisième trimestre", 
prévient François Cabau, économiste de Barclays qui table sur un 
rebond de 0,3% du produit intérieur brut sur la période 
juillet-septembre, une anticipation conforme à celle de l'Insee 
et de la Banque de France. 
    Un moindre rebond de la croissance pourrait toutefois peser 
sur la confiance des ménages et justifier leur peu d'entrain 
pour les achats.  
     
    JUSTIFICATION A POSTERIORI 
    Le comportement des consommateurs britanniques est à 
l'opposé de celui des Français. Le Brexit s'est traduit par une 
poussée de pessimisme à peine enrayée en août mais leurs achats 
sont restés soutenus.  
    Le vote britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de 
l'Union européenne, les craintes de récession et la chute de la 
livre sterling qui ont suivi, ont provoqué un fort recul de la 
confiance des ménages, qui reste toutefois supérieure aux points 
bas atteints après la crise financière de 2008-2009.  
    L'indice GfK la synthétisant est tombé à -12 au mois de 
juillet, en baisse de 11 points, pour remonter à -7 en août, 
selon les données publiées mercredi.  
    La rapidité de la transition politique avec la désignation 
de Teresa May au poste de Premier ministre et les mesures 
d'assouplissement monétaire prises par la Banque d'Angleterre 
ont contribué à rasséréner un peu les esprits.  
    La poussée d'inquiétude des consommateurs britanniques ne 
s'est en revanche pas traduite par une baisse de leurs achats, 
les ventes au détail continuant de progresser à un rythme 
soutenu. 
    Graphique de l'évolution comparée de la confiance des 
ménages britanniques et des ventes de détail :  
    http://bit.ly/2c47IWa 
    
    "Les premiers chiffres concrets post-Brexit comme les ventes 
au détail ou l'évolution du chômage ne montrent aucun 
décrochage", relève d'ailleurs Alexandre Mirlicourtois, de 
Xerfi, qui rappelle toutefois qu'en économie, "il y a des délais 
de propagation, ce qui permet un temps de rester en lévitation". 
  
    La résistance meilleure que prévu de l'économie britannique 
au choc du Brexit au moins jusqu'à présent pourrait se révéler 
contre-productive, prévient de son côté Robert Wood, économiste 
de Bank of America Merrill Lynch.  
    Alors que Teresa May réunit mercredi les membres de son 
gouvernement pour examiner les options de sortie du Royaume-Uni 
de l'UE, les médias britanniques se sont fait l'écho d'un 
certain soutien dans les milieux conservateurs en faveur d'un 
"hard Brexit", qui verrait Londres sortir de l'UE sans proposer 
à ses partenaires la mise en place d'accords commerciaux de 
substitution.  
    Pour Robert Wood, la dégradation moindre que redouté de la 
conjoncture a accru la probabilité de ce scénario intransigeant, 
même s'il accentuerait les risques à long terme pour l'économie  
et pénaliserait "significativement les échanges et la 
prospérité." 
     En maintenant leurs dépenses en dépit du Brexit, les 
ménages britanniques risqueraient alors d'avoir créé les 
conditions d'une récession plus profonde et plus tardive 
justifiant a posteriori leur pessimisme.  
    
    Sources :  
    * France July household goods' consumption signals early 
marked downside risks to Q3 GDP. Barclays. 31 août 2016.  
    * "Brexit means Brexit" but what does Brexit mean ?  Global 
Economic Weekly. Bank of America Merrill Lynch. 26 août 2016.  
    * Royaume-Uni/Brexit: le calme avant la tempête. Xerfi. 25 
août 2016.  
     
 
 (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez) 
 
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