GRAPHES-Chine-L'économie rassure, l'investissement direct inquiète

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    * La Chine investit plus à l'étranger que les étrangers en 
Chine 
    * http://bit.ly/2fLj998 
    * La Chine a multiplié les achats d'entreprises 
occidentales: 
    * http://bit.ly/2fCC9rb 
    * La Chine, un des pays les plus fermés à l'IDE 
    * http://bit.ly/2e8KT7o 
    * L'affaire Aixtron, un cas particulier - consultant 
    * http://bit.ly/2foXkIm 
 
    4 novembre (Reuters) - L'économie chinoise stabilisée grâce 
à des politiques monétaire et budgétaire expansionnistes 
inquiète moins mais la politique d'investissement direct à 
l'étranger de Pékin continue d'alimenter les craintes alors que 
la Chine investit désormais plus à l'étranger que les étrangers 
n'investissent en Chine. 
    La décision du gouvernement allemand de retirer la semaine 
dernière son autorisation au rachat de l'équipementier des 
semi-conducteurs Aixtron  AIXGn.DE  par la société 
d'investissement chinoise Fujian Grand Chip Investment (FGC) 
pour des raisons de sécurité est le dernier exemple en date des 
tensions suscitées par cette nouvelle donne. 
    Les entreprises d'Etat chinoises ont multiplié ces dernières 
années les tentatives, le plus souvent couronnées de succès, de 
prises de participation ou d'acquisitions d'entreprises 
occidentales.  
    Tableau des principales acquisitions, prises de 
participation d'entreprises d'Etat chinoises dans des 
entreprises occidentales depuis 2010: http://bit.ly/2fCC9rb 
     
    L'investissement direct chinois à l'étranger dépasse 
d'ailleurs depuis l'année dernière l'investissement étranger en 
Chine. Avec 146 milliards de dollars investis à l'étranger 
l'année dernière, la Chine se plaçait au deuxième rang mondial 
des pourvoyeurs d'investissement direct étranger, derrière les 
Etats-Unis.  
    Graphique sur les IDE étrangers en Chine et chinois à 
l'étranger depuis 2010: http://bit.ly/2fLj998 
     
    Les dernières prévisions sur les flux de capitaux dans les 
pays émergents publiées jeudi par l'Institute of International 
Finance montrent que la tendance s'est confirmée en 2016 et 
devrait se poursuivre en 2017.   
     
    DIX SECTEURS CLES  
    La Chine est d'ailleurs l'un des pays les moins ouverts à 
l'investissement direct étranger, selon l'indice de restriction 
réglementaire à l'IDE de l'Organisation de coopération et de 
développement économiques (OCDE) 
    Graphique sur l'indice de restrictions réglementaires à 
l'IDE de l'OCDE pour les pays du G20: http://bit.ly/2e8KT7o 
     
    Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel a estimé 
vendredi que les règles du jeu ne semblaient pas équitables pour 
les entreprises allemandes en Chine, deux jours après que Pékin 
eut dit espérer que les initiatives récentes de Berlin contre 
les acquisitions par des entreprises chinoises en Allemagne 
resteront "une exception".     
    Pour les économistes d'Exane BNP Paribas, la Chine mène "une 
politique de la porte 'à demi-ouverte'", protégeant son marché 
domestique pour y développer des champions nationaux aux 
ambitions globales tout en procédant à des acquisitions 
d'entreprises dans les pays développés.  
    L'appétit des entreprises chinoises pour les firmes 
occidentales s'inscrit dans le cadre de la montée en gamme de 
l'appareil productif voulu par les dirigeants chinois et leur 
objectif de faire de la Chine un champion de l'innovation dans 
certains secteurs à forte valeur ajoutée, rappellent-ils. 
    En mars 2015, les autorités chinoises ont identifié dix 
secteurs prioritaires dans le cadre de leur stratégie à long 
terme "Made in China 2015", des technologies de l'information à 
la robotique en passant par l'aéronautique, les équipements de 
production et d'économie d'énergie, les appareils médicaux de 
haute performance et la biomédecine ou encore les équipements 
pour l'agriculture et l'agroalimentaire.  
    Un accord a d'ailleurs été signé l'année dernière entre 
Berlin et Pékin afin de définir le cadre d'une coopération 
industrielle pour les cinq années à venir dans les domaines de 
la "production industrielle intelligente" et "l'interconnexion 
des processus de production".  
      
    AIXTRON, CHANGEMENT DE CAP OU COUP DE SEMONCE ?  
    Le retrait par les autorités allemandes de leur agrément 
pour l'offre de FGC sur Aixtron contraste avec cet esprit de 
coopération.  
    Jean-François Dufour, spécialiste de la Chine au sein du 
cabinet Montsalvy Consulting, relève toutefois que l'offre de 
GFC sur Aixtron est intervenue quelques mois seulement après la 
perte d'une importante commande d'une autre firme chinoise Sanan 
Optoelectronics qui avait fortement accéléré le plongeon en 
Bourse de la firme allemande.  
    "En décembre 2015, Aixtron annonce qu'un contrat passé avec 
le principal fabricant mondial de diodes électroluminescentes, 
le chinois Sanan Optoelectronics, est radicalement revu à la 
baisse faute d'accord technique, passant de 50 à trois 
machines", rappelle-t-il. 
    "La perte de commande qui représente un tiers de son chiffre 
d'affaires porte un coup fatal à Aixtron : en deux semaines, le 
cours de son action à la Bourse de Francfort chute de plus de 
50% et il est toujours au même niveau lorsqu'est annoncée, en 
mai 2016, l'offre de rachat salvatrice de FGC." 
    Graphique sur l'évolution du cours d'Aixtron depuis juin 
2014 : http://bit.ly/2foXkIm 
     
    Jean-François Dufour note que l'un des deux actionnaires du 
fonds d'investissement FGC, à hauteur de 49%, Bohao Investment, 
est un bras financier de la municipalité de Xiamen, dans le 
Fujian où est implanté le siège de Sanan. 
    "A la différence de nombreuses opérations précédentes 
d'acquisition chinoises en Allemagne, il ne s'agit donc pas d'un 
industriel avec lequel la société acquise puisse bâtir une 
stratégie de développement mais d'un instrument de captation 
financière, qui a vocation à céder actifs ou technologies à 
d'autres acteurs." 
    Pour lui, l'affaire Aixtron ne marque probablement pas un 
changement d'attitude général de Berlin vis-à-vis des 
investissements chinois qui ont atteint un niveau record en 
Allemagne en 2016.  
    "Elle marque plus probablement la volonté de Berlin 
d'indiquer que les dossiers seront examinés au cas par cas, avec 
le souci de déterminer les intentions réelles derrière chaque 
opération." 
      
    Sources :  
    *Chine. 2017: Stability, stability, stability. Exane BNP 
Paribas. 1er novembre 2016  
    *Investissement chinois, les dessous de l'affaire Aixtron. 
Montsalvy Consulting. 26 octobre 2016  
     
    Sur le même thème:  
    *FACTBOX-China develops an appetite for German technology 
firms.   
 
 (Marc Joanny, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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