GRAPHES 2016 -Un pétrole à $16 ou à $80 le baril, l'Arabie saoudite en arbitre

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    15 décembre (Reuters) - Les scénarios de croissance et 
d'inflation pour l'année prochaine reposent en général sur une 
hypothèse de quasi-stabilité des prix du pétrole d'autant plus 
discutable qu'elle ne s'est pratiquement jamais réalisée au 
cours des dix dernières années et que la chute des cours du brut 
s'est nettement accélérée depuis le début décembre. 
    L'absence d'accord entre les pays de l'Opep sur une 
réduction des quotas de production à l'issue de leur réunion du 
4 décembre a été le facteur amplifiant un décrochage des cours 
du brut qui est allé de pair depuis l'été 2014 avec le mouvement 
d'appréciation du dollar.  
    Graphique de l'évolution des cours du pétrole et du taux de 
change du dollar contre un panier de devises:  
    http://bit.ly/1Nn0R6d 
    
    Les cours bas du pétrole résultent surtout de la persistance 
d'un excédent de la production sur la demande.  
    Le ralentissement de l'économie chinoise et une croissance 
mondiale atone pèsent sur la consommation de pétrole.  
    Dans le même temps, la stratégie des pays de l'Opep, et 
notamment de l'Arabie saoudite, consistant à accroître la 
production pour faire baisser les prix et ainsi faire reculer la 
production des pays hors Opep, en particulier en Russie et aux 
Etats-Unis, alimente un excédent d'offre.  
    Graphique de l'évolution de la demande et de la production 
de pétrole: 
    http://bit.ly/1Nn0SqG 
     
    Pour Andrew Roberts, de RBS, les logiques qui ont prévalu 
sur le marché pétrolier en 2015 vont se poursuivre voire 
s'amplifier en 2016. Il envisage des objectifs de cours de 26 
dollars le baril possiblement dès la fin du premier trimestre 
puis de 16 dollars le baril.  
    La banque, qui rappelle qu'elle avait fixé à la fin 2014 un 
objectif de cours à 42 dollars le baril pour cette année, quand 
le consensus des prévisionnistes était à 70 dollars, s'attend à 
une poursuite du ralentissement économique en Chine qui pèsera 
sur la croissance mondiale et la demande de pétrole. 
    Elle prend en compte la perspective de l'arrivée sur le 
marché mondial du pétrole iranien, sous réserve de la levée 
complète des sanctions internationales après la présentation par 
l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de son 
évaluation des activités nucléaires de Téhéran, prévue ce mardi. 
    Elle rappelle aussi le niveau record des stocks mondiaux de 
brut et la pénurie de capacités de stockage supplémentaires. 
    Graphique de l'évolution des stocks mondiaux de brut: 
    http://bit.ly/1jZZ2RW 
     
    Elle note enfin que le phénomène climatique El Nino devrait 
se traduire par un hiver moins rigoureux dans le nord-est de 
l'Amérique, ce qui constituera un facteur supplémentaire pesant 
sur la demande au premier trimestre. 
    Les objectifs de cours de 26 dollars puis de 16 dollars le 
baril résultent de l'analyse technique et ne seraient remis en 
cause qu'en cas de franchissement du seuil de 54 dollars le 
baril. 
    Dans leur scénario macroéconomique 2016, les économistes de 
Natixis n'excluent pas de leur côté une brusque remontée des 
cours du pétrole jusqu'à 80 dollars le baril au moins. 
    Ils soulignent que la baisse des prix du pétrole a fait 
apparaître des difficultés économiques et budgétaires et amputé 
la richesse des pays exportateurs, y compris de l'Arabie 
saoudite. 
    Ils n'excluent donc pas que Riyad renonce à un moment à sa 
stratégie de part de marché et réduise sa production de sorte 
que le cours du baril remonte sachant que, selon eux, le niveau 
de prix qui lui permet d'équilibrer son budget est proche de 100 
dollars.  
    Le Fonds monétaire international a calculé qu'aux cours 
actuels du baril, les réserves financières du royaume seraient 
épuisées d'ici cinq ans sans ajustement de ses dépenses 
budgétaires.  
    "Une remontée importante et subite du prix du pétrole 
entraînerait une chute de l'activité, la hausse de l'inflation, 
le passage à des politiques monétaires restrictives, donc une 
remontée des taux d'intérêt et une baisse des cours boursiers 
dans les économies émergentes et développées importatrices de 
pétrole", préviennent les prévisionnistes de Natixis.  
 
    Sources :  
    * Low oil prices: less to cheer, more to worry. The Silver 
Bullet. RBS. 11 décembre 2015.  
    * Outlook macro: ni pire, ni meilleur que 2015. Natixis. 24 
novembre 2015.  
    * Le risque saoudien. Natixis. 25 septembre 2015  
     
 
 (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez) 
 
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