Grande surface, petit commerce, Internet : où les Français font-ils leurs courses ?

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Si les achats en ligne ont explosé entre 2006 et 2011 pour les biens durables, notamment les produits culturels, l'usage d'Internet reste marginal pour les achats alimentaires, selon l'Insee.

Supermarchés, magasins spécialisés, petits commerces ou Internet ... Les Français sont plutôt restés attachés à leurs habitudes d'achat sur la décennie 2001-2011, selon une étude de l'Insee publiée ce vendredi. Leurs choix de points de vente dépendent des produits achetés, mais aussi des caractéristiques des ménages, notamment de leur lieu de résidence et de leur niveau de vie. Tour d'horizon.

Les ménages font toujours leur plein alimentaire en grandes surfaces

Pour leurs courses alimentaires, les Français réalisent 72,2% de leurs dépenses dans les grandes surfaces (hypermarchés, supermarchés et hard discount) et 14,9% dans les commerces de détail spécialisés, comme les boulangeries, boucheries ou épiceries, d'après les dernières données de l'Insee, qui datent de 2011*. Une répartition qui n'a pas beaucoup varié en 10 ans. Le commerce en ligne, quant à lui, ne représente que 0,6% de ces achats et les marchés et producteurs 5,9%. Au sein des grandes surfaces, le hard discount ne décolle pas vraiment, avec une part des dépenses qui a augmenté timidement de 7,5% en 2001 à 10,4% dix ans plus tard, sauf chez les familles les plus modestes. Les 10% des ménages au plus faible niveau de vie réalisent ainsi 18,5% de leurs dépenses alimentaires dans le hard discount, contre 3,5% pour les 10% les plus aisés.

Les consommateurs ruraux parcourent au moins 5 kilomètres pour faire les trois quarts de leurs courses

Les communes rurales représentent les deux tiers des communes de l'Hexagone, mais n'abritent qu'un cinquième des points de vente d'alimentation, souligne l'Insee. A l'inverse, à Paris, on compte 22 commerces de détail spécialisés pour 10.000 habitants, contre une moyenne de 15 dans les autres communes urbaines. Résultat, les Français qui habitent à la campagne ne réalisent même pas 10% de leurs achats alimentaires dans ces commerces. Ils doivent parcourir au moins 5 kilomètres pour effectuer les trois quarts de leurs courses et plus de 10 kilomètres pour en faire le tiers. En 2010, 88% des habitants des communes rurales faisaient leurs courses en voiture, contre seulement 7% des Parisiens.

Pour les vêtements, les boutiques de mode gardent les faveurs des Français

Les Français s'habillent principalement dans les magasins ...de vêtements. Ils y réalisent 60,4% de leurs achats vestimentaires, dont 34,2% dans les petites boutiques et 26,2% en grandes surfaces spécialisées. La part des achats sur Internet a flambé en dix ans, passant de 0,7% des dépenses à 4,1%. La vente par correspondance, en revanche, a reculé de 0,7% à 4,1%. «Les petits commerces spécialisés restent néanmoins privilégiés par les consommateurs plus aisés, qui y dépensent davantage que la moyenne», relève l'Insee. Les 20% des ménages les plus aisés y effectuent en effet plus de 40% de leurs dépenses d'habillement. Et les Parisiens près de la moitié (49%).

Internet grignote des parts de marché dans les produits culturels

Internet gagne du terrain dans les achats de biens durables, hors automobile. Après avoir gagné 2 points entre 2001 et 2006, le e-commerce a à nouveau grappillé 6 points entre 2006 et 2011. Les sites de vente en ligne captent 9% des dépenses des ménages, tandis que les magasins spécialisés en conservent 70%. C'est pour l'achat de produits culturels - vidéos et, surtout, musique - que l'usage d'Internet a le plus progressé en cinq ans, passant de 2% des dépenses en 2006 à 11% en 2011. Tous les autres lieux d'achat, à l'exception des grands magasins, ont vu les dépenses de leurs clients en biens culturels baisser. Sur le marché du livre, par exemple, les libraires «sont les premiers à pâtir de l'essor d'Internet».

Les jeunes font toujours plus leurs courses en ligne

Le taux d'achat sur Internet varie très nettement selon l'âge des consommateurs: 65% des personnes de 15-29 ans et 68% des 35-44 ans ont fait un achat en ligne en 2011, contre 48% des 45-59 ans et 25% des 60-74 ans. «Quel que soit le produit acheté, plus la personne de référence du ménage est jeune, (...) plus ces achats connaissent un essor rapide».

* Les enquêtes «Budget de famille» de l'Insee sont réalisées tous les cinq ans environ depuis 1979. L'enquête 2011 s'est déroulée auprès de 10.300 ménages en métropole et 5500 dans les départements d'outre-mer.

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