Grand oral télévisé sans surprise pour cinq candidats à l'Elysée

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GRAND ORAL TÉLÉVISÉ SANS SURPRISE POUR CINQ CANDIDATS À L'ÉLYSÉE
GRAND ORAL TÉLÉVISÉ SANS SURPRISE POUR CINQ CANDIDATS À L'ÉLYSÉE

PARIS (Reuters) - Cinq des dix candidats à l'élection présidentielle ont participé mercredi soir à la première des deux émissions de France 2, qui tenait davantage du "grand oral" que du "débat", les prétendants intervenant les uns après les autres, sans se croiser.

L'ordre d'apparition n'a pas été dévoilé avant le début de l'émission "Des paroles et des actes", organisée à 11 jours du premier tour de scrutin, dimanche 22 avril.

Ce premier rendez-vous a vu la participation, à raison d'un quart d'heure chacun, de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts), François Hollande (Parti socialiste), Marine Le Pen (FN) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste).

Jeudi soir, ce sera le tour de Nathalie Arthaud (LO), François Bayrou (MoDem), Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès), Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) et Nicolas Sarkozy (UMP) de se plier à cet exercice télévisuel inédit.

Un vrai débat est prévu lundi 16 avril dans l'émission "Mots croisés" -toujours sur France 2- mais les deux favoris, Nicolas Sarkozy et François Hollande, s'y feront représenter.

Des outsiders, comme le centriste François Bayrou, ont réclamé sans succès de pouvoir débattre directement avec les candidats UMP et PS.

Nicolas Sarkozy a proposé l'organisation de deux débats entre les deux tours avec son rival socialiste et non un seul comme c'est la tradition. Le candidat socialiste lui a répondu qu'il oubliait le premier tour.

En dehors de François Hollande, favori du scrutin, et de la frontiste Marine Le Pen, créditée d'environ 15% des intentions de vote, les "petits candidats" ont tenté mercredi de faire entendre leur voix lors de leur prestation en "prime time".

"Ce sont les Français et pas les sondages qui vont déterminer celui qui sera apte à diriger le pays", a déclaré le premier intervenant, Nicolas Dupont-Aignan, crédité d'environ 1% des voix dans les enquêtes d'opinion.

"LA DÉMOCRATIE PLUS FORTE QUE LES MARCHÉS", DIT HOLLANDE

"Il y a deux partis qui monopolisent l'espace public et ils ont échoué", a expliqué le député souverainiste, qui propose notamment la sortie de la France de la zone euro.

Nicolas Dupont-Aignan a précisé qu'il ne donnerait pas de consigne de vote, se refusant à voter "pour un charlatan quel qu'il soit".

"Combative" malgré une campagne "difficile", Eva Joly s'est quant à elle placée entre "la gauche molle" de François Hollande et la "gauche folle" de Jean-Luc Mélenchon.

La candidate d'Europe Ecologie-Les Verts a aussi retrouvé sa robe d'ancienne magistrate en jugeant anormal que Nicolas Sarkozy puisse solliciter un second mandat compte tenu des "présomptions concordantes et précises" pesant sur lui dans plusieurs dossiers judiciaires.

Déterminé mais prudent dans son propos, François Hollande a repris des pans de son programme et répliqué aux attaques de la droite annonçant une reprise de la spéculation sur les marchés si la gauche revenait au pouvoir.

"Je ne jouerai pas sur la spéculation", a dit le candidat socialiste, favori des sondages pour entrer à l'Elysée. "La démocratie est plus forte que les marchés".

La plus pugnace des cinq sur la forme, Marine Le Pen, est revenue sur des thèmes classiques de son programme comme l'immigration, la sortie concertée de la "prison" de la zone euro, la dénonciation de l'avortement "de confort" et les signes religieux ostentatoires.

"On ne va pas commencer à retirer les mains de fatma, les étoiles de David et les médailles de baptême", a dit la présidente du Front national, jugeant toutefois "ostentatoire" le port de la kipa juive.

Partisan de "solutions radicales" comme l'interdiction des licenciements, Philippe Poutou a suggéré d'"enlever les moyens de nuire" à ceux "qui dirigent l'économie n'importe comment".

Devenir président de la République, "ce n'est pas une ambition personnelle", a dit le candidat, ouvrier de profession, reconnaissant qu'il ne souhaitait pas faire une "carrière politique".

Elizabeth Pineau et Gérard Bon

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  • ahariga1 le jeudi 12 avr 2012 à 07:30

    Peu d'intérêt; ils redéclinent leur profession de foi.

  • NYORKER le mercredi 11 avr 2012 à 23:45

    Pourquoi, vous vous attendiez à quoi ??? des révélations ? des surprises ? on ne change pas une équipe qui gagne...une audience record certainement qui permet de vendre aux annonceurs de passer leur pub à un prix beaucoup plus élevé !!! business is business ! l'émission sert simplement de faire valoir avec les clowns qui se sont présentés.Demain on remet le couvert avec la deuxième équipe