Gouvernement, Berlin et Mali au menu de la première semaine de Macron

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    * Premier ministre nommé lundi, gouvernement mardi 
    * Rencontre avec Merkel lundi, au Mali en fin de semaine 
    * Premiers contacts avec les partenaires sociaux 
 
    PARIS, 14 mai (Reuters) - Emmanuel Macron fera ses premiers 
pas de président cette semaine avec la nomination de son Premier 
ministre et la constitution du gouvernement, des premiers 
déplacements à l'étranger et des contacts avec les partenaires 
sociaux. 
    Le huitième président de la Ve République a formé sa garde 
rapprochée dimanche, nommant le secrétaire général de l'Elysée, 
Alexis Kohler, et son conseiller diplomatique, Philippe Etienne, 
des choix qui marquent l'importance donnée aux sujets 
économiques et européens dans son agenda.   
    Très attendu, le nom du Premier ministre sera connu lundi, 
selon l'entourage du chef de l'Etat, et le gouvernement sera 
constitué mardi. 
    Ces derniers jours, le nom d'Edouard Philippe, le nom du 
député-maire Les Républicains (LR) du Havre, est revenu avec 
insistance comme possible locataire de Matignon. 
    Christophe Castaner, un des porte-parole d'Emmanuel Macron 
pendant la campagne, a semblé conforter dimanche ceux qui 
imaginent un Premier ministre issu de la droite, sans rien 
affirmer toutefois. 
    "J'étais un des premiers à monter au créneau là-dessus : 
pourquoi pas un Premier ministre de droite ? Parce que c'est la 
nature même de la démarche dans laquelle on est", a-t-il dit à 
des journalistes, soulignant le désir de l'ex-conseiller et 
ministre de François Hollande de surmonter le fossé 
gauche-droite. 
    "On parle de rupture, on peut assumer le terme. Il a 
toujours su prendre son risque. Eh bien, là, aujourd'hui, il 
considère qu'il faut qu'il le prenne", a-t-il ajouté. 
    Quant au futur gouvernement, Emmanuel Macron a annoncé 
pendant la campagne qu'il compterait une quinzaine de ministres 
et serait paritaire. 
     
    AVEC MERKEL LUNDI 
    Lundi après-midi, le chef de l'Etat s'envolera pour Berlin 
pour s'entretenir avec la chancelière allemande, une visite lors 
de laquelle il souhaite amorcer un travail commun avec trois 
priorités : la sécurité, l'économie et l'investissement, ainsi 
que la protection sociale, selon son entourage.   
    "L'Europe dont nous avons besoin sera refondée et relancée", 
a-t-il promis dimanche lors de son premier discours de 
président. "Nous aurons besoin d'une Europe plus efficace, plus 
démocratique, plus politique car elle est l'instrument de notre 
puissance et de notre souveraineté, j'y oeuvrerai."   
    Angela Merkel a souhaité que la coopération soit la plus 
étroite possible avec le nouveau président et que les deux pays 
façonnent la politique européenne. 
    "Nous ferons tout, non seulement pour aider la France, mais 
aussi pour façonner le projet européen avec la France", a-t-elle 
déclaré samedi.   
    En fin de semaine, Emmanuel Macron se rendra auprès des 
forces françaises déployées à l'étranger, "a priori" au Mali, 
pour une visite aux soldats engagés dans le cadre de l'opération 
antiterroriste Barkhane, a-t-on appris dans son entourage. 
    Selon le Journal du Dimanche, ce déplacement pourrait avoir 
lieu vendredi.   
    Un millier de soldats français sont déployés au Mali dans le 
cadre de Barkhane, qui a succédé à l'opération Serval lancée en 
janvier 2013 par François Hollande face à la progression de 
groupes armés qui menaçaient la capitale Bamako. 
    Quatre ans après l'intervention militaire française, la 
situation sécuritaire reste précaire dans le pays où les forces 
nationales et étrangères sont régulièrement prises pour cibles. 
     
    PARTENAIRES SOCIAUX 
    Sur le front intérieur, Emmanuel Macron amorcera les 
contacts avec les partenaires sociaux, à l'aube d'un quinquennat 
qu'il veut riche en réformes économiques et sociales, a annoncé 
le numéro un de la CFDT, Laurent Berger.   
    "Je ne céderai sur rien des engagements pris vis-à-vis des 
Français. Tout ce qui concourt à la vigueur de la France et à sa 
prospérité sera mis en oeuvre", a-t-il dit lors de son premier 
discours. 
    "Le travail sera libéré, les entreprises seront soutenues, 
l'initiative sera encouragée, la culture et l'éducation (...), 
la création et l'innovation seront au coeur de mon action", 
a-t-il ajouté. 
    Plusieurs de ses projets suscitent l'hostilité des 
syndicats, aux premiers rangs desquels sa volonté de réformer 
rapidement le droit du travail, au moyen d'ordonnances, et la 
transformation de l'assurance chômage avec une implication 
beaucoup plus importante de l'Etat. 
    Emmanuel Macron devrait en outre rencontrer mardi la 
commission d'évaluation du Comité international olympique (CIO) 
pour défendre la candidature de Paris à l'organisation des Jeux 
Olympiques en 2024, selon plusieurs sources proches du dossier. 
  
 
 (Jean-Baptiste Vey, Michel Rose et Marine Pennetier, édité par 
Elizabeth Pineau) 
 
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