Goupama AM surpondère modérément les actions malgré le stress

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par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Groupama Asset Management conserve une vision "modérément haussière" des marchés d'actions sans exclure des "accidents" dans les prochaines semaines.

La société de gestion qui, en juin dernier, tablait sur une reprise de la croissance pour la fin de l'été, a inversé cette prévision et révisé en baisse son scénario macroéconomique.

"Les marchés sont en mode 'extrême' avec des niveaux irrationnels, qui reflètent plus le stress des investisseurs que les fondamentaux des sous-jacents, et une tendance flagrante au 'tout sauf l'euro'", a expliqué mardi Philippe-Henri Burlisson, directeur des gestions fondamentales de Groupama AM, lors d'une conférence de presse sur la stratégie d'investissement d'ici à la fin de l'année.

"Cela peut durer car les marchés 'ne payent plus pour voir' et attendent une mise en oeuvre concrète et orchestrée des solutions permettant de sortir de la crise souveraine", a-t-il ajouté.

Selon lui, "les forces de rappel sont là, mais sont pour l'instant sans effet".

Laurent Berrebi, responsable de la recherche économique, a expliqué que le scénario de reprise qu'il envisageait, qui devait résulter de la baisse conjuguée des taux longs et des prix de l'énergie, a été contrarié par "deux évènements majeurs" : la révision en baisse de la croissance aux Etats-Unis pour 2011 mais également les chiffres de 2008, 2009, du quatrième trimestre 2010 et du premier trimestre 2011; la crise de la gouvernance tant aux Etats-Unis qu'en zone euro.

Il ramène sa prévision de croissance en 2011 aux Etats-Unis de 2,5% à 1,5% et maintient à 1,4% son estimation pour la zone euro.

LES MARCHÉS FOCALISÉS SUR LA GOUVERNANCE

"Notre scénario central reste celui d'une croissance 'molle' et repose sur la capacité des décideurs et des banquiers centraux d'utiliser à bon escient le peu de marge de manoeuvre qu'il leur reste pour stabiliser un environnement plein de risques", a dit Philippe-Henri Burlisson.

Il constate que les marchés sont focalisés, à juste titre, sur la mise en oeuvre, qui se fait toujours attendre, du projet de règlement de la crise de la dette adopté au sommet européen du 21 juillet.

Dans ce contexte, il prévoit une poursuite des taux nominaux à court terme et un revirement de la Banque centrale européenne (BCE) qui, après avoir porté en deux fois son taux directeur principal (le refi) à 1,50% au printemps dernier, le ramènerait à 1,0% fin 2011.

Les taux longs devraient continuer de se détendre, le rendement de l'OAT française à 10 ans, devant terminer l'année à 2,4% (contre 2,6% ce mardi) et celui du T-bond américain de même maturité à 1,75% (contre 1,95%).

Malgré l'écartement massif des primes (spreads) sur le marché, celui-ci reste "attractif". Dans un portefeuille diversifié, Groupama intègre 5,0% d'obligations d'entreprises de la catégorie investissement (Investment grade, IG) et 2,0% d'obligations de la catégorie spéculative (high yield, HY).

Jean-Louis Autant, responsable de l'allocation d'actifs, a précisé que le portefeuille modèle international comprenait 52% d'actions, 46% d'obligations et 2% de trésorerie.

Parmi les actions, la préférence se porte sur la zone euro et le Japon, au détriment des Etats-Unis et de l'Europe hors zone euro, avec une sous-pondération générale des financières, très corrélées à la crise de la dette.

Groupama AM prévoit un indice CAC 40 à 3.100 points fin 2011, soit une baisse de 15,4% sur l'année et une hausse de 24% sur les 12 prochains mois (3.500).

Raoul Sachs, édité par Marie Mawad

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