Google organise des rencontres en Europe sur le droit à l'oubli

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* Demande à un panel d'experts de débattre du "droit à l'oubli" * Ce droit permet de faire retirer des résultats de recherche * Des rencontres prévues dans sept villes, dont Paris * Les régulateurs planchent sur des recommandations par Leila Abboud PARIS, 8 septembre (Reuters) - Une commission mise en place par Google GOOGL.O tiendra mardi la première d'une série de réunions publiques pour débattre de l'équilibre entre respect de la vie privée et liberté de l'information après une décision rendue en mai par la justice européenne qui consacre "le droit à l'oubli". La rencontre, qui aura lieu à Madrid, donnera le coup d'envoi d'un total de sept réunions dans des capitales européennes au moment où Google doit faire face à des milliers de demandes par mois de retrait de résultats de recherche. Mi-juillet, le groupe américain qui contrôle 80% du marché de la recherche sur internet en Europe disait avoir reçu plus de 90.000 requêtes portant aussi bien sur des photos embarrassantes, des cas de harcèlement sur le web mais également des mauvaises critiques de restaurant ou encore des articles de presse gênants. Ce déluge de demandes fait suite à une décision de la plus haute instance judiciaire européenne qui impose aux moteurs de recherche de supprimer certains résultats s'ils se révèlent "inadéquats, pas ou plus pertinents ou excessifs". De leur côté, les régulateurs européens chargés de la protection des données privées, qui doivent se réunir le 15 septembre, planchent sur des recommandations à destination des moteurs de recherche, au nombre desquels se trouvent également Microsoft MSFT.O et Yahoo YHOO.O , afin de s'assurer que les requêtes soient traitées de façon cohérente. Isabelle Falque-Pierrotin, qui dirige la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) en France ainsi que le groupe des CNIL européennes (G29), exprimait vendredi son scepticisme quant à l'initiative de Google, qu'elle apparente à une "guerre de communication" sur une question clef pour le modèle économique du groupe. Google essaie de fixer les termes du débat, estime Isabelle Falque-Pierrotin, selon laquelle Google veut donner l'image d'une entreprise ouverte et vertueuse. Mais la société a choisi les membres de la commission, contrôle ceux qui seront présents lors des auditions ainsi que ce qui sortira des réunions, souligne-t-elle. CRAINTES DE CENSURE Si un moteur de recherche rejette une demande, sa décision peut être contestée devant le régulateur national chargé de la protection des données. Environ 90 de ces recours ont été déposés en Grande-Bretagne, 70 en Espagne, 20 en France et 13 en Irlande. Certaines suppressions de résultats de recherche ont été rendues publiques car Google a informé des organes de presse comme la BBC et le Guardian lorsque leurs articles ont été déréférencés, suscitant des critiques sur le risque de censure. La fondation Wikimedia, qui gère le site Wikipedia, a créé une page recensant toutes les notifications de suppressions de liens qu'elle avait reçues en signe de protestation, braquant du même coup le projecteur sur les informations que certaines personnes ont voulu supprimer. Ces notifications, dont les régulateurs estiment qu'elles vont à l'encontre de l'esprit du droit à l'oubli, seront l'un des points qui seront abordés par le comité consultatif, explique l'un de ses membres, la directrice éditoriale du Monde Sylvie Kauffmann. Google ne paiera pas les membres du comité, qui seront seulement indemnisés pour leur déplacement, précise-t-elle, ajoutant que le groupe leur a promis une totale indépendance. Le comité comprend huit représentants qui ne sont pas membres de Google, dont un ancien ministre allemand de la Justice et deux universitaires. Le secrétaire général du moteur de recherche David Drummond ainsi que son président Eric Schmidt y siègent également. Après Madrid, la commission se réunira à Rome mercredi, à Paris le 25 septembre, à Varsovie le 30 septembre, à Berlin le 14 octobre, à Londres le 16 octobre avant de conclure ses travaux à Bruxelles le 4 novembre. (Avec Julia Fioretti, Robert Hetz et Conor Humphries, Gwénaëlle Barzic pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)


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