Google-L'analyse des données saisies en France prendra des mois

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    PARIS, 29 mai (Reuters) - L'analyse des données recueillies 
lors des perquisitions menées chez Google France prendra 
plusieurs mois, voire plusieurs années, a déclaré dimanche le 
procureur national financier, Eliane Houlette. 
    La filiale française du géant américain est visée par une 
enquête préliminaire du Parquet national financier (PNF) pour 
fraude fiscale aggravée et blanchiment en bande organisée de 
fraude fiscale aggravée. Des perquisitions ont été menées mardi 
dans ses locaux.  ID:nL5N18L30J  
    "Nous avons amassé beaucoup de données informatiques, je 
crois qu'il y a plusieurs téraoctets de documents 
informatiques", a déclaré dimanche Eliane Houlette dans 
l'émission "Le grand rendez-vous" Europe 1-iTele-Le Monde. 
    "Il va falloir les exploiter, (ça va prendre) plusieurs 
mois, j'espère que ce ne sera pas plusieurs années, mais nous 
sommes très limités par les moyens matériels", notamment en 
matière de technologies, a-t-elle ajouté.  
    "Il nous faudrait des logiciels extrêmement performants qui 
existent, mais dont nous ne disposons pas." 
    Elle a précisé que 96 personnes avaient participé aux 
perquisitions de mardi: 25 experts informatique, six 
représentants du PNF et l'ensemble des enquêteurs de l'Office 
central de lutte contre la corruption et les infractions 
financières et fiscales. 
     
    OPÉRATION TULIPE 
    Cette enquête, ouverte le 16 juin 2015 à la suite d'une 
plainte de l'administration fiscale française mais restée 
secrète jusqu'à mardi, a été traitée "en totale confidentialité 
compte tenu de l'activité de cette société", a-t-elle expliqué.  
    "Nous avons, pour assurer cette confidentialité parfaite, 
(...) décidé de ne jamais prononcer le mot Google, de donner un 
autre nom, Tulipe, et nous avons travaillé ce dossier uniquement 
hors réseau (...) pendant presque un an", a-t-elle raconté. 
    Le surnom "Tulipe", une idée d'Eliane Houlette, a été choisi 
parce que l'une des sociétés, "peut-être la société mère", était 
immatriculée aux Pays-Bas, a-t-elle précisé. 
    L'enquête, qui vise la période 2007-2011, vise à vérifier si 
la société Google Ireland Ltd disposait alors d'un établissement 
stable en France "et si, en ne déclarant pas une partie de son 
activité réalisée sur le territoire français, elle a manqué à 
ses obligations fiscales", comme le précisait le PNF en début de 
semaine dans un communiqué. 
    Interrogé mardi par Reuters, la compagnie a dit collaborer 
avec les autorités françaises dans le cadre de cette enquête et 
assuré se conformer à la loi. 
    Si elle était poursuivie pour fraude fiscale aggravée et 
blanchiment en bande organisée de fraude fiscale aggravée, elle 
pourrait encourir jusqu'à 10 millions d'euros d'amende ou, 
alternativement, la moitié de la valeur des sommes blanchies. 
    Le ministre des Finances Michel Sapin a assuré à plusieurs 
reprises que la France irait "jusqu'au bout" des procédures 
judiciaires dans cette affaire, et exclu toute transaction avec 
le géant américain, contrairement à ce qui a été fait au 
Royaume-Uni.  ID:nL8N18P0IE  
    Fin janvier, Google a conclu un accord avec l'administration 
britannique sur le paiement de 130 millions de livres (170 
millions d'euros) d'arriérés, couvrant les dix dernières années. 
 
 (Chine Labbé) 
 

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