Goodyear France décidé à fermer le site d'Amiens-Nord

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CONFIRMATION DU PROJET DE FERMETURE D'AMIENS-NORD DE GOODYEAR
CONFIRMATION DU PROJET DE FERMETURE D'AMIENS-NORD DE GOODYEAR

PARIS (Reuters) - Goodyear Dunlop France a annoncé jeudi la fermeture à venir de l'usine de pneumatiques d'Amiens-Nord (Somme), qui entraînerait la suppression de 1.173 postes, tandis que les syndicats se disent prêts à se battre jusqu'au bout.

La fermeture de l'usine "est la seule option possible après cinq années de négociations infructueuses", a déclaré la direction à l'issue d'un Comité central d'entreprise (CCE).

La CGT a aussitôt appelé à la grève et à un rassemblement de tous les salariés de l'entreprise en France au siège de Rueil-Malmaison, près de Paris, le 12 février, date d'une nouveau CCE où seront exposés les détails du projet.

Selon le syndicat, le fabricant veut abandonner la production de pneumatiques agricoles en Europe et réduire globalement les volumes d'emplois.

"On va se battre jusqu'au bout et on fera en sorte que ce site soit encore là de longues années", a déclaré Mickaël Wamen, délégué CGT, qui a interpellé le gouvernement et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

"J'en profite pour dire à Arnaud Montebourg, 'puisque t'as dit ce matin que tu voulais éviter le pire mon pote: tu prends ton copain Hollande et tu fais ton boulot'", a-t-il dit.

Les élus socialistes de Picardie "en appellent au gouvernement pour que la décision unilatérale du groupe soit rejetée, et qu'une alternative prenant en compte les potentialités du site Goodyear d'Amiens soit proposée".

Le texte est signé par Pascale Boistard, députée de la Somme, Claude Gewerc, président du conseil régional de Picardie, Christian Manable, président du conseil général et Gilles Demailly, maire d'Amiens.

La situation de l'usine fait l'objet d'une bataille juridique depuis cinq ans. En l'absence d'un accord avec les syndicats, la direction avait annoncé en septembre 2012 le retrait d'un projet de plan de départs volontaires sans licenciements.

Un plan social, qui prévoyait de mettre un terme à la production de pneus de tourisme à Amiens-Nord, avait été auparavant invalidé à plusieurs reprises par la justice.

"ILS ONT MENTI À TOUT LE MONDE"

Mickaël Wamen a estimé que la direction cherchait à "pousser les salariés à bout" mais que son projet serait à nouveau invalidé par la justice.

"Goodyear n'a aucune possibilité juridique de fermer l'entreprise", a-t-il dit.

Le syndicaliste a affirmé que le projet de reprise du site d'Amiens-Nord par le groupe Titan mis en avant mercredi par Arnaud Montebourg, disant "vouloir éviter le pire", ne correspondait à rien de concret.

La direction "confirme qu'elle veut abandonner l'activité agricole en Europe, ce qui veut donc dire que depuis le début, ils ont menti à tout le monde et qu'il n'y avait aucun projet de reprise d'activité", a-t-il expliqué.

"Nous préférons le plan de départs volontaires et la reprise par Titan et nous avons repris contact avec Titan de manière à noter que les points de vue peuvent encore évoluer", avait déclaré mercredi le ministre à l'Assemblée nationale.

Titan International a repris une partie des activités de Goodyear dans le monde.

Pour justifier le projet de fermeture, Goodyear Dunlop met en avant le déclin de l'industrie automobile et les changements structurels du marché des pneumatiques.

Le fabricant invoque également les coûts de fabrication "non compétitifs des pneus radiaux produits à Amiens-Nord". "En 2011, la production de pneus agricoles à Amiens-Nord a engendré une perte de 20 millions d'euros pour le groupe", dit le communiqué.

Selon la maison mère américaine de Goodyear, la fermeture du site d'Amiens devrait permettre d'augmenter d'environ 75 millions de dollars par an le bénéfice d'exploitation de ses activités européennes.

Gérard Bon, édité par Jean-Baptiste Vey

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  • M4426670 le jeudi 31 jan 2013 à 17:20

    Les socialistes ont été élus sur la base de promesses intenables, qui ne tiennent pas compte des réalités. Au lieu de faire des "promesses" qui n'engagent que nceux qui kles croient, il vaudrait mieux organiser la reconvertion de tous ces salariés par la formation. C'est vrai que le mieux serait de modifier les règles du "droit du travail" qui ne font que rendre l'inéluctable plus dur pour les salariés.