Good bye good Guy

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Good bye good Guy
Good bye good Guy

En mai dernier, Sofoot.com célébrait les 20 ans du titre mythique du FC Nantes en 1995. Derrière Coco Suaudeau, derrière Loko, Ouédec, Pedros, N'Doram ou Karembeu, l'ombre d'un homme planait. Celle de Guy Scherrer, patron qui n'aimait pas le foot, mais qui l'a respecté plus que tout, l'espace de quatre ans et demi, lorsqu'il était président du FCNA. Un homme qui faisait le tour des tribunes de La Beaujoire toutes les deux semaines, mais qui n'y a plus jamais mis les pieds. Le club des Canaris a annoncé ce mercredi le décès de celui qui a aussi inventé le sourire des Choco BN.

Une fois, seulement, le football a fait pleurer Guy Scherrer. Nous sommes le 27 mai 1995 et le FC Nantes Atlantique termine son dernier match à domicile de la saison lorsque les 34 210 spectateurs quittent les tribunes de La Beaujoire pour en envahir la pelouse. Depuis une semaine, ils savent que leur club est champion de France et il est temps de fêter ça. "Vingt ans après, je serais bien incapable de vous donner le score ni même l'adversaire de ce match", avoue celui qui à l'époque observait la scène les yeux rouges. Tout supporter nantais connaît pourtant la réponse : victoire 2-1, contre Cannes, buts de N'Doram et Karembeu. Mais Guy Scherrer n'est pas un supporter comme un autre. Les trophées, les lignes au palmarès, les victoires n'étaient pas son objectif. "Ce qui m'a fait pleurer, ce n'était pas d'avoir gagné le titre, c'était de voir la joie des supporters et des joueurs, explique-t-il. Savoir s'ils allaient être champions ne m'a jamais intéressé. Si les joueurs s'amusaient et que les spectateurs étaient contents, j'étais satisfait. J'ai une conviction, qui appartient probablement au passé : je pense que quand on prend du plaisir, les résultats finissent par venir." Une façon de formaliser ce qui aura guidé toute sa carrière : la notion de plaisir.

Une vision d'autant plus atypique que le football n'est pas le sport préféré de Guy Scherrer. Né en 1943 à Strasbourg, bien loin du Sud-Ouest, le président du club le plus célébré de France par les puristes du ballon rond lui préférait son homologue ovale. "Encore maintenant, je préfère le rugby, assure-t-il. Comme beaucoup de Français, j'aime bien le Stade Toulousain, et je jouais trois quarts aile en universitaire." Dans ses belles années, le Strasbourgeois court le 100 mètres en 10"9 et saute 1,93 mètres à la hauteur, mais pas une trace de foot. "Vous auriez dû voir la tête des journalistes quand il leur disait qu'il préférait le rugby au foot, en rigole encore Jean-René Toumelin, président de l'association du FCNA à l'époque, qui a ensuite succédé à Scherrer. On essayait de lui faire comprendre qu'il ne fallait pas dire ça, mais il n'en faisait qu'à sa tête." Guy Scherrer le dit lui-même, il a toujours été qualifié d'atypique. "Mais je n'ai jamais compris ce que ça voulait dire, précise-t-il aussitôt. Peut-être parce que je voyais dans le…


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