Golfe de Thaïlande : s'organiser ou disparaître 

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Depuis trente ans, la mer avale 30 à 40 mètres de terre chaque année.

Envoyée spéciale à Khun Samut Chin

C'est un petit temple enguirlandé de stuc, entre ciel et mer. Balafré par les pluies de mousson, envahi par l'océan à chaque marée, il est menacé de mort lente, par noyade.

Posée sur une île peau de chagrin, au bout d'un réseau alambiqué de passerelles au-dessus du golfe de Thaïlande, «la pagode n'en peut plus», estime Somnuk Attipanyo, un bonze drapé d'orange qui en a la garde. Le sel en a grignoté les assises, attaqué les mortiers. Et le plancher a été tellement surélevé qu'il faut se courber pour franchir les portes devenues minuscules.

Les limites de la terre et de l'eau sont bien incertaines à Khun Samut Chin. Dans ce village peu à peu englouti par la mer, on circule à pied sur des talus de coquillages entre deux miroirs d'eau. Les champs sont des étangs à crevettes. Même les poissons ne savent plus où ils en sont et se meuvent sur la terre ferme en se dressant sur leurs nageoires.

À 30 kilomètres au sud-est de B

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