Goldman Sachs publie ses perspectives économiques pour 2016

le , mis à jour à 15:35
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Goldman Sachs envisage une hausse des marchés européens en 2016.
Goldman Sachs envisage une hausse des marchés européens en 2016.

Goldman Sachs envisage une tendance positive sur les indices européens l'an prochain, qui pourrait se poursuivre jusqu’en 2018.

Parmi les nombreuses publications de fin d’année relatives aux perspectives des marchés en 2016, les prévisions de Goldman Sachs restent parmi les plus regardées à l’échelle mondiale.

« Nous pensons que les valorisations sont désormais élevées alors que les actions européennes se négocient avec un PER de 16,8x les résultats prévisionnels à 12 mois, une valorisation semblable à celle des actions américaines (à 17,4x). Nous n’attendons plus d’augmentation supplémentaire des multiples de PER à partir de maintenant », affirme Goldman Sachs dans une note diffusée en début de semaine.

La banque d’affaires poursuit au sujet des marchés européens : « Les quatre dernières années ont été marquées par une hausse significative des prix des actions : +43% sur le SX5E [Eurostoxx 50] et +55% sur le SXXP [Stoxx 600] depuis décembre 2011. Cette hausse a été largement tirée par l’augmentation des multiples de valorisation alors que les taux d’intérêt ont chuté et que le QE a commencé. Nous pensons que ce mouvement est terminé et que le marché est correctement évalué ».

Ceci ne signifie pas que les marchés actions devraient baisser l'an prochain, mais qu’ils devraient être corrélés de manière proportionnelle à l’évolution des résultats d’entreprises, et non de manière « plus que proportionnelle » tel que ce fut le cas jusqu’ici.

Or, à ce sujet, les perspectives de croissance des bénéfices sont toujours positives en zone euro. « La croissance des bénéfices en Europe devrait être d’environ 8% en 2016 et 10% en 2017, grâce à un euro faible et une amélioration de la croissance du PIB », explique Goldman Sachs. En partant de l’idée que les PER resteraient stables l’année prochaine, cela signifierait une progression des actions européennes du même ordre de grandeur.

Indices européens attendus en hausse

« Nos cibles à 12 mois sur les indices (pour fin 2016) sont de 400 points sur le SXXP et de 3.650 points pour le SX5E, ce qui impliquerait un rendement de 7,5% exprimé en euros, mais un rendement peu substantiel exprimé en dollars », explique Goldman Sachs. La « firme » s’attend en effet à une poursuite de la contraction de l’euro face au dollar, annulant du point de vue américain la performance attendue sur les indices européens.

À noter qu’à l’heure de la rédaction de ces lignes, l’Eurostoxx 600 se situe  à 362 points, tandis que l’Eurostoxx 50 se situe à 3.265 points. Le potentiel serait donc plutôt de l’ordre de 10%, suite à la baisse des marchés de ces derniers jours.

À plus long terme, Goldman Sachs conserve une vision optimiste sur les indices européens. La banque d’affaires s’attend à une progression du Stoxx 600 à 420 points fin 2017, puis 440 points fin 2018. Même chose sur l’Eurostoxx 50, attendu à 3.900 points fin 2017 puis 4100 points fin 2018. À noter que les hausses attendues sur les marchés européens restent tout de même modérées, de l’ordre de 5% par an. Ces objectifs restent par ailleurs forcément très incertains pour des horizons de temps si éloignés.

Au niveau des arbitrages sectoriels, Goldman Sachs explique : « Nos secteurs favoris sont les médias, l’assurance, les télécoms, les technologies, les transports & loisirs, la santé et les banques. Nos secteurs sous-pondérés sont les ressources de base, l’alimentation & boissons, le tabac, les biens et services industriels et la chimie ».

Croissance économique : sur la bonne voie

Goldman Sachs suit globalement le FMI dans ses prévisions de croissance mondiale pour l’année prochaine, avec une croissance de +3,5% attendue en 2016 (contre +3,1% cette année). Le FMI attend pour sa part une hausse du PIB mondial de 3,6% l’an prochain.

Tel n’est pas l’avis d’autres économistes comme Véronique Riches-Flores, qui considère que les chiffres de la croissance chinoise sont faux, et qu’en conséquence la croissance mondiale n’est pas de l’ordre de 3%, mais de 2%.

Par ailleurs, Goldman Sachs s’attend à une « modeste » amélioration de la croissance européenne l’an prochain, mais s’attend néanmoins à ce que cette croissance reste supérieure à la moyenne des autres pays développés jusqu’en 2019.

Marchés obligataires : vers une hausse des taux

Du côté des marchés obligataires, Goldman Sachs s’attend à ce que « les taux remontent plus vite et à un niveau plus élevé » que ce que les opérateurs de marchés semblent actuellement envisager. « Les anticipations d’inflation semblent trop basses aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe selon nos stratégistes obligataires », explique Goldman Sachs.

Pour rappel, sur le marché obligataire, une hausse des taux de marché signifie une baisse de la valeur des actifs cotés. L’anticipation d’une hausse des taux doit ainsi être comprise comme une perspective baissière sur le marché obligataire.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • y.batard il y a 12 mois

    en gros, ils sont short sur les obligations n'attendant pas de réelle normalisation des taux US et comme ils sont market maker sur les marchés actions, que ça baisse ou que ça monte, ils font des gains. Conclusion: éviter d'être dans des terrains de jeu où ils sont (pour rappel, une cour de justice avait reconnu une pratique déloyale de la banque envers ses clients mais qui n'était pas condamnable, cela rejoint le post de stricot: oui, ils ont fait des gains...contre leurs clients, la classe!)

  • MAM34090 le vendredi 11 déc 2015 à 11:47

    Donc en clair ça donne : nous avons fait monter artificiellement les marchés, maintenant nous allons tout faire s'écrouler pour ramasser plus bas, merci d'avoir joué.

  • M3182284 le jeudi 10 déc 2015 à 17:16

    GS a des prévisions performatives. Peu importe le contenu de vérité, lorsqu'ils publient les mouvements s’enclenchent de façon auto réalisantes car les agents ne veulent pas se mettre en face.

  • gadjo92 le jeudi 10 déc 2015 à 16:46

    2 semaines avant la faillitte d'Enron ils avaient conseillé d'acheter massivement....mdr

  • stricot le jeudi 10 déc 2015 à 16:40

    hmmm... On aime ou on n'aime pas, mais apres l'episode des subprimes on doit rappeler que ce furent les premiers a se retourner et shorter massivement, ce qui a colle les autres grandes banques avec des positions longues de CDS et MBS qui se sont reveles pourraves, et Goldman a fait des profits enormes en agissant avant tout le monde...

  • dotcom1 le jeudi 10 déc 2015 à 16:30

    Ils disaient quoi pour 2015 qu'on vérifie.

  • cachagui le jeudi 10 déc 2015 à 16:19

    Ayons le courage de nous dissocier des Americains qui régissent le système mondial économique ,partageurs pas un instant se protegeant inlassablement.

  • jrc12 le jeudi 10 déc 2015 à 16:09

    Pile poil ce que j'ai vu dans mon marc de café...quelqu'un d'autre ici a t'il lu dans les entrailles de poulet ?

  • M4358281 le jeudi 10 déc 2015 à 16:05

    DE vrais devins !

  • sidelcr le jeudi 10 déc 2015 à 14:57

    Comme pour la Grèce ?