Gogol, Boulgakov: une saison russe à la MC93 Bobigny

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"Histoires diaboliques" Nouvelles de Nicolas Gogol MC93 Bobigny All Rights Reserved
"Histoires diaboliques" Nouvelles de Nicolas Gogol MC93 Bobigny All Rights Reserved

(AFP) - Il neigeait lundi soir à Bobigny, ajoutant à la magie des "Histoires diaboliques", trois contes de Gogol joués à la MC93 jusqu'au 3 février, véritable plongée dans la Russie rurale et superstitieuse de l'auteur des "Ames mortes".

Après Tchekhov en novembre ("Les Trois Soeurs" mis en scène par Lev Dodine) et avant le formidable "Maître et Marguerite" de Boulgakov en février, voici Gogol et son diable farceur, ses paysans ukrainiens vantards et colériques, son séminariste naïf terrorisé par une sorcière.

Quatre acteurs ( Denis Boyer, Hervé Briaux, Aurore James et Laurent Manzoni) se partagent tous les rôles, et les trois contes s'entremêlent sur trois jours et trois nuits, où se déchaînent diable et sorcières.

Le metteur en scène Anton Kouznetsov, élève de Lev Dodine, réussit à ne pas perdre dans le passage au français la faconde des contes russes, et on rit aux démêlés des deux Ivan, devenus ennemis jurés pour des broutilles, après s'être entendus comme larrons en foire.

Dans un autre conte, le diable emporte sur son dos un forgeron amoureux à la recherche des escarpins de la tsarine que réclame sa belle.

Le diable est souvent de la partie, dans la littérature russe, de Gogol à Pouchkine et Boulgakov.

"Le diable est partout, mais la fête aussi", explique Patrick Sommier, directeur de la MC93. "Gogol pose sur la société russe un regard teinté de merveilleux, tandis que Boulgakov, dans Le Maître et Marguerite décrit le Moscou des années 30 sous Staline: il raconte un monde effrayant sur le mode de l'humour, mais effrayant quand même, avec l'enfermement, les hôpitaux psychiatriques".

Le diable de Gogol (1809-1852) a inspiré celui, plus inquiétant, de Boulgakov, né en 1891, dont l'oeuvre maîtresse, "Le Maître et Marguerite" prend le relais des "Histoires diaboliques" du 2 au 9 février.

Le petit peuple russe des deux écrivains partage les mêmes petitesses, le même quotidien étriqué. "Histoires diaboliques" se conclut sur une note mélancolique: "Ah mes amis, dans quel triste monde il nous faut vivre", s'exclame le narrateur.

Pour prolonger l'immersion dans le monde de Gogol, on peut aussi revoir "Les Ames mortes" mis en scène par Anton Kouznetsov du 19 au 23 février au Théâtre 71, scène nationale de Malakoff (Hauts-de-Seine).

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