GM menace d'annuler un investissement de $1,6 md au Brésil

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    SAO PAULO, 21 février (Reuters) - General Motors  GM.N  
pourrait annuler un projet de nouvel investissement au Brésil si 
la situation économique et politique de ce pays ne s'améliore 
pas, déclare Dan Amman, le président du conseil d'administration 
du groupe, dans une interview publiée dimanche. 
    "J'espère voir des avancées politiques et économiques dans 
les six à 12 prochains mois, ce qui nous permettrait de 
maintenir notre plan d'investissement", a-t-il dit au journal 
Estado de S.Paulo.  
    Sinon, GM "réévaluera" son projet, ajoute-t-il. 
    Le constructeur automobile américain avait annoncé l'an 
dernier son intention d'investir 6,5 milliards de réais (1,62 
milliard de dollars ou 1,45 milliard d'euros) dans de nouveaux 
produits et progrès technologies au Brésil d'ici 2019. 
    La récession a depuis durement touché le Brésil, qui était 
jusqu'il y a peu le cinquième marché automobile du monde. La 
production de voitures et de camions y a chuté de 29,3% en 
janvier par rapport au même mois de 2015, tombant à son plus 
faible niveau depuis 2003, et les ventes de voitures y ont 
plongé de 39% à 155.300 unités, le total mensuel le plus bas 
depuis près de neuf ans, selon l'Anfavea, l'association 
nationale des constructeurs. 
    Un tiers des quelque 130.000 travailleurs du secteur sont en 
chômage technique ou sous-employés, les constructeurs ayant du 
mal à réduire leurs capacités sans procéder à des licenciements 
plus coûteux. 
    Dans la même interview, le président de GM pour l'Amérique 
latine, Barry Engle, estime que le Brésil doit rapidement revoir 
sa fiscalité, son droit du travail et sa réglementation car le 
pays manque selon lui "terriblement de compétitivité". 
    Dan Amman précise qu'il est trop tôt pour dire si GM fermera 
une ou plusieurs de ses cinq usines brésiliennes, dont deux 
produisent des composants pour les véhicules assemblés par les 
trois autres. 
    GM continue de considérer le Brésil comme un marché qui 
présente un fort potentiel à long terme, mais il faudra un 
"grand changement" pour réaliser ce potentiel, ajoute-t-il en 
faisant aussi allusion à la crise politique en cours avec une 
procédure de destitution visant la présidente Dilma Rousseff. 
    "La question importante est de savoir quand on retrouvera la 
stabilité nous permettant de continuer d'investir. Nous sommes 
inquiets car l'environnement est instable et les perspectives 
sont incertaines pour les prochaines années", explique Dan 
Amman. 
    "L'Argentine a montré que la situation pouvait rapidement 
évoluer avec une bonne gouvernance de l'économie", ajoute-t-il 
en faisant référence au retour de la confiance des investisseurs 
dans ce pays après l'arrivée au pouvoir du président Mauricio 
Macri, élu en novembre sur un programme libéral.   
 
 (Anthony Boadle, Véronique Tison pour le service français) 
 

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