Gilles Kepel : «Le conflit en Egypte est désormais ouvert, plus intense que jamais»

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Gilles Kepel : «Le conflit en Egypte est désormais ouvert, plus intense que jamais»
Gilles Kepel : «Le conflit en Egypte est désormais ouvert, plus intense que jamais»

Pour Gilles Kepel, professeur à Sciences-po Paris et auteur de « Passion arabe 2011-2013 » (Ed. Gallimard), l'Egypte est au bord de la guerre civile.

Comment en est-on arrivé là, en Egypte?

GILLES KEPEL. On assiste au bras de fer entre deux forces antagonistes, deux blocs bien distincts. Celui des Frères musulmans était majoritaire jusqu'ici, parce qu'il avait gagné les élections de juin 2012, grâce au ralliement d'un certain nombre de laïcs et de démocrates qui préféraient Morsi aux militaires, le turban au képi. A cause de ses mesures liberticides, de sa volonté supposée de mettre en place une dictature islamiste, Mohamed Morsi a perdu leur soutien. Après la grande manifestation du 30 juin 2013, la plus importante dans l'histoire du pays, l'armée a déposé le président et la majorité a basculé dans l'autre camp.

Mais les Frères musulmans ne désarment pas?

En effet. C'est un mouvement structuré et puissant qui compte des cellules dans chaque village ou presque. Les Frères existent depuis 1928, ils sont habitués à la clandestinité. Et ils ont clairement prévenu qu'ils ne se laisseraient pas faire. Donc, le conflit entre ces deux Egypte est désormais ouvert, avec une intensité jamais égalée. Les gens sont divisés dans leur propre famille, entre père et fils, entre frère et s?ur. Les ingrédients d'une guerre civile sont réunis.

La minorité copte (chrétienne) est-elle menacée?

Le risque est réel. Les Coptes ont été accusés par les islamistes d'avoir soutenu et encouragé le coup d'Etat. En représailles, plusieurs églises ont été brûlées. Aujourd'hui, des voix s'élèvent un peu partout pour condamner la brutalité de la répression, aux Etats-Unis, en France. Mais si la violence se retourne contre les chrétiens, cela peut changer la perception des Occidentaux.

L'armée pouvait-elle évacuer les deux camps des supporteurs de Morsi, au Caire, sans provoquer ce bain de ...

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  • mucius le vendredi 16 aout 2013 à 09:27

    Kepel celui qui avait dit il y a 10 ans : l'islamisme, c'est fini! Un expert sans aucun doute!