Gilberto Gil, par amour pour la Seleção

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Gilberto Gil, par amour pour la Seleção
Gilberto Gil, par amour pour la Seleção

Connu pour avoir été l'un des leaders du mouvement tropicaliste sous la dictature militaire brésilienne dans les années 60-70, Gilberto Gil fête aujourd'hui ses 73 ans. Et si l'on préfère retenir ses luttes et ses chants, on oublie bien souvent qu'il reste avant tout un gosse émerveillé par le football et la Seleção.

Gilberto Gil est un heureux parmi les hommes heureux. À l'heure de souffler ses 73 bougies, il peut regarder en arrière et constater qu'il a presque tout connu de la Seleção moderne. Évidemment, il a souffert et souffre encore de la maudite raclée infligée par l'Allemagne en demi-finale du Mondial qui devait être celui de son Brésil. Le musicien le vit tellement mal, qu'il raconte sur la chaîne Globo qu'à chaque fois qu'on lui parlait de ce match, il se souvient "de ce match de la Coupe du monde 1954 lors duquel la Hongrie avait infligé un 8-3 aux Allemands". Comme une sorte de vengeance rétroactive, de pansement spirituel censé dissimuler une plaie encore nettement ouverte. Le fait qu'il se tourne vers un passé riche des sept décennies traversées n'est pas anodin, car Gilberto Gil fait partie des veinards qui ont eu la chance d'assister à tous les sacres mondiaux de la Canarinha.

Quand le jeune Pelé conquiert à seulement 18 ans et pour la première fois le Graal ainsi que le titre honorifique de meilleur jeune du tournoi, le Tropicaliste en a lui 16. Trop jeune pour fêter légalement cette victoire historique comme un adulte, le natif de Salvador de Bahia décide d'enfreindre la loi et se remplit la gourde d'alcool. "Le jour de la première conquête mondiale de mon pays est aussi celui de mon premier coma éthylique", se marrait-il, il y a quelques années devant les caméras de Globo, avant de reprendre, d'un air grave. "Chaque match de l'équipe nationale en Coupe du monde provoque en moi une altération physique. Je suis dans un état second, je me sens fiévreux." Il a toujours été comme ça, le Baiano. Dans l'excès. Surtout en amour.

Supporter de Bahia et de Fluminense et de Grémio


Si le foot prend rapidement une place importante dans la vie du jeune Gilberto, comme en attestent ses soirées à "écouter les matchs de la Coupe du monde 1950 commentés par Ari Barroso sur radio Tupi", il est déjà trop romantique pour n'aimer qu'un club et détester tous les autres. À son premier amour, Bahia, viennent rapidement s'ajouter Grémio et Fluminense, ce club qui, jadis, n'acceptait quasiment que des "Aryens" sur la pelouse et dans les tribunes. Un paradoxe total pour cet ardant défenseur de la négritude brésilienne, né dans la ville la plus africaine du pays et ancienne plaque tournante de la…




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