Gignac : « Pas mis toutes les chances de mon côté »

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Toujours aussi à l’aise devant les médias, André-Pierre Gignac a comme d’habitude donné avec franchise son avis sur le début de préparation des Bleus du côté de Biarritz. L’attaquant de Monterrey en a profité pour revenir sur son choix critiqué de rejoindre le Mexique l’été dernier.

André-Pierre Gignac, on ressent de la joie chez vous depuis le début de ce stage au Pays basque… C’est vrai que c’est toujours un plaisir et une joie d’être parmi ce groupe. Ici, c’est un peu la folie avec ce stade plein à chaque entraînement. Je suis heureux. J’espère le communiquer aussi à tout le groupe. C’est vrai que ça se ressent. Qu’est-ce qui a fait la différence pour votre convocation pour cet Euro ? Juste les buts en club ? Je pense que j’ai pas mal de défauts mais j’ai une grande qualité : c’est que j’ai un sacré caractère. Ce gros caractère m’a fait signer loin. Forcément, quand on part à 10 000 km, à un an de l’Euro à domicile, on ne met pas toutes les chances de son côté. Comme je me sens pleinement épanoui, en pleine forme et dans une belle confiance, j’ai effectué une très belle saison et me voilà parmi vous. Avez-vous l’impression d’avoir créé un manque avec votre départ et que les gens sont excités de vous revoir, notamment ici ? Je ne pense pas. Maintenant, je sortais d’une belle saison avec l’Olympique de Marseille où on a eu un entraîneur qui, en un an, a révolutionné le club (ndlr : Marcelo Bielsa). Il est très regretté. Je suis un peu sur la continuité au Mexique, où j’ai marqué pas mal de buts aussi. On sait que Marseille est un club populaire. Après, être parti a fait se poser pas mal de questions aux gens. Mais cette excitation-là, je ne la perçois pas. C’est seulement qu’il y a beaucoup de supporters de l’OM ici, c’est tout (sourire).

Gignac : « On sera attendus mais on les attend aussi »

Sentez-vous une pression particulière sur les épaules ? Personnellement, je suis serein. On arrive ici pour un stage de quelques jours. C’est du grand bonheur de voir ce stade plein. Mais plus les semaines vont avancer, plus on va se rapprocher de cette date fatidique. Forcément, il va y avoir cette pression car on est à domicile. On est en France et il y aura une attente de résultats. On sait que cela ne sera pas facile puisque tout le monde va vouloir faire tomber l’équipe de France. On sera attendus, mais on les attend aussi. En 2010, comment avez-vous géré votre départ de Toulouse pour Marseille en pleine Coupe du Monde ? Disons que ça n’était pas prévu que je parte en 2010. Je suis parti en fin de Mercato, dans les dix derniers jours du mois d’août. J’ai eu la chance de ne pas trop me prendre la tête avec les appels de mon agent et ceux d’autres clubs. J’avais juste visité un club avant de partir de Toulouse à la fin de la saison. Honnêtement, durant ces deux mois, je n’avais pas eu de contacts avec mon agent. J’étais donc pleinement concentré sur cette compétition. Mais je ne pense pas que ça puisse affecter les joueurs. Maintenant, si j’ai un conseil à leur donner, c’est de le faire après le 10 juillet, après la finale et la fête (sourire). Quelles sont les différences et les similitudes entre Olivier Giroud et vous ? Trois à quatre centimètres (sourire). C’est un joueur de pivot, de surface. Avec un très bon jeu de tête, des remises très précises. Un attaquant très adroit devant le but, qui peut aussi bien défendre sur les coups de pieds arrêtés. Il est également bon dans le pressing. Il a beaucoup de qualités. Quant à moi, je suis un peu moins talentueux mais j’ai beaucoup de coeur.

Gignac : « Coman ? Une fusée »

Les absences de Mamadou Sakho, Karim Benzema et Mathieu Valbuena sont-elles des mauvaises nouvelles pour les Bleus ? Forcément, quand on connaît leur importance avec l’équipe de France… Mathieu (Valbuena), sous l’ère Didier Deschamps, c’est l’un des joueurs les plus utilisés et les plus décisifs. Karim (Benzema), on sait tous le grand talent qu’il a. Je l’ai déjà dit à maintes reprises : avec Luis Suarez, c’est le meilleur 9 du monde. Mamad (Sakho) a contribué à cette qualification à la Coupe du Monde 2014 avec son doublé un peu improbable (face à l’Ukraine). Ce sont trois hommes importants mais la richesse du groupe France est là aussi. On le voit avec cette jeunesse : Paul (Pogba), Antoine Griezmann, (Kingsley) Coman… Ce mélange expérience-jeunesse est pas mal quand même. On a les atouts pour aller loin. Que pensez-vous de Kingsley Coman justement ? C’est une fusée. Cette année, il a fait une très belle saison avec le Bayern Munich. Il a joué quelques fois titulaire. Il a fait des entrées en jeu plus qu’intéressantes où il a été parfois décisif. Il a été choisi par Guardiola, ce qui n’est pas rien. Il a une très grande marge de progression. Je lui souhaite d’atteindre les sommets. J’aurais aimé avoir de la vitesse moi aussi. Au-delà de ça, cette jeunesse au sein du groupe est très impressionnante, honnêtement. J’ai eu la chance de les croiser lors des derniers rassemblements, et c’est très impressionnant. Confirmez-vous envisager de demander la nationalité mexicaine ? Tout à fait. Déjà, ça n’est pas facile de l’avoir. Il faut quatre ou cinq tournois. Comme mon fils est né à Monterrey, j’aimerais avoir la même nationalité que lui et ne pas le laisser seul avec ce passeport quand même… Au niveau de mon club (ndlr : les Tigres de Monterrey), cela les arrangerait aussi car cela ferait un étranger en moins au niveau des recrues. Mais c’est la vérité. Je suis fier d’être français mais, comme mon fils est né à Monterrey et qu’il n’a que le passeport mexicain pour l’instant, je vais essayer d’obtenir la nationalité. Mais il faut attendre deux ans après la naissance de l’enfant. Propos recueillis à Biarritz par Thomas Mico
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