Ghani Yalouz : " Chapeau bas ! "

le
0
Ghani Yalouz : " Chapeau bas ! "
Ghani Yalouz : " Chapeau bas ! "

Ghani Yalouz, est-ce que ce record du monde de Renaud Lavillenie vous surprend ?Non, ce n'est pas surprenant. Quand vous parlez avec lui, non ce n'est pas surprenant. Quand vous parlez avec les gens du milieu, non ce n'est pas surprenant. C'est juste quelque chose d'énormissime, de fabuleux. Battre un record mythique comme celui de Serguei Bubka devant les yeux du Tsar (ndlr : le surnom de Bubka), chez lui à Donetsk, avec un règlement qui rend la perf encore plus difficile (ndlr : il parle de la question des taquets, moins stricte du temps de Bubka), c'est exceptionnel. Quand il avait réussi 6,08m il y a deux semaines à Bydgoszcz il m'avait dit « Ghani, je travaille pour ça ! ». Il est boulimique de performances. C'est une référence en équipe de France. On a le meilleur à l'horizontale (ndlr : Tamgho) et le meilleur à la verticale. Renaud, c'est quelqu'un qui a décidé réellement au fond de lui de rêver et de vivre son rêve. Et c'est quelque chose qui l'identifie fortement.

Peut-il aller encore plus haut ?Oui, oui. Il vient juste de battre le record donc je préfère repositionner les choses. C'est énorme ce qu'il vient de faire. La gourmandise est un vilain défaut (sourire) donc aujourd'hui on savoure. C'est un record unique, exceptionnel et qui était imbattable aux yeux de tout le monde. On n'a pas tous les jours des athlètes qui battent un record du monde. Mais il veut être champion du monde, il ne l'est pas encore. C'est un garçon intéressant et pertinent même si j'ai eu quelques petites critiques sur son changement de coach (ndlr : fin 2012, Inocencio remplacé par d'Encausse). L'athlète n'appartient pas à l'entraîneur et vice versa. Il y a une performance de Renaud mais il y a quelqu'un qu'il faut associer, c'est Philippe d'Encausse. Je suis très heureux pour lui, pour d'Encausse, pour tous les gens qui l'ont accompagné, pour sa famille. C'est quelqu'un qui a décidé de marquer l'histoire. C'est un boulimique. Ça ne changera pas et c'est ce qu'on veut. On ne veut pas des moutons ou des agneaux, on veut des gens comme ça. Je crois que c'est très bien pour tous les autres athlètes.

L'avez-vous eu au téléphone ?Oui, j'ai eu Philippe d'Encausse. Ce sont des moments où Renaud est lucide. Il est heureux mais il sait que ce n'est pas fini. Philippe le sait aussi. Mais pour que Philippe ait la larme à l'?il, il fallait y aller quand même. Je suis très heureux pour Renaud, parce que c'est lui qui se tape des séries, c'est lui qui saute, c'est lui l'acteur principal et faire ça à Donetsk, devant le Tsar, je dis juste « chapeau bas ! ». Qu'il continue à nous procurer des émotions comme celles-ci et je pense que l'athlétisme français ne pourra que plus briller. Il a passé une barrière mythique, on apprécie le moment. Demain est un autre jour, demain il y aura d'autres challenges. Comme disait le Général De Gaulle : « C'est bien de viser la place la plus haute, c'est la moins encombrée mais c'est certainement la plus dure à conserver. » Il a le record mais maintenant on lui souhaite de devenir champion du monde, d'être champion d'Europe à nouveau et encore champion olympique. C'est tout le bonheur que je lui souhaite, il le mérite largement.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant