Gestion-Natixis AM met en garde sur les actions et l'inflation

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* Troisième phase de repli après 2000 et 2007-gérant

* La volatilité devrait perdurer

* Les marchés émergents principale source d'inflation pour 2012

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS, 16 novembre (Reuters) - Les semaines à venir devraient encore être difficiles pour les actifs risqués, et plus particulièrement les actions, a prévenu mercredi Natixis Asset Management, mettant également en garde contre le risque inflationniste.

Les marchés financiers sont très volatils depuis le début du mois de septembre, l'indice CAC 40 .FCHI oscillant globalement entre 2.900 et 3.200 points, au gré des inquiétudes sur la croissance économique et les dettes souveraines européennes.

Cette situation devrait perdurer puisque, selon la filiale de la banque Natixis CNAT.PA , le marché devrait encore alterner entre périodes d'appétence et d'aversion aux actifs risqués.

"Il y a un manque de visibilité partout. Je suis convaincu que nous sommes sur des marchés baissiers pour les actions", a déclaré mercredi Franck Nicolas, directeur allocation globale et ALM chez Natixis AM.

"Les marchés connaissent leur troisième phase de repli après 2000 et 2007. Je crains que nous ayons à l'avenir de nouvelles vagues, la tendance n'étant pas favorable à court terme pour les actions à cause de (la crise des dettes souveraines), du 'deleveraging' et d'une possible récession économique aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

"CRISE DE CONFIANCE"

La remise en cause actuelle des actifs dits sans risque, comme les dettes souveraines, contraint les investisseurs à regarder vers d'autres classes d'actifs pour diversifier les portefeuilles, a ajoutant Franck Nicolas, en citant notamment les obligations d'entreprises.

"La crise actuelle est une crise de confiance, (...) tout repose sur la spéculation", a souligné le gérant, pour qui le bilan d'une banque ressemble actuellement à un portefeuille obligataire et réagit aux évolutions des taux d'intérêt.

"On ne peut pas éviter la spéculation; c'est un phénomène qui s'auto-alimente. Aujourd'hui on parle de la France mais demain, cela peut être l'Allemagne. Si on pousse les taux trop loin, l'Allemagne peut elle aussi connaître des problèmes de refinancement", a-t-il déclaré.

Alors que la situation actuelle peut inciter les Etats à tenter de résoudre une partie de leurs problèmes d'endettement en ayant recours à l'inflation, le risque inflationniste pourrait également affecter la performance des fonds et la construction de leur portefeuille, a averti le responsable de l'allocation globale de Natixis AM.

Mais à ses yeux, les risques liés à la hausse des prix dans les marchés émergents restent plus importants.

"Les marchés émergents vont constituer la principale source d'inflation pour l'année à venir. La dynamique liée à la faiblesse des coûts dans les pays émergents arrive à sa fin. Il faut faire attention lorsqu'il s'agit d'inflation importée", a déclaré Franck Nicolas.

Les actifs immobiliers, à condition d'investir à des niveaux de prix raisonnables et éviter ainsi les erreurs de 2006-2007, certaines matières premières ou devises de pays émergents pourraient permettre de protéger les portefeuilles, a-t-il toutefois tempéré.

(édité par Marc Angrand)


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