GESTION-La prise de risque a profité aux fonds français en février

le
0
    * Quatre des principaux pays producteurs de pétrole 
s'accordent pour geler leur production 
    * Anticipations des mesures de la BCE 
    * Les fonds commercialisés en France ramènent leur recul à 
-2,66% 
 
    par Alexandre Boksenbaum-Granier 
    PARIS, 15 mars (Reuters) - Les fonds commercialisés en 
France ont réduit au mois de février les pertes accumulées en 
tout début d'année à la faveur d'une remontée de l'appétit pour 
le risque après un accord trouvé entre quatre des principaux 
pays producteurs de pétrole pour geler leur production. 
    Les gestions vendues en France ont ramené leur recul cumulé 
sur les deux premiers mois de l'année à 2,66%, après avoir 
abandonné 3,54% sur le seul mois de janvier, montrent des 
données compilées par Lipper, filiale de Thomson Reuters. 
    "Après un début d'année difficile, les cours ont commencé à 
remonter avec comme premier catalyseur un accord entre certains 
pays producteurs de pétrole sur la production pétrolière. Le 
marché a également profité de l'accord européen avec David 
Cameron sur le Brexit ainsi que d'une atténuation des craintes 
sur la Chine", explique Dylan Baron, gérant actions chez 
Quilvest AM. 
    "La baisse du début d'année a été excessive car il n'y a pas 
d'éléments aussi inquiétants que lors de la crise de 2011, il y 
a des filets de sécurité sur les banques aujourd'hui qui 
n'existaient pas à l'époque et du côté de la Chine, si son 
économie ralentit, elle est surtout en pleine transition 
économique, ce n'est pas la catastrophe que certains craignent", 
ajoute-t-il.  
    L'Arabie saoudite, la Russie, le Qatar et le Venezuela ont 
annoncé mi-février s'être accordés pour geler leur production de 
brut mais à condition d'être suivis par d'autres grands 
exportateurs, un point de blocage potentiel majeur avec l'Iran 
puisque Téhéran entend au contraire augmenter ses pompages. 
  
     
    VOLATILITÉ  
    Soutenu par cet accord et l'espoir d'un gel plus large au 
niveau de la production mondiale, l'indice SBF 120 dividendes 
réinvestis  .PX4GR  a bondi de 11,38% entre les 11 et 29 février 
après avoir perdu 15,7% depuis le début de l'année. 
    Les gestions investies dans les obligations des marchés 
émergents ont pleinement profité de l'accord conclu le mois 
dernier et de la stabilisation des cours du pétrole qui en a 
résulté, avec un gain cumulé de 1,72% sur janvier-février, 
contre une baisse de 0,5% lors du premier mois de l'année. 
    L'ensemble des fonds obligataires vendus en France 
n'affichent plus qu'un recul de 0,21% sur les deux premiers mois 
de 2016, contre -0,5% en janvier. 
    En Europe, "les marchés de taux ont rebondi en réaction aux 
anticipations selon lesquelles la BCE pourrait surprendre le 
marché avec de nouvelles mesures", ajoute dans sa dernière note 
Muzinich & Co. 
    La BCE a annoncé la semaine dernière avoir décidé de 
mobiliser l'ensemble des outils à sa disposition pour stimuler 
l'inflation et le crédit, réduisant ses trois taux directeurs, 
augmentant ses achats de dettes sur les marchés et promettant 
aux banques de nouveaux financements.   
    Les fonds actions ont également profité de ces anticipations 
et du regain d'optimisme sur les marchés avec un repli limité à 
4,47% à fin février, contre -6,22% un mois plus tôt. 
    "Ce qui est certain c'est que l'on va avoir de la volatilité 
car il y a la problématique de la faiblesse des taux et le 
manque de liquidité qui amplifie les mouvements", prévient Rémi 
Lelu de Brach, gérant taux chez Quilvest AM. 
    "Avec les taux bas, on est obligé d'aller chercher du risque 
pour avoir du rendement. Mais dès qu'il y a des tensions sur le 
marché, les investisseurs cherchent à sortir rapidement car ils 
n'ont pas assez de rendement pour absorber une baisse des 
cours", constate-t-il. 
    Les fonds obligataires français ont d'ailleurs enregistré 
une décollecte de 585,41 millions d'euros en février, dont 
356,24 millions d'euros de sorties sur les seules gestions en 
euro, selon EuroPerformance. 
    Du côté des gestions actions, la collecte a été limitée à 
173,8 millions d'euros, quand elle atteint 2,64 milliards pour 
l'ensemble du marché français de la gestion collective grâce au 
fonds de trésorerie (+2,66 milliards d'euros), indique l'agence 
spécialisée dans la mesure de l'analyse de la performance des 
fonds d'investissement européens. 
        
     
    TABLEAU DE LA PERFORMANCE DES FONDS À FIN FÉVRIER   
 Catégorie    Nombre  YTD    Jan-16  Sur un an  Volatilité 
 d'actifs                            glissant   sur 3 ans 
  ------------------------------------------------------ 
 Alternatifs     713  -1,28   -0,89      -0,54       10,01 
 Obligataire   2.132  -0,21   -0,50      -2,38        6,13 
 Matières         30   0,52   -2,27     -25,36       13,05 
 premières                                       
 Actions       3.985  -4,47   -6,22     -10,60       18,22 
 Diversifié    1.753  -2,68   -3,03      -6,62        8,65 
 Monétaire       425  -0,38   -0,19      -0,02        2,00 
 Autre            42  -3,36   -3,65      -7,36       11,27 
 Immobilier        1                                 11,97 
  ------------------------------------------------------ 
 Total         9.081  -2,66   -3,54      -6,66       12,19 
    Source : Lipper IM 
    (A l'exception du nombre de fonds, les données sont en %) 
     
    LE POINT sur la gestion d'actifs en France  FUND/FR  
     
 
 (Edité par Dominique Rodriguez) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux