Gestion-L'obligataire à un plus haut de 5 ans dans les allocations

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    * La part des actions abaissée à 46%, plus bas d'au moins 5 
ans 
    * Le poids de l'obligataire porté à 39,2% 
    * Données détaillées de l'enquête: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/asset-allocation-polls 
 
    par Claire Milhench 
    LONDRES, 29 février (Reuters) - Les gestionnaires d'actifs 
ont réduit la part des actions dans leurs allocations de 
portefeuille en février pour la ramener à un plus bas d'au moins 
cinq ans alors que les Bourses mondiales ont enregistré un 
quatrième mois consécutif de baisse sur fond de craintes de 
rechute de l'économie mondiale en récession. 
    La part des actions dans les allocations d'actifs de 
portefeuilles diversifiés a diminué de 1,6 point à 46%, selon 
une enquête Reuters auprès de 44 sociétés de gestion d'actifs 
européennes, américaines et japonaises, réalisée entre le 15 et 
le 24 février.  
    La part des obligations a augmenté de 2,4 points de 
pourcentage à 39,2%, au plus haut depuis au moins cinq ans. 
    Ces changements de pondération reflètent les dégagements sur 
les marchés actions internationaux depuis le début de l'année et 
les rachats nets subis à l'échelle mondiale par les fonds 
investis en actions qui ont atteint 55,7 milliards de dollars 
(51,2 milliards d'euros) depuis le début de l'année selon des 
données publiées par Bank of America Merrill Lynch. Il s'agit de 
la plus longue phase de décollecte sur cette catégorie de fonds 
depuis 2008, selon BofA Merrill Lynch.   
    "Les investisseurs ont été pris sous une avalanche de (...) 
risques liés au brouhaha inhabituel autour de questions comme le 
ralentissement économique en Chine, l'effondrement des cours du 
pétrole et les incertitudes sur le prochain mouvement de taux 
d'intérêt par la Réserve fédérale", a dit Peter Lowman, 
responsable des investissements de la société de gestion 
britannique Investment Quorum. 
    Au sein des portefeuilles actions, les gérants ont relevé 
leur exposition sur les valeurs européennes à 19,2%, au plus 
haut depuis septembre 2015, et conservent une exposition élevée 
sur les valeurs japonaises à 20,2%. 
    En revanche, ils ont sensiblement réduit leur allocation en 
valeurs britanniques pour la ramener à 10,9% contre 12,1% le 
mois précédent, dans la perspective du référendum du 23 juin en 
Grande-Bretagne qui pourrait conduire à une sortie du pays de 
l'Union européenne. 
    "La livre sterling a subi de plein fouet l'incertitude 
récente(...), la devise est devenue un vrai casse-tête en termes 
d'allocations d'actifs", a dit Peter Lowman. 
    Au sein de la poche obligataire, les gérants ont réduit la 
part des obligations britanniques à 10,1% et augmenté celles des 
obligations américaines d'environ deux points de pourcentage à 
37,7%. La pondération des obligations de la zone euro a été 
abaissée à 28,4%. 
    Pour Boris Willems, stratégiste chez UBS Asset Management, 
les divergences de politique monétaire demeureront un facteur 
déterminant de l'évolution du prix des actifs en 2016. 
    "Il est peu probable que la Réserve fédérale américaine 
relève les taux en mars à moins que la stabilisation des 
conditions sur les marchés financiers se confirme et que les 
données économiques montrent une nette amélioration", a-t-il 
dit. 
    La Fed a laissé ses taux inchangés depuis le relèvement du 
mois de décembre tandis que l'instabilité des marchés financiers 
et les craintes d'une accentuation du ralentissement de 
l'économie mondiale ont conduit à un report des anticipations de 
nouveaux durcissements de la politique monétaire américaine. 
    La Banque centrale européenne et la Banque du Japon ont de 
leur côté dit qu'elles prendraient les mesures nécessaires pour 
stimuler l'économie et combattre les risques de déflation mais 
les investisseurs doutent de plus en plus de l'efficacité 
d'assouplissements monétaires toujours plus agressifs. 
    "Elles ne sont pas désarmées, en particulier dans la zone 
euro où l'assouplissement quantitatif a commencé il y a 
seulement un an", a dit Nadège Dufossé, responsable de 
l'allocation d'actifs chez Candriam. "Mais la méfiance 
s'accentue." 
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand 
Boucey) 
 
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