Gestion critiquée des ressources de la police et la gendarmerie

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GESTION CRITIQUÉE DES RESSOURCES DE LA POLICE ET LA GENDARMERIE
GESTION CRITIQUÉE DES RESSOURCES DE LA POLICE ET LA GENDARMERIE

PARIS (Reuters) - La Cour des comptes recommande d'améliorer la gestion des ressources humaines dans la police et la gendarmerie, de clarifier les rôles et les missions dans la police et de mieux contrôler les décharges d'activité accordées aux représentants syndicaux.

Dans un référé adressé au ministre de l'Intérieur et rendu public lundi, elle estime que "les réformes coûteuses" mises en oeuvre de 2004 à 2012 pour accélérer le déroulement de carrières des policiers et des gendarmes ont manqué d'une vision stratégique et déséquilibré la structure de ces corps.

"Par ailleurs, les facilités de service accordées aux représentants des organisations syndicales dans la police nationale ne sont pas suffisamment contrôlées", poursuit-elle.

Elle recommande notamment de ralentir l'avancement pour "remédier à l'engorgement au sommet", de clarifier "le rôle et les missions de chaque corps et de chaque grade de la police" et d'allonger la durée des temps de commandement d'unités opérationnelles des officiers de gendarmerie.

Elle prône en outre de "renforcer le contrôle des facilités de service (décharges d'activité et autorisations d'absence) attribuées aux organisations syndicales de la police nationale".

La Cour souligne que les réformes portant sur les carrières ont généré un coût annuel supplémentaire d'environ 503 millions d'euros dans la police et 169 millions dans la gendarmerie.

Elle ajoute que dans la police, "les missions respectives des corps et grades ne sont pas précisément définies et hiérarchisées" et que "la nomenclature des postes d'officiers n'a pas été construite prioritairement en réponse aux besoins opérationnels mais pour offrir des perspectives de carrière".

Selon elle, les pyramides des corps sont déséquilibrées avec un haut des pyramides "engorgé", tandis que le ralentissement considérable des avancements depuis 2012 suscite la frustration de ceux qui ne peuvent profiter de ces promotions rapides.

La Cour évalue à plus de 54 millions d'euros en 2012 les moyens alloués aux organisations syndicales de la police, dont environ 47 millions de dépenses de personnel. "Ces seules dépenses représentent 200.000 jours, soit l'équivalent de 1.000 emplois à plein temps", souligne-t-elle.

Elle remarque que "certains représentants syndicaux cumulent suffisamment de jours de décharge et d'autorisations d'absence pour n'avoir à effectuer aucune présence dans leur service", citant 611 agents concernés en 2013.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yann Le Guernigou)

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