Gestes de conciliation à Kiev avant une semaine décisive

le
0
L'OPPOSITION EN UKRAINE CESSE D'OCCUPER LA MAIRIE DE KIEV
L'OPPOSITION EN UKRAINE CESSE D'OCCUPER LA MAIRIE DE KIEV

par Richard Balmforth

KIEV (Reuters) - L'opposition en Ukraine a mis fin dimanche à l'occupation de la mairie de Kiev, qui durait depuis deux mois, dans le cadre d'une amnistie proposée par les autorités.

Les policiers antiémeute se sont de leur côté retirés d'un des points chauds de la capitale, près du stade du Dynamo de Kiev, où trois manifestants au moins avaient péri le mois dernier dans des heurts avec les forces de l'ordre.

En dépit de ces gestes de conciliation, les dirigeants de l'opposition ont encore rassemblé plusieurs milliers de partisans sur la place de l'Indépendance et réclamé de nouveau la fin des "pouvoirs dictatoriaux" du président Viktor Ianoukovitch et la possibilité de former un gouvernement d'opposition.

Les tensions restent palpables à deux jours, mardi, d'une session parlementaire pendant laquelle le chef de l'Etat pourrait présenter un candidat au poste de Premier ministre - un choix qui montrera s'il est prêt à faire davantage de concessions à l'opposition après douze semaines de confrontation.

Sur Maïdan, la place de l'Indépendance, les chefs de l'opposition ont averti qu'ils n'avaient pas renoncé à exiger des changements constitutionnels afin de réduire les pouvoirs présidentiels.

L'un des protagonistes de la contestation, Arseni Iatseniouk, a également prévenu que l'opposition veillerait à l'application de la loi d'amnistie. "Nous demandons l'abandon de 2.000 poursuites en justice. Si ce n'est pas le cas, nous entamerons une offensive pacifique", a-t-il dit.

UNITÉS D'AUTODÉFENSE

Dans la matinée, des manifestants et des hommes masqués en tenue de combat, qui se chargeaient de la protection des occupants, ont quitté l'Hôtel de Ville en promettant de s'y réinstaller si le gouvernement ne respectait pas sa promesse d'amnistie.

Les manifestants avaient pris d'assaut la mairie début décembre dans le cadre du mouvement de contestation lancé contre Viktor Ianoukovitch après son refus de signer un accord d'association avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie.

Dans une tentative d'apaisement, le pouvoir ukrainien a proposé de renoncer à toutes les poursuites contre les manifestants ayant bénéficié d'une libération provisoire à condition que, avant lundi, l'opposition mette fin à l'occupation des bâtiments publics et lève les barrages sur certains axes routiers.

Selon des élus d'opposition, plusieurs bâtiments publics dans des villes de l'ouest de l'Ukraine, bastion de l'opposition, et un autre dans le sud-est du pays ont pareillement été évacués dimanche.

Andriy, commandant d'une centaine d'hommes en cagoules noires quittant l'Hôtel de Ville, a déclaré que le bâtiment était évacué car les autorités s'étaient engagées à accorder une amnistie aux manifestants arrêtés par la police. Prié de dire ce qu'il ferait avec ses hommes si cette promesse n'était pas tenue, il a répondu: "Alors nous reviendrons."

Les manifestants ont aussi décidé d'alléger leurs barrages sur une avenue menant au siège du gouvernement et au parlement, près du stade du Dynamo de Kiev où patrouillait un groupe d'une quarantaine d'hommes cagoulés, disant appartenir à une unité d'autodéfense.

Samedi soir à l'autre bout de la ville, plusieurs hommes protestant contre la présence de barricades sont revenus le visage ensanglanté après s'être heurtés à d'autres unités d'autodéfense.

Bertrand Boucey pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant