Gerry Adams appelle au calme après sa libération

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GERRY ADAMS LIBÉRÉ APRÈS QUATRE JOURS DE DÉTENTION
GERRY ADAMS LIBÉRÉ APRÈS QUATRE JOURS DE DÉTENTION

BELFAST (Reuters) - Le leader du Sinn Fein Gerry Adams a été libéré après quatre jours de détention dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat par l'Armée républicaine irlandaise (Ira) d'une femme, Jean McConville, en 1972 en Irlande du Nord.

Gerry Adams avait été placé en garde à vue mercredi alors qu'il s'était présenté de son plein gré après une convocation des enquêteurs pour répondre à leurs questions sur ce meurtre pour lequel il nie toute responsabilité.

Le dossier de l'ancien chef de la branche politique de l'Ira va être transmis au procureur, précise la police dans un communiqué.

Contrastant avec les vives critiques formulées par le Sinn Fein après sa mise en garde à vue, Gerry Adams a tenu des propos conciliants après sa libération.

"Ma détermination reste plus forte que jamais, celle de bâtir la paix, de ne pas nous laisser détourner de cela. C'est notre avenir. Le passé est le passé", a déclaré le dirigeant républicain irlandais.

"La vieille garde qui est opposée au changement, que ce soit au sein de la direction de la PSNI (police nord-irlandaise, ndlr), des éléments unionistes ou chez les extrémistes pseudo-républicains autoproclamés, ne peut pas gagner."

"Je suis un républicain irlandais. Je veux vivre dans une Irlande en paix. Je ne me suis jamais dissocié de l'Ira et je ne le ferai jamais, mais je suis content que moi et d'autres ayons trouvé un moyen pacifique et démocratique d'aller de l'avant. L'Ira n'est plus là, c'est fini", a-t-il dit.

L'arrestation de Gerry Adams a provoqué une crise entre le Sinn Fein et les protestants du DUP (Parti unioniste démocrate) du Premier ministre nord-irlandais Peter Robinson, avec lesquels ils partagent le pouvoir en Irlande du Nord.

AUCUNE PREUVE

Le dirigeant du Sinn Fein a été accusé pendant toute sa carrière politique d'avoir été impliqué dans les campagnes d'élimination d'ennemis de l'Ira, comme Jean McConville, une mère de 10 enfants soupçonnée - à tort selon sa famille - d'avoir été une informatrice de la police britannique. Il a toujours rejeté ces accusations.

A l'issue de sa garde à vue dans la prison d'Antrim, celui qui est aujourd'hui député de République d'Irlande a dit s'être soumis à 33 interrogatoires enregistrés.

Il a déclaré que les enquêteurs n'avaient avancé aucune preuve de sa responsabilité éventuelle dans le meurtre de Jean McConville, seulement des allégations reposant sur de vieux articles de journaux, des photographies et les enregistrements d'entretiens réalisés avec d'anciens membres de l'Ira aux Etats-Unis.

Interrogé sur ses conditions de détention, il a répondu: "Ça allait", tout en critiquant la qualité de la nourriture et l'état de la prison.

Lors d'une conférence de presse retransmise en direct en Irlande et en Grande-Bretagne, il a repris à son compte les critiques du Sinn Fein, selon lequel sa garde à vue vise à fragiliser le mouvement avant les élections européennes et irlandaises à la fin du mois.

Il a ajouté que son arrestation envoyait un "très mauvais signal" à tous ceux qui veulent l'échec du processus de paix en Irlande du Nord.

(Padraic Halpin; Tangi Salaün pour le service français)

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