Germanwings-L'hôpital psychiatrique avait été conseillé à Lubitz-BEA

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    * Aucun médecin n'avait signalé les problèmes du copilote 
    * Le BEA prône la rupture du secret médical dans certains 
cas 
    * Des mesures d'accompagnement pour les pilotes 
 
 (Actualisé avec précisions, commémoration) 
    par Tim Hepher 
    LE BOURGET, Seine-Saint-Denis, 13 mars (Reuters) - Le Bureau 
d'enquêtes et d'analyses (BEA), qui a rendu dimanche son rapport 
final sur la catastrophe aérienne de la Germanwings le 24 mars 
2015 dans les Alpes, a révélé qu'un médecin avait recommandé 
l'hospitalisation en psychiatrie du copilote à l'origine du 
crash deux semaines avant le drame. 
    Le BEA, qui confirme le scénario d'un accident volontaire de 
la part d'Andreas Lubitz, qui souffrait de "troubles mentaux 
avec symptômes psychotiques", formule onze recommandations, dont 
la possibilité de rompre le secret médical lorsque la santé d'un 
pilote "a de forts risques d'affecter la sécurité publique". 
    Il préconise un renforcement du contrôle psychologique et 
psychiatrique des pilotes "ayant des antécédents connus de 
maladie mentale" et des mesures d'accompagnement pour l'ensemble 
des pilotes dont le BEA souligne les "réticences à déclarer 
leurs problèmes de crainte des conséquences économiques et 
sociales d'une perte de licence." 
    Andreas Lubitz, 27 ans, aux prises avec de graves épisodes 
dépressifs qu'il avait cachés à son employeur, s'était enfermé 
dans le cockpit lors d'un vol Barcelone-Düsseldorf de la 
Germanwings et avait "intentionnellement réglé les consignes du 
pilote automatique pour commander une descente" de l'Airbus A320 
jusqu'à la collision avec un massif des Alpes-de-Haute-Provence, 
entraînant avec lui 149 personnes dans la mort. 
    "En février 2015, un médecin privé a diagnostiqué que les 
problèmes de vue et de sommeil dont souffrait le copilote 
étaient liés à des troubles psychosomatiques et de l'anxiété et 
a renvoyé le copilote vers un psychothérapeute et un 
psychiatre", précise le rapport. 
    "Le 10 mars 2015, le même médecin a diagnostiqué une 
psychose possible et recommandé un traitement en hôpital 
psychiatrique", ajoute-t-il. 
    Selon l'information judiciaire pour "homicides 
involontaires" contre X ouverte en France en juin dernier, 
Andreas Lubitz avait vu 41 médecins en cinq ans, dont sept dans 
le mois précédant le crash. 
     
    AUCUN SIGNALEMENT 
    Aucun des professionnels de santé consultés par Andreas 
Lubitz, qui avaient pour certains prescrit antidépresseurs et 
somnifères, "n'a informé une autorité de l'aviation, ni aucune 
autre autorité, de l'état du pilote", soulignent les enquêteurs 
du BEA. 
    Plusieurs arrêts de travail avaient été délivrés, mais 
certains n'ont pas été transmis à la Germanwings. 
    En conséquence, le BEA juge que la possibilité pour "un 
médecin traitant de transmettre des informations médicales 
confidentielles sur un pilote quand il y a un risque pour la 
santé publique" permettrait de "réduire les risques". 
    Les spécialistes en médecine aérospatiale consultés par le 
BEA ont estimé que la mise en place d'évaluations psychiatriques 
approfondies de l'ensemble des pilotes "ne serait ni efficace ni 
rentable". "Cependant, il pourrait être utile d'évaluer 
régulièrement l'état de santé mental des pilotes ayant des 
antécédents connus de maladie mentale", relève le rapport. 
    Ces recommandations sont destinées à l'Organisation mondiale 
de la santé (OMS), à l'Association du transport aérien 
international (IATA), à la Commission européenne, à l'Agence 
européenne de sécurité aérienne (AESA), au ministère allemand 
des Transports et au conseil de l'Ordre des médecins allemand. 
    En juillet dernier, l'AESA avait notamment prôné une 
évaluation psychologique systématique des pilotes avant leur 
embauche. 
    Le BEA ne formule aucune recommandation sur les règles de 
présence dans les cockpits, qui sont désormais pourvus de portes 
anti-intrusion. L'AESA recommandait qu'aucun pilote ne puisse 
être laissé dans la cabine de pilotage, mais à ce problème 
complexe, le BEA n'apporte pas de réponses. 
    Quelque 600 proches de victimes ont prévu de se réunir le 23 
mars prochain à Marseille pour marquer le premier anniversaire 
de la catastrophe. La grande majorité devrait se rendre le 
lendemain au Vernet, le village des Alpes du Sud le plus proche 
du site du crash. 
 
 (Sophie Louet et Danielle Rouquié pour le service français, 
avec Jean-François Rosnoblet à Marseille) 
 

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