Gérard Lopez assure que la santé financière de son écurie n'est pas en péril

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Gérard Lopez assure que la santé financière de son écurie n'est pas en péril
Gérard Lopez assure que la santé financière de son écurie n'est pas en péril

Gérard Lopez, où en est Lotus d'un point de vue financier ?On entend tout et n'importe quoi parce que cette écurie semble fasciner les gens plus qu'une autre. Parmi les écuries privées, on est celle qui chatouille le plus les écuries de pointe. Les gens se demandent comment on arrive à faire ce qu'on fait avec un budget moindre que certaines écuries. Ça crée une certaine fascination. Financièrement parlant, il n'y a pas grand-chose à dire. Les dettes dont on parle, c'est parce que Genii Capital n'a pas une marque à mettre sur la voiture. On voudrait avoir un sponsor titre mais pas à n'importe quel prix. A ce moment, on retirera le nom de Genii du côté de la voiture. Comme Mercedes ou Ferrari paient pour être sur la voiture, d'autres propriétaires comme Caterham mettent leur marque sur leur voiture et nous aussi avec Genii. Au lieu de sponsoriser, on prête de l'argent à l'écurie. Les gens interprètent ça comme une dette alors que c'est une dette qui est due aux actionnaires.

Quelle est la santé de l'écurie ?La santé de l'écurie n'est pas en péril. Il faudrait que les actionnaires décident de dire « on veut que notre société nous repaie tout de suite ». Ce qui est un peu loufoque comme situation.

Que vous manque-t-il pour rivaliser avec les écuries de pointe ? Un gros sponsor ?Il nous manque un sponsor de taille moyenne au niveau du sponsor titre. On ne peut pas dire qu'on prétend avoir la même valeur marché que Ferrari qui est en F1 depuis toujours. Mais on ne veut pas signer avec un sponsor titre qui n'est pas au moins à la hauteur de la performance qu'on montre. Peu d'équipes ont signé des sponsors cette année. On en a signé quelques-uns, pourtant, personne ne se pose de questions.

L'ouverture du capital est-elle une option ?C'est une option qu'on a prise il y a six mois. On a discuté avec différentes entités et certaines sont intéressées. C'est une option si un partenaire éventuel pousse dans la même direction de performance. On aurait pu racheter l'écurie à un moment donné en disant qu'on allait jouer le milieu de peloton. Et je peux vous assurer qu'on aurait gagné de l'argent. Ce sont des choix. Une écurie comme la nôtre veut utiliser le fait qu'elle a été championne du monde et si c'est pour se battre en fond de grille, on ne préfère pas y être.

« Je n'ai jamais dit que j'étais déçu par Kimi »

Cela pourrait-il être Renault ?Aujourd'hui Renault est partenaire moteur. On va rester avec Renault et ce n'est pas un scoop. On m'a demandé la semaine passée s'il y avait des avantages à associer un motoriste et un constructeur, j'ai répondu que oui. Résultat des courses, j'ai lu que Renault reprenait l'écurie. C'est un peu malencontreux de prendre des raccourcis comme ça. Aujourd'hui Renault a pour stratégie de se concentrer sur les moteurs. Mais s'associer de façon plus proche avec un motoriste, ça ne peut qu'aider dans les questions politiques. La Formule 1 est structurée de telle façon que les plus grosses écuries ont plus à dire. On se retrouve entre deux tableaux : on est parmi les plus grosses en termes de performances mais on n'est pas considéré comme un constructeur puisqu'on ne l'est pas. Si je prends Marussia ou Caterham qui font des voitures - même si ce sont d'excellents constructeurs - et nous à Lotus, on n'a pas la même force de frappe que Mercedes.

Êtes-vous toujours déçu du départ de Kimi Räikkönen ?C'est un sujet qui m'a un peu fâché. Je n'ai jamais dit que j'étais déçu par Kimi mais par le timing des déclarations. Kimi et moi parlons tous les jours puisque nous sommes amis. On arrive à rigoler de ce qui est dit dans la presse. Je suis triste que Kimi ne soit plus chez nous l'année prochaine. Mais c'est son choix qui, j'espère, sera couronné de succès. C'est un des meilleurs pilotes du monde mais Romain (ndlr : Grosjean) est en train de monter en puissance. Je suis triste parce qu'on a parcouru le chemin ensemble. C'est quelqu'un qu'on a ramené en F1 et qui a réussi un retour incroyable. Chaque fois que les chemins professionnels se séparent, vous êtes tristes mais ce n'est ni la fin du monde pour Kimi, ni pour nous.

L'avenir de Lotus en Formule 1 s'inscrit-il sur le court, le moyen ou le long terme ?On a toujours dit que si ça avait du sens, on serait là pour un terme infini. C'est toujours le cas actuellement. Il y a des discussions sur les contrats futurs de la F1. On est aussi en discussion avec des sponsors et des investisseurs. Une fois qu'on aura mis ça en musique, on verra. Contrairement à d'autres gens dans le milieu, on ne vit pas de la F1. Ça sert de plates-formes à certaines sociétés. Dans le groupe, on a 72 sociétés et on est actif dans beaucoup de secteurs. A part les courses, je ne passe qu'un jour par mois sur la Formule 1 et le reste du temps, je le passe à travailler dans nos sociétés principales. Tant que ça fait du sens et que l'équation est positive, on restera.

« On a été contacté par plus d'une demi-douzaine de pilotes »

Quand allez-vous donner le nom du successeur de Kimi ?On n'est pas pressé parce qu'on est quand même la meilleure écurie disponible pour un pilote. Ça ne dépend pas uniquement du pilote disponible mais beaucoup de la stratégie qu'on va définir la saison prochaine, qui sera un peu étrange parce que personne ne sait où on va. On va voir selon les besoins de l'écurie. S'agira-t-il d'une année d'attente ? Auquel cas, on pourrait parier sur un pilote un peu plus jeune. Ou s'agira-t-il d'une année où il faudrait faire énormément de travail ? Auquel cas, il faudra prendre un pilote avec plus d'expérience. On a été contacté par plus d'une demi-douzaine de pilotes. Le marché des bons baquets est limité. On n'est pas particulièrement pressé parce qu'on a le meilleur baquet.

Une fois que les problèmes financiers seront réglés, quel pilote rêvez-vous de faire signer ?Les problèmes financiers ne jouent pas dans le choix. Je n'ai pas de réponse à ça. Si j'étais omnipotent et que ça n'avait rien à voir avec l'argent, ni avec les lois de la physique, je vous dirais de ramener Fangio et de le mettre dans notre voiture.

Pensez-vous être champion du monde un jour ?J'espère. On est tombé sur plus forts que nous cette année : Red Bull. On a perdu une grosse partie de la saison sur quatre ou cinq courses qui se sont mal passées. Comme je suis focalisé sur les autres affaires, j'apprends pas mal de choses à travers la presse. J'ai cru comprendre qu'on avait perdu la course du développement à Monza alors qu'on avait la voiture la plus rapide avec celle de Vettel qui a gagné la course. On a fait quatre ou cinq mauvaises courses par malchance ou maladresse, et les championnats pilotes et constructeurs étaient partis. Si on n'avait pas fait ces mauvais scores? Cette année, Sebastian Vettel est sur une autre planète. Sur le dernier Grand Prix, Vettel a pris 3''5 à Alonso (ndlr : sur le meilleur tour en course) qui fait partie des plus grands pilotes de l'histoire de la F1. On se bat contre nettement plus fort que nous. On espère l'être un jour mais il faut que tout colle, le pilote, les voitures? Il faut rester dans une stratosphère normale.

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