Gérard Depardieu rend son passeport, réactions furieuses

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GÉRARD DEPARDIEU AFFIRME RENONCER À LA NATIONALITÉ FRANÇAISE
GÉRARD DEPARDIEU AFFIRME RENONCER À LA NATIONALITÉ FRANÇAISE

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Pour protester contre les critiques sur son exil fiscal en Belgique, l'acteur Gérard Depardieu a dit renoncer à la nationalité française dans une lettre ouverte au Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Cette déclaration a suscité de nouvelles déclarations furieuses de deux membres du gouvernement de gauche, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti regrettant qu'il ne retourne pas au cinéma muet, tandis que son homologue du Travail Michel Sapin évoquait une "déchéance" de la star.

Cette polémique alimente le débat en France sur la hausse des impôts pour les riches, qui risque, selon les détracteurs des mesures allant en ce sens, de provoquer un exil massif de grandes fortunes.

La démarche d'abandon de nationalité française semble juridiquement impossible, avant qu'au moins une autre soit acquise, comme par exemple la nationalité belge.

Le nouveau gouvernement de gauche a notamment instauré une nouvelle tranche supérieure d'impôt sur le revenu à 45% et décidé de prélever 75% de la part des revenus supérieure à un million d'euros pour une période qui serait de deux ans.

Ces chiffres s'appliquent à un revenu imposable calculé après déduction des "niches" fiscales.

L'acteur français explique sa décision par les propos du chef du gouvernement, qui a qualifié d'"assez minable" son choix d'élire domicile à Néchin, en Belgique, pays à la fiscalité plus avantageuse pour les contribuables fortunés.

"Minable, vous avez dit 'minable'? Comme c'est minable", lui rétorque l'acteur dans sa lettre ouverte en s'inspirant de la réplique de Louis Jouvet dans le film Drôle de Drame de Marcel Carné.

"Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté. Tous ceux qui ont quitté la France n'ont pas été injuriés comme je le suis", écrit-il dans cette lettre reproduite par le JDD.

145 MILLION D'IMPÔTS EN 45 ANS ?

Gérard Depardieu, 63 ans, rappelle qu'il a commencé à travailler à l'âge de 14 ans et assure avoir toujours payé ses taxes et ses impôts. Il affirme notamment avoir "payé, en 2012, 85% d'impôts sur (s)es revenus" et "145 millions d'euros d'impôts en quarante-cinq ans".

"Je ne suis ni à plaindre, ni à vanter, mais je refuse le mot 'minable'. Qui êtes-vous pour me juger ainsi, je vous le demande, M. Ayrault, Premier ministre de M. Hollande, je vous le demande, qui êtes-vous?", poursuit l'acteur en interpellant le chef du gouvernement.

"Je vous rends mon passeport et ma Sécurité sociale dont je ne me suis jamais servi", ajoute-t-il. "Nous n'avons plus la même patrie, je suis un vrai Européen, un citoyen du monde."

Le ministre du Travail Michel Sapin, interrogé lors de l'émission Grand rendez-vous Europe1-i>TELE-Le Parisien, a brocardé ces déclarations.

"Au-delà de la personnalité, au-delà du talent, c'est une forme de déchéance personnelle que je trouve dommageable. Je ne dis pas déchéance pour la personne, je dis que c'est une attitude pas à la hauteur de l'acteur", a-t-il déclaré.

Aurélie Filippetti a qualifié la réaction de Gérard Depardieu de "scandaleuse" sur France Info.

"Quand on abandonne le navire, quand on déserte, car nous sommes dans une guerre économique, on ne vient pas en plus donner des leçons de morale aux autres (...) on regrette que Gérard Depardieu ne retourne pas au cinéma muet", a-t-elle dit.

La présidente du Medef Laurence Parisot a en revanche plutôt soutenu l'acteur sur BFM TV, en se disant "choquée" des critiques socialistes. "Le fond de notre sujet, c'est qu'il y a aujourd'hui dans notre pays une folie fiscale à l'oeuvre".

Un débat avait déjà été suscité par la décision de Bernard Arnault, PDG du groupe français de luxe LVMH et première fortune de France, de demander la nationalité belge

L'écrivain Michel Houellebecq, prix Goncourt 2010, a fait la démarche inverse en annonçant dimanche qu'il renonçait à son exil en Irlande, par une déclaration de son agent dans Le Parisien.

Avec Bertrand Boucey et Henri-Pierre André, édité par Pascal Liétout

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  • fbordach le dimanche 16 déc 2012 à 20:33

    C'est dommage d'en arriver là mais malheureusement l'insulte n'a jamais été la meilleure façon de gouverner. Il faut néanmoins constater, avec consternation, qu'à l'occasion de l'affaire Depardieu, les socialistes font un savant mélange entre la France, le gouvernement, la nationalité et la fiscalité. Comme un peu lorsqu’ils en appellent au patriotisme ( terre de nos père) et qu'ils envisagent de faire voter les immigrés!

  • M4847970 le dimanche 16 déc 2012 à 20:24

    Je trouve Depardieu pas patriote, surtout au moment ou crise frappe!. Mais bon il est en colère !. Je crois que le mépris et le manque de considération à son égard par l'administration fiscale mériterait d'être mise au jour. Personnellement j ai un petit contentieux fiscal (sous Sarkozy et en attente de jugement)que je trouve effectivement abusif et d'une mauvaise foi qui ne sont pas normaux. Je regrette ce coup de colère mais sur le font du respect il n'a pas tort. Une enquête SVP!.

  • M1617344 le dimanche 16 déc 2012 à 20:09

    Depardieu est libre de ses choix et on peut le comprendre ! . encore un effort....et on aura bientôt honte d' être français , ça devient tellement déprimant de voir et d'être insulter par ce ramassis de soixante - huitard qui sont au pouvoir grace à Bayrou et le FN .

  • michelq3 le dimanche 16 déc 2012 à 19:56

    trop payés tous ces charlots-comédiens !

  • M8444634 le dimanche 16 déc 2012 à 19:39

    Les Français sont des faux-culs. Il n'y en a pas un qui accepterait qu'on lui prenne 85% de ce qu'il gagne pour engraisser des fonctionnaires, même en période de crise. Ils hurleraient à la mort, tout comme ils hurlent aujourd'hui de voir leur échapper un des leurs qui a réussi et auquel ils espéraient pouvoir piquer son argent. Pas joli joli, tout ça !

  • M8444634 le dimanche 16 déc 2012 à 19:37

    Avant, il payait 60% d'impôts, ce qui était déjà énorme et sans qu'on lui dise merci. Maintenant, les bricoleurs qui gouvernent la France et ont contracté en son nom (sans aller en prison rejoindre Madoff) 1800 milliards de dettes impossibles à rembourser, lui demandent de passer à 85% pour combler le trou qu'ils ont creusé. Léon Daudet disait : méfiez-vous des ratés, les ratés ne vous rateront pas !

  • M8444634 le dimanche 16 déc 2012 à 19:35

    Les saltimbanques qui nous gouvernent nous bassinent les oreilles avec leur "plus d'Europe". Eh bien qu'ils en tirent les conséquences : la libre concurrence et la libre circulation des personnes et des biens permet aux vrais Européens de déménager dans un autre endroit de l'Europe où l'on n'est ni racketté, ni injurié par les voleurs.

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