Génocide rwandais : "On a atteint une nouvelle fois l'indicible au XXe siècle"

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Des réfugiés rwandais, en 1995.
Des réfugiés rwandais, en 1995.

Le Point.fr : Pour la première fois en France, une personne impliquée dans le génocide rwandais de 1994 est jugée par la cour d'assises de Paris. Pascal Simbikangwa est ainsi accusé de complicité de crime de génocide. Quel est l'enjeu de ce procès ? Emmanuel Daoud : L'enjeu du procès est très exactement de savoir si Pascal Simbikangwa avait les moyens d'arrêter les massacres. Ou, au contraire, a-t-il donné des instructions et fourni des moyens logistiques pour permettre le génocide ? Il faut savoir s'il a rémunéré des miliciens, s'il a approvisionné des barrages en armes et en nourriture. En sa qualité d'actionnaire de la radio des Mille Collines, a-t-il favorisé la transmission de messages de haine visant à l'extermination des Tutsi ? Il faut savoir précisément le rôle qui a été le sien. C'est tout l'enjeu d'un procès criminel. Quels sont les faits qu'on peut lui imputer personnellement ? Si l'accusation ne démontre pas ces faits, Pascal Simbikangwa sera acquitté. Si des jurés et la cour d'assises ont l'intime conviction qu'il est complice d'un crime de génocide, il sera condamné. Et pourquoi est-il jugé en France, pour des faits commis à l'étranger ?La compétence des tribunaux français est habituellement définie par un critère territorial (les faits sont commis sur le territoire français) ou par un critère personnel (les faits sont commis par une personne ayant la nationalité française). On n'est pas du...

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