Génocide arménien : le président allemand admet la «coresponsabilité» de son pays

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Génocide arménien : le président allemand admet la «coresponsabilité» de son pays
Génocide arménien : le président allemand admet la «coresponsabilité» de son pays

A la veille des commémorations officielles du centenaire des massacres perpétrés par les Turcs ottomans, qui ont fait 1,5 millions de victimes entre 1915 et 1917, l'Allemagne, par la voix de son président Joachim Gauck, a reconnu jeudi soir pour la première fois le «génocide» arménien. Il a évoqué «une coresponsabilité, et même, potentiellement, une complicité dans le génocide des Arméniens». A cette époque, le Reich allemand était l'allié de l'empire ottoman.

C'est la première fois que l'Allemagne utilise officiellement le terme de «génocide» pour évoquer ces massacres. Une vingtaine de pays, dont la France et la Russie, avaient déjà franchi le pas. Ankara rejette toujours ce terme. Le président allemand, qui s'était rendu à Oradour-sur-Glane en 2013,  prend le risque de froisser la Turquie, un important allié que Berlin s'est toujours efforcé de ménager sur ce sujet. L'Allemagne abrite la première communauté turque à l'étranger, estimée à environ trois millions de personnes.

Evitant de stigmatiser la Turquie, l'ancien pasteur de RDA, a insisté sur les responsabilités allemandes, dans son discours prononcé lors d'une cérémonie œcuménique dans la cathédrale protestante de Berlin. Des militaires allemands «ont participé à la planification et pour une part à la mise en place des déportations» d'Arméniens, a-t-il relevé. «Des informations d'observateurs et de diplomates allemands qui ont clairement établi la volonté d'extermination contre les Arméniens ont été ignorées» car le Reich allemand, allié à l'empire ottoman, «ne voulait pas compromettre ses relations» avec lui.

Les parlementaires ne sont pas allés aussi loin

Dans un texte publié lundi, et qui devait être discuté vendredi au Bundestag, les groupes parlementaires allemands n'étaient pas allés aussi loin que Joachim Gauck, se contentant d'établir un lien entre le massacre des Arméniens et les «génocides» du XXe siècle. ...

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