Genève-L'Onu attend la réponse de l'opposition syrienne

le , mis à jour à 16:50
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    * Le HCN d'opposition doit donner sa réponse dans la journée 
    * Il attend des clarifications de l'Onu 
    * Le PYD kurde n'est pas invité aux discussions 
    * Le gouvernement de Damas a déjà annoncé sa participation 
 
 (Précisions, Gatilov, Mouallem, §§ 2, 15, 16) 
    BEYROUTH/GENEVE/PARIS, 27 janvier (Reuters) - Le Haut 
Conseil pour les négociations (HCN), organe de l'opposition 
syrienne parrainé par l'Arabie saoudite, attend des 
éclaircissements de la part des Nations unies avant d'annoncer, 
probablement dans la journée, s'il participe ou non aux 
discussions de paix qui doivent s'ouvrir vendredi à Genève. 
    Le gouvernement syrien a déjà répondu favorablement à 
l'invitation de l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie, Staffan 
de Mistura. Sa délégation sera conduite par le chef de la 
diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a annoncé à Moscou le 
vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov. 
    Le HCN, créé le mois dernier dans la capitale saoudienne par 
des groupes de l'opposition politique et de l'insurrection 
armée, exige l'arrêt des bombardements sur les zones civiles, la 
levée du blocus des villes syriennes assiégées et la libération 
de prisonniers pour participer aux discussions. Il est aussi 
opposé à la participation de certaines personnalités syriennes, 
notamment kurdes. 
    Réuni à Ryad, le HCN juge "positive" l'invitation de l'Onu, 
a déclaré mardi soir son porte-parole, Salim al Mouslat. "Il y a 
un consensus au sein du Haut Conseil pour être positifs dans 
notre décision", a-t-il dit. 
    "Il reste quelques questions. Une lettre a été envoyée au 
secrétaire général des Nations unies (Ban Ki-moon) et demain (ce 
mercredi) nous répondrons à la lettre de M. de Mistura", a 
poursuivi Salim al Mouslat. "Nous ne faisons pas obstacle à une 
solution politique. Nous voulons des explications sur certains 
points de l'invitation." 
    "Nous avons envoyé nos questions, nous attendons la 
réponse", a-t-on déclaré mercredi de source proche du Haut 
Conseil. 
     
    CLARIFICATIONS  
    "Il y a une question que nous voudrions clarifier avec 
(Staffan) de Mistura: 'est-ce que le principal objectif de ces 
négociations, c'est d'aboutir, ou bien simplement de se tenir 
?'", a déclaré un autre membre du HCN, Riyadh Naasan Agha, 
interrogé sur la chaîne Al Djazira. 
    "Nous sommes sérieux quand nous parlons de paix (...) Nous 
croyons en une solution politique (...) et nous attendons la 
réponse (de l'Onu)." 
    A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, 
Laurent Fabius, a dit avoir appris de Staffan de Mistura que les 
Kurdes syriens du PYD (Parti de l'Union démocratique) n'étaient 
pas invités à Genève. "M. de Mistura m'a dit qu'il n'avait pas 
envoyé de lettre d'invitation" aux Kurdes du PYD, a-t-il déclaré 
sur France Culture. 
    Le ministre des Affaires étrangères a ajouté qu'il avait 
parlé avec le coordinateur du HCN, Riad Hidjab, et avoir compris 
que l'opposition se rendrait au bord du lac Léman. "Oui à la 
négociation (...) et en même temps il y a des précisions à 
apporter sur qui participe vraiment, ce qui est fait sur le plan 
humanitaire et de quoi on va parler", a poursuivi Laurent 
Fabius. 
    "Il est évident qu'à la fin ils (le PYD) devront être 
associés à un accord définitif", a-t-on ajouté de source 
diplomatique française.  
    Mais, a-t-on souligné, "aujourd'hui il ne faut pas faire 
exploser la plate-forme de l'opposition", le HCN. "Nous avons 
une plate-forme cohérente. L'opposition considère que le PYD ne 
fait pas partie de l'opposition au régime de Damas, donc elle 
estime qu'il n'a rien à faire de ce côté de la table." 
     
    LA QUESTION DES KURDES 
    Le représentant du PYD en France, Khaled Eissa, qui figurait 
sur une liste de délégués proposée par la Russie, a accusé des 
puissances régionales et internationales, en particulier la 
Turquie, de bloquer la participation des Kurdes et a prédit dans 
ce cas l'échec des discussions. 
    "On ne peut pas oublier une force qui contrôle une zone 
trois fois plus grande que le Liban", a-t-il dit. "Nous ne 
respecterons pas des décisions prises sans nous", a-t-il ajouté. 
    A Moscou, Guennadi Gatilov a confirmé que le PYD n'avait pas 
été invité à Genève mais qu'il pourrait participer plus tard aux 
négociations. 
    "L'invitation à la première phase des discussions sur la 
Syrie n'a pas été envoyée au PYD mais de Mistura lui réserve une 
place, il veut l'inviter à une étape ultérieure", a-t-il dit à 
l'agence Interfax. 
    Haytham Manna, coprésident du Conseil démocratique syrien 
(CDS) qui regroupe l'opposition non islamiste au gouvernement, a 
déclaré qu'il ne participerait pas aux négociations si deux 
dirigeants kurdes, Saleh Muslim et Ilham Ahmed, n'étaient pas 
invités. 
    "J'irai avec mes amis ou pas du tout. Il n'y a pas de 
compromis sur cette question", a-t-il affirmé. 
    Haytham Manna dirige le CDS avec Saleh Muslim, le 
coprésident du PYD, principale formation kurde syrienne, qui 
lutte contre l'Etat islamique. Le PYD est soutenu militairement 
par les Etats-Unis mais considéré par la Turquie comme une 
organisation terroriste. 
    Un autre opposant, Djihad Makdissi, porte-parole du 
ministère syrien des Affaires étrangères jusqu'à la fin 2012 
quand il a fait défection, a annoncé qu'il avait été invité mais 
qu'il ne participerait pas aux premières négociations, qui 
devraient être indirectes. Il a notamment invoqué le "manque 
d'harmonisation" qui a présidé selon lui à la composition "trop 
rapide" des délégations. 
 
 (Mariam Karouny, John Davison, Tom Perry, John Irish, Omar 
Fahmy, Jack Stubbs et Jean-Baptiste Vey; Danielle Rouquié et Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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