Genève-Encore beaucoup d'inconnues, d'après la délégation syrienne

le , mis à jour à 18:17
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    GENEVE, 3 février (Reuters) - La phase préparatoire des 
négociations de Genève sur le conflit syrien sera sans doute 
plus longue que prévu, a averti mercredi Bachar Djaafari, chef 
de la délégation gouvernementale.  
    "Il semble que la première phase des préparatifs prendra 
beaucoup plus de temps que prévu et nous ignorons quand elle 
s'achèvera", a-t-il déclaré dans le cadre d'un entretien accordé 
à Reuters.  
    "Nous ne savons pas qui seront nos interlocuteurs, à combien 
de délégations nous aurons affaire, ce que sera l'ordre du jour 
ni les noms des participants et, d'après les informations de de 
Mistura, beaucoup de gens doivent encore arriver."  
    Staffan de Mistura, envoyé spécial de l'Onu, a annoncé lundi 
en début de soirée l'ouverture officielle de ces discussions 
indirectes entre les représentants du gouvernement et de 
l'opposition.   
    "Les discussions officielles n'ont malheureusement pas 
encore commencé. Nous parlons encore des modalités", a poursuivi 
Bachar Djaafari.  
    "Je ne peux pas vous dire grand chose sur ce qui se trame 
parce que nous attendons Godot et que Godot n'est pas encore 
arrivé", a-t-il ironisé, évoquant la pièce de Samuel Beckett 
dont les protagonistes attendent en vain la venue de ce Godot. 
    Staffan de Mistura avait laissé entendre la veille qu'il 
s'agissait des discussions de la dernière chance. "Si on assiste 
à un échec cette fois-ci, après deux tentatives de conférences à 
Genève, il n'y aura plus d'espoir pour la Syrie. Nous devons 
absolument faire en sorte que ce ne soit pas un échec", a-t-il 
déclaré à la chaîne suisse RTS. 
     
    VINGT-DEUX VILLES ASSIÉGÉES 
    Riad Hidjab, coordinateur du Haut Comité des négociations 
mis sur pied par l'opposition, est arrivé à Genève et 
l'émissaire de l'Onu l'a rejoint à l'hôtel où se trouve sa 
délégation.  
    Le HCN avait annulé la veille son entrevue avec Staffan de 
Mistura en accusant la Russie de mettre les négociations en 
péril par une campagne de bombardement sans "précédent" dans les 
provinces d'Alep et de Homs.   
    Interrogé sur les exigences de l'opposition concernant la 
levée du blocus de villes telles que Mouadamiya, Bachaar 
Djaafari a assuré que les autorités syriennes autorisaient 
régulièrement le passage de convois humanitaires.  
    L'Onu avait annoncé dimanche que les forces gouvernementales 
assiégeaient à nouveau cette ville de 45.000 habitants située 
dans les faubourgs sud-ouest de Damas.  
    "Nous ne pouvons pas faire du couper-coller avec les 
intérêts du peuple. Tout est important en Syrie. Tout est 
prioritaire pour nous. Mouadamiya (...) a été choisie dans le 
cadre d'une campagne de communication lancée par la soi-disant 
opposition", a ajouté le chef de la délégation syrienne.  
    Mohamed Allouch, délégué de l'influent groupe rebelle Djaïch 
al Islam, a quant à lui jugé que le feu vert du gouvernement au 
passage d'un convoi d'aide humanitaire vers la ville était très 
insuffisant.  
    "C'est une mesure destinée à faire taire le peuple syrien", 
a-t-il déclaré à Reuters. "C'est une bonne mesure, mais ce n'est 
pas suffisant et le problème n'est pas limité à Mouadamiya. Le 
problème, ce sont les 22 villes assiégées."   
               
 
 (Kinda Makieh, Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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