Genève, capitale de l'immobilier de luxe

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La métropole suisse rivalise désormais avec Londres, New York et Paris.

C'est une maison de 500 m2 un rien désuète qui donne sur le lac Léman. Située à Cologny, le Neuilly de Genève, elle est à vendre pour 27 millions de francs suisses (22,5 millions d'euros). «L'acheteur type de ce genre de biens est un nouveau riche des pays émergents, explique l'agent immobilier. Il y a de fortes chances pour qu'il la paye 18 millions d'euros, qu'il détruise la vieille bâtisse et qu'il en fasse construire une neuve pour 6 à 6,5 millions d'euros.» Des prix très élevés justifiés par le nouveau statut de Genève. Au cours des dix dernières années, la métropole francophone est devenue une capitale de l'immobilier de luxe. L'une des quatre villes mondes - avec Londres, New York et Paris - où les grandes fortunes mondiales acquièrent des pied-à-terre ou des maisons secondaires pour venir s'y détendre... en faisant un bon placement immobilier.

En fait, pour attirer les plus riches, les grandes métropoles doivent cumuler des caractéristiques assez rares: une monnaie forte, une stabilité politique, un cadre de vie agréable et des maisons ou des appartements dont les prix ne baissent pas sur le long terme, malgré les crises. Dotées de ces atouts, les quatre villes mondes se tiennent dans un mouchoir pour les prix de l'immobilier de grand luxe. Selon le cabinet conseil en immobilier Knight Frank, Genève arrive en deuxième position avec un mètre carré valorisé en moyenne à 25.000 euros. Derrière Londres (39.000 euros), mais devant Paris (22.000 euros) et New York (19.000 euros).

Les pieds dans l'eau

Un classement flatteur pour cette cité suisse dont la vie culturelle est beaucoup moins riche qu'à New York, Londres ou Paris. Mais Genève a une botte secrète. Elle n'attire pas que des grandes fortunes en villégiature, mais aussi de riches étrangers qui s'y établissent à demeure. Ils sont conquis par le taux d'imposition réduit, un forfait établi avec le canton où ils résident. De quoi séduire les Français au portefeuille bien fourni, effrayés par le projet de François Hollande de taxer à 75 % les revenus au-delà d'un million d'euros. Mais les conditions pour bénéficier de ce statut sont drastiques. «Il faut ne pas travailler en Suisse et y passer au moins la moitié de l'année», souligne Laurent Kyd, avocat fiscaliste au cabinet genevois, Borel & Barbey.

Les Français qui ont sauté le pas sont donc le plus souvent des préretraités ayant vendu leur affaire comme Michel Reybier, l'ex-propriétaire du groupe Aoste ou Christian Picart, le fondateur de la chaîne de restauration, Buffalo Grill. Et des stars du sport comme le tennisman Jo Wielfrid Tsonga ou le coureur de rallyes Sébastien Loeb qui ne tirent pas leurs revenus d'une activité en Suisse.

Quelques compatriotes les ont rejoints sur les bords du lac Léman. Ainsi, un Parisien qui a cédé son entreprise de BTP s'est installé dans un appartement de plus de 200 m2 donnant sur le lac Léman. Un bien situé dans une résidence avec service (fitness, piscine, spa, plage privée, concierge...) qu'il a acheté 3,2 millions d'euros. Et quatre des huit dernières propriétés vendus autour du Léman entre 2,5 et 6,7 millions d'euros par le réseau d'agences immobilières, Gerofinance-Dunand, ont été acquises par des Français imposés au forfait.

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