Gemalto enquête sur un possible piratage de ses cartes SIM

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GEMALTO ENQUÊTE SUR UN POSSIBLE PIRATAGE DE CARTES SIM
GEMALTO ENQUÊTE SUR UN POSSIBLE PIRATAGE DE CARTES SIM

PARIS (Reuters) - Gemalto a dit vendredi enquêter sur des informations faisant état d'un piratage présumé de ses cartes SIM par les services de renseignement britanniques et américains, une nouvelle qui fait chuter en Bourse le spécialiste français de la sécurité numérique.

Citant des documents fournis par le lanceur d'alerte Edward Snowden, le site internet The Intercept explique que le GCHQ (Government Communications Headquarters) britannique et la NSA (National Security Agency) américaine auraient ainsi surveillé des communications dans le monde à l'insu des gouvernements et des opérateurs télécoms.

Gemalto indique dans un communiqué qu'il mettra tout en oeuvre pour "investiguer et comprendre l'étendue de ces techniques sophistiquées".

Il ajoute qu'à ce stade, il ne peut confirmer ces informations et qu'il n'a "aucune connaissance préalable que ces agences gouvernementales conduisaient cette opération".

Intercept se base sur un document secret du GCHQ datant de 2010.

A la Bourse de Paris, l'action Gemalto chute de 6,73% à 67,74 euros à 11h15, accusant la plus forte baisse du SBF 120 (-0,5%) dans des volumes étoffés représentant plus de deux fois ceux réalisés en moyenne en une séance complète ces trois derniers mois sur Euronext.

Le titre efface ainsi tous ses gains engrangés depuis le début de l'année, après avoir reculé de 15% en 2014.

Gemalto conçoit des cartes SIM, des cartes bancaires et des passeports biométriques et compte Verizon, AT&T et Vodafone parmi ses 450 clients dans le monde.

"Si ces attaques devaient être confirmées et permettaient l'accès à diverses communications, ce serait très dommageable pour la réputation de Gemalto", commente un trader parisien.

Gemalto s'est créé une solide réputation avec des solutions d'authentification et visant à éviter la prévention de perte de données sensibles pour répondre aux exigences de sécurité gouvernementale et à la demande croissante de signature numérique.

"D'après les éléments dont nous disposons, la cible n'était pas Gemalto en tant que tel, c'était une tentative d'essayer d'atteindre le plus grand nombre de téléphones mobiles possibles", a déclaré une porte-parole du groupe franco-néerlandais, se refusant à tout autre commentaire.

Le GCHQ britannique s'est refusé à tout commentaire sur les questions de renseignements, tandis que la NSA n'était pas immédiatement disponible.

Publication de First Look Media, Intercept a été fondée par la documentariste américaine Laura Poitras, le journaliste d'investigation Jeremy Scahill et Glenn Greenwald, qui s'est fait connaître en publiant les programmes américains de surveillance électronique.

Gemalto, qui publiera ses résultats annuels le 5 mars, vise pour 2014 une croissance à deux chiffres du résultat de ses activités opérationnelles, ainsi qu'une accélération de la croissance de son chiffre d'affaires à taux de change constants au second semestre, hors acquisition de SafeNet, qui devrait commencer à contribuer dans le courant du quatrième trimestre.

(Cyril Altmeyer et Pascale Denis, avec Blaise Robinson et Leigh Thomas, édité par Dominique Rodriguez)

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