GE promet 1.000 emplois dans le cadre de son offre sur Alstom

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par Natalie Huet et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - General Electric s'est engagé mercredi à créer 1.000 emplois nets industriels en France en trois ans en cas de rachat de la branche énergie d'Alstom, ont déclaré à Reuters des sources au fait des discussions entre le groupe américain et l'Etat français.

Cet engagement serait un argument de poids pour GE face à une éventuelle contre-offre de l'allemand Siemens. Il a été pris par le PDG du géant américain, Jeffrey Immelt, lors d'une rencontre avec François Hollande, ont précisé les sources.

Selon l'une d'entre elles, les 1.000 nouveaux emplois seront créés dans l'ingénierie et la production et un cabinet d'évaluation indépendant sera chargé de vérifier que l'objectif a bien été atteint.

A l'issue de l'entretien entre GE et François Hollande, l'entourage du président de la République a indiqué que la proposition de GE s'était "précisée", "améliorée" et "renforcée", tout en soulignant qu'il restait du travail à accomplir. Le gouvernement n'a en outre pas confirmé l'engagement de GE sur l'emploi.

"Nous avons eu une discussion constructive sur le détail de notre projet d'alliance avec Alstom. Nous progressons et pensons aboutir à une conclusion ces toutes prochaines semaines", a pour sa part indiqué un porte-parole de GE, sans plus de commentaires.

GE et la branche énergie d'Alstom comptent respectivement 10.000 et 9.000 salariés en France.

"Force est de constater que le décret sur le 'patriotisme économique' qui vise explicitement les tractations autour d'Alstom a eu les effets escomptés", commente Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque. "General Electric est contraint de renforcer son offre, notamment en maintenant l'activité nucléaire d'Alstom en France et en fournissant des garanties sur l'emploi", ajoute-t-il. Toujours selon l'analyste, Siemens "ne fait pas le poids" face "au duo Alstom-GE", et l'Etat français, en poussant l'allemand à faire une offre, a probablement contraint GE "à des concessions qui auraient été exclues autrement".

LA SOUVERAINETÉ AU COEUR DU DOSSIER

Le titre Alstom gagnait 1,25% à 29,05 euros vers 14h40, enregistrant la deuxième plus forte hausse de l'indice CAC 40 (-0,04%).

Au-delà de son engagement à chiffrer les créations d'emplois, Jeffrey Immelt a déclaré mardi lors d'une audition à l'Assemblée nationale que GE était prêt à céder à Alstom le contrôle de son activité de signalisation ferroviaire.

Il s'est également dit confiant dans la capacité de son groupe à trouver une solution pour garantir aux clients d'Alstom - partenaire entre autres d'EDF et d'Areva - l'accès aux turbines nucléaires de sa cible.

GE a déjà accédé à une demande du gouvernement français en accordant jeudi trois semaines supplémentaires - jusqu'au 23 juin - à Alstom, qui lui est favorable, pour examiner son offre de 12,35 milliards d'euros.

Après avoir lui aussi fait part de son intérêt pour le pôle énergie d'Alstom à travers un accord qui confierait au français l'ensemble de son matériel ferroviaire roulant, le groupe allemand Siemens a de son côté fait savoir mardi qu'il se donnait jusqu'au 16 juin pour présenter une offre formelle.

L'exécutif français, qui craignait fin avril d'être mis devant le fait accompli d'une transaction en faveur du groupe américain, a publié mi-mai un décret lui permettant d'opposer un veto à toute vente d'actifs stratégiques français.

Le gouvernement cherche à obtenir une amélioration des offres de GE et de Siemens afin de protéger l'emploi, l'avenir du pôle ferroviaire - sur lequel Alstom se recentrerait - ou encore des activités clés telles que les turbines pour centrales nucléaires, les éoliennes ou l'hydroélectricité.

DES "IMPÉRATIFS" À RESPECTER

Une source proche du dossier note que la défaite historique du Parti socialiste aux élections européennes de dimanche qui ont vu un électeur sur quatre voter pour le Front national, a renforcé la légitimité de l'intervention de l'Etat dans ce dossier.

"Dans le vote de dimanche, le thème de la souveraineté a été très fort. La recherche de souveraineté sur ce qui est nucléaire, sur ce qui est sources d'énergies renouvelables et la nécessité d'avoir une branche transports viable sont nos priorités", indique cette source, pour laquelle l'Etat serait "ouvert" à une vente d'Alstom pour peu que ces "impératifs soient respectés".

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, avait jeté le trouble dans le dossier en évoquant un "plan C" franco-français pour éviter une vente d'Alstom à un concurrent étranger.

Mais selon plusieurs sources proches du dossier, l'Etat n'envisage pas un plan de nationalisation comme celui qui avait permis à Alstom d'échapper à la faillite en 2003-2004.

"Il n'y a pas de plan de nationalisation d'Alstom", a indiqué une source au fait du dossier. "Le plan C ne peut être que la participation publique à telle ou telle offre".

(Avec Benjamin Mallet, Emmanuel Jarry, Elizabeth Pineau et Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • pbenard6 le mercredi 28 mai 2014 à 16:33

    je crains qu'il n'y ait qu'une solution : la nationalisation

  • pbenard6 le mercredi 28 mai 2014 à 16:24

    le dollar ne valant plus rien, ils veulent se payer du solide avec de la fausse monnaie; combien les fonds de pension américains ont-ils fait couler d'entreprises?

  • M3851277 le mercredi 28 mai 2014 à 16:01

    Pour l'heure , li n'y a qu'une seule offre sur Alstom , les différents plans ne sont que le fruit de l'imaginaire de politiciens

  • M4661438 le mercredi 28 mai 2014 à 15:57

    ils nous prennent vraiment pour des imbéciles !

  • dotcom1 le mercredi 28 mai 2014 à 15:28

    1000 emplois crées, voilà qui compenserait amplement le licenciement des parasites de la SNCM sans impacter le taux de chômage général.

  • M940878 le mercredi 28 mai 2014 à 13:20

    des français ?

  • dominot le mercredi 28 mai 2014 à 13:10

    1000 emplois dans 3 ans!PIPO comme d'hab....

  • juillia3 le mercredi 28 mai 2014 à 12:58

    et ils ne tiendront pas parole comme nos dirigents .. encore une mascarade de plus !!!et apres 25% ? le FN fera 35% continuer !!! si c est cela que vous voulez!!!!

  • g.marti4 le mercredi 28 mai 2014 à 11:20

    Tout se charabia c'est pour faire croire aux syndicats que le gvt les défens et faire passer la pilule

  • f.fluidi le mercredi 28 mai 2014 à 10:46

    Le gvt n'a rien a faire sur une société privé ! Evidemment, si les entreprises para-étatiques Françaises sont aux mains des US, les hauts fonctionnaires ont du mourron à ce faire pour trouver une place au chaud.....