GE et Siemens rivalisent de promesses à l'Assemblée sur Alstom

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GENERAL ELECTRIC ET SIEMENS DÉFENDENT À L'ASSEMBLÉE LEURS PROJETS SUR ALSTOM
GENERAL ELECTRIC ET SIEMENS DÉFENDENT À L'ASSEMBLÉE LEURS PROJETS SUR ALSTOM

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - General Electric et Siemens ont défendu mardi à l'Assemblée nationale leurs projets de rachat de la branche énergie d'Alstom, assurant chacun que les activités ferroviaires du groupe français en sortiraient renforcées.

Le groupe allemand, qui a jusqu'ici simplement exprimé son intérêt, a indiqué qu'il envisageait de présenter une proposition formelle de rachat au plus tard le 16 juin.

Le géant américain a de son côté déposé une offre ferme de 12,35 milliards d'euros qu'Alstom doit examiner d'ici au 23 juin.

Le PDG de GE, Jeffrey Immelt, a indiqué que son groupe prendrait des engagements chiffrés en matière de créations d'emplois et qu'il était prêt à céder à Alstom le contrôle de son activité de signalisation ferroviaire.

Le gouvernement français veut obtenir une amélioration des offres de GE et de Siemens afin de protéger l'emploi, l'avenir du pôle ferroviaire - sur lequel Alstom se recentrerait - ou encore des activités clés telles que les turbines pour centrales nucléaires, les éoliennes ou l'hydroélectricité.

Le président de la branche française de Siemens, Christophe de Maistre, auditionné avant Jeffrey Immelt par la commission des affaires économiques de l'Assemblée, a précisé que son groupe s'intéressait à "toutes les activités énergie d'Alstom, sauf celles que les pouvoirs publics jugeraient essentielles à la souveraineté énergétique de la France".

Siemens envisage d'apporter à Alstom l'ensemble de son matériel roulant ferroviaire (trains à grande vitesse, locomotives, métros, trains régionaux ou encore tramways), a-t-il dit, ajoutant toutefois que son groupe souhaitait racheter les activités de signalisation du français.

Jugeant nécessaire de "sauver Alstom Transport", le dirigeant a précisé ce pôle serait majoritairement détenu par des capitaux français et aurait son siège en France.

"ALSTOM NE DISPARAÎTRA PAS"

"Si Alstom Transport était abandonné à son destin, il serait, en taille, le cinquième constructeur mondial de matériel roulant, le seul parmi ces cinq à ne pas être adossé à un groupe financièrement solide ou à un Etat, comme ses concurrents chinois", a fait valoir Christophe de Maistre.

Un accord avec Siemens "lui permettrait d'atteindre une taille critique", "en ferait l'égal des deux géants chinois, CNR et CSR, et le placerait devant son concurrent canadien, Bombardier", a-t-il ajouté.

Le PDG de GE Jeffrey Immelt a pour sa part tenté de convaincre les députés qu'un rachat de la branche énergie d'Alstom n'aboutirait pas à une disparition pure et simple de la société française.

"Alstom ne disparaîtra pas. A travers notre projet industriel, la France aura plus d'influence sur le marché global de l'énergie que vous n'en avez aujourd'hui", a-t-il dit aux députés.

Jeffrey Immelt a précisé que GE, qui a déjà promis de faire croître l'emploi dans les activités rachetées auprès d'Alstom, prendrait "des engagements chiffrés et précis" en la matière.

GE et Alstom pourraient s'allier dans la signalisation ferroviaire "de telle sorte qu'Alstom ait le contrôle du tout", a ajouté le PDG, alors que GE envisageait jusqu'ici une simple coentreprise dont elle garderait a priori le contrôle.

SIEMENS S'ENGAGE LUI AUSSI SUR L'EMPLOI

"Alstom (Transport) aura la taille, la technologie et la solidité financière pour concurrencer Bombardier, Ansaldo et Siemens", a estimé Jeffrey Immelt.

Plusieurs sources proches de Siemens ont déclaré lundi que le groupe allemand préparait une offre formelle prévoyant un transfert à Alstom de ses activités ferroviaires et le paiement de moins de sept milliards d'euros en numéraire en échange de la majeure partie de ses activités dans l'énergie.

Si le processus de vente de la branche énergie "garantit bien une égalité de traitement et un juste accès à l'information jusqu'au bout, alors Siemens présentera sa proposition le 16 juin prochain au plus tard", a dit Christophe de Maistre.

"Concrètement, afin de pouvoir justement valoriser les actifs d'Alstom, nous étudions les synergies et les complémentarités entre nos deux groupes, mais aussi les risques juridiques portés par Alstom, par exemple ceux résultant des contentieux en cours, ou les risques financiers, par exemple ceux attachés aux grands contrats."

Le président de Siemens France a également dit que le groupe garantirait l'emploi des salariés d'Alstom qui le rejoindraient, "pour une durée de trois ans à compter de la clôture de la transaction".

(Avec Natalie Huet, édité par Pascale Denis)

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