GDF Suez s'intéresse au gaz de schiste américain

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LE GAZ DE SCHISTE
LE GAZ DE SCHISTE

PARIS (Reuters) - GDF Suez étudie la possibilité de s'approvisionner en gaz de schiste américain afin d'en exporter vers l'Asie ou l'Europe, a déclaré mercredi Jean-Marie Dauger, directeur adjoint du groupe chargé de la branche Global Gaz et Gaz naturel liquéfié (GNL).

L'énergéticien français envisage cette option pour le long terme et ne prévoit pas de participer à des projets de production aux Etats-Unis, a-t-il toutefois ajouté.

GDF Suez s'approvisionne aujourd'hui majoritairement en gaz auprès de la Norvège (à hauteur de 24%), la Russie (16%), l'Algérie (14%) ou encore les Pays-Bas (13%), alors que le gaz de schiste américain, qui a entraîné récemment une chute des prix aux Etats-Unis, coûte près de trois fois moins cher qu'en Europe.

Les exportations de gaz de schiste américain pourraient en outre concurrencer à terme les importations asiatiques indexées sur les cours du pétrole.

"(Le gaz de schiste américain) est un sujet qu'on regarde mais ce n'est pas si simple que ça", a déclaré Jean-Marie Dauger, en marge d'une conférence sur l'énergie organisée par le quotidien Les Echos.

"D'un point de vue complètement rationnel, il faut se faire une idée de ce que sera le prix du gaz aux Etats-Unis en 2025 et le comparer avec ce que sera le prix du gaz en Europe ou en Asie."

"On est en train de conduire une réflexion un peu approfondie sur l'ensemble de la chaîne de valeur du gaz de schiste pour essayer de déterminer quels sont les segments de cette chaîne de valeur sur lesquels on serait les mieux positionnés", a également déclaré Jean-Marie Dauger.

"Pour l'instant, nous n'avons pas de projet de produire du gaz de schiste aux Etats-Unis (...), les tickets sont extrêmement chers (...). Ce qu'on pourrait regarder éventuellement, c'est l'aval, c'est-à-dire la liquéfaction et l'exportation", a-t-il précisé.

Jean-Marie Dauger a également souligné que sur l'ensemble des projets américains de construction d'unités de liquéfaction de gaz - dont le premier de l'américain Cheniere Energy est censé entrer en service en 2015 -, certains n'aboutiraient probablement pas.

Nombre de groupes étrangers désireux d'améliorer leur savoir-faire en matière de gisements d'hydrocarbures non conventionnels comme le schiste ont investi massivement en Amérique du Nord ces derniers mois.

Le français Total a ainsi annoncé en début d'année l'acquisition, pour 700 millions de dollars (539 millions d'euros), d'une participation dans des gisements de gaz de schiste de Chesapeake Energy et EnerVest aux Etats-Unis.

Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez

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