GDF Suez, candidat tout désigné aux projets de cession de l'Etat

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par Geert De Clercq PARIS, 15 décembre (Reuters) - Une nouvelle réduction de la participation de l'Etat français au capital de GDF Suez GSZ.PA pourrait constituer la première opération d'envergure du programme de cessions d'actifs envisagé par le gouvernement, estiment des sources et des analystes. Elle s'inscrirait dans le cadre de la vente de cinq à dix milliards d'euros d'actifs dans les 18 prochains mois, dont quatre milliards serviront au désendettement de l'Etat comme prévu par le projet de loi de finances 2015, annoncé en octobre par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. ID:nL6N0SA3YG Si les entreprises du secteur de la Défense pourraient elles aussi y contribuer, Emmanuel Macron et la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal ont clairement indiqué que les participations de l'Etat dans l'énergie seraient en première ligne. ID:nL6N0SC2G6 et ID:nL6N0T60ZL Leurs propos ont déclenché des spéculations sur une éventuelle vente d'une partie de 84,5% du capital d'EDF que l'Etat détient, qui valent aujourd'hui près de 36 milliards d'euros, dans la mesure où la loi prévoit un seuil minimum de détention publique de 70% pour l'entreprise. Mais une combinaison de facteurs industriels et politiques rend plus probable une nouvelle vente d'actions GDF Suez, certains analystes évoquant jusqu'à 10% du capital qui vaudraient autour de cinq milliards d'euros, pour une participation total déjà réduite de 36,7% à 33,6% depuis une cession en juin. ID:nL6N0P55JY "L'énergie est le secteur le plus probable pour des cessions mais, entre GDF Suez et EDF, on sent que le nucléaire est le secteur le plus sensible", estime Loïc Dessaint, directeur général de la société de conseil aux investisseurs Proxinvest. Une source gouvernementale souligne elle aussi qu'une cession de titres EDF serait plus délicate politiquement. Pour une deuxième source gouvernementale, la plus grande internationalisation de GDF Suez rend l'entreprise moins sensible sur la scène nationale et en fait donc un candidat plus probable aux cessions qu'EDF. Et si l'Etat ne pouvait légalement détenir moins du tiers du capital de l'ancien monopole gazier en vertu d'une loi de 2006, deux nouveaux textes lui permettraient de passer sous ce seuil dès l'an prochain. Sans nommer GDF Suez, Ségolène Royal a déjà laissé entendre le mois dernier que le gouvernement pourrait recourir à la loi dite "Florange", datant de fin mars, qui permet à l'Etat, comme à tout autre actionnaire détenant des titres nominativement pendant deux ans, des droits de vote doubles dans les sociétés publiques et l'autorise ainsi à réaliser des cessions d'actions tout en gardant le même contrôle de ces sociétés. Cette loi précise d'ailleurs que, dans des entreprises comme GDF Suez, l'Etat peut réduire temporairement sa participation en dessous du seuil minimal requis à condition d'atteindre ce seuil de détention du capital ou des droits de vote dans un délai de deux ans. Ce dispositif devrait être complété dans la Loi Macron au cours des prochains mois par un texte exonérant l'Etat de l'obligation de lancer une OPA s'il repassait au-dessus d'un tiers des droits de vote de GDF Suez. Le gouvernement et GDF Suez n'ont pas souhaité s'exprimer sur le sujet. (Avec Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, Benjamin Mallet pour le service français, édité par Cyril Altmeyer)


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