GDF sommé de démonter des éoliennes près d'un château

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GDF SOMMÉ DE DÉMONTER DES ÉOLIENNES PRÈS D'UN CHÂTEAU
GDF SOMMÉ DE DÉMONTER DES ÉOLIENNES PRÈS D'UN CHÂTEAU

PARIS (Reuters) - GDF Suez a fait appel d'une décision de justice obligeant sa filiale La Compagnie du Vent à démonter une dizaine d'éoliennes attaquées par les propriétaires d'un château du XVIIe siècle, a-t-on appris jeudi auprès du groupe.

Le tribunal de grande instance de Montpellier, où se situe le siège de la Compagnie du vent, avait reconnu en septembre le bruit et la pollution visuelle dénoncés par ces riverains, ouvrant à la voie selon leur avocat à une jurisprudence en la matière si le jugement était confirmé.

La Compagnie du Vent avait tous les permis nécessaires pour installer ses turbines près d'Arras (Pas-de-Calais) et n'avait reçu aucune réclamation au cours des enquêtes préliminaires, a déclaré un porte-parole de la maison-mère, qui a fait appel.

Ces éoliennes fournissent jusqu'à la moitié de l'électricité consommée par les 40.000 habitants de la ville voisine d'Arras, dans le nord de la France, ajoute-t-il.

Les turbines sont équipées de signaux lumineux multicolores, conformément à la loi, et produisent un sifflement permanent, explique Philippe Bodereau, l'avocat du couple qui souhaitait transformer son château en hôtel de luxe.

Selon lui, la propriété aurait perdu entre 20 et 30% de sa valeur en raison du champ d'éoliennes.

"Ce ne sont pas des châtelains qui ont fait un procès mais des justiciables qui sont ennuyés et qui ont fait un procès comme n'importe quel citoyen lambda", insiste l'avocat.

L'avocat dit d'ailleurs avoir été saisi de nombreuses plaintes depuis la décision de justice le 17 septembre dernier.

L'appel de GDF Suez suspend la procédure, qui ne devrait pas aboutir avant un ou deux ans, estime-t-il.

"TOMBEUR D'ÉOLIENNES"

Depuis plusieurs années, l'éolien terrestre a vu son développement freiné par une procédure de la fédération Vent de Colère contre l'arrêté tarifaire qui régit le rachat par EDF de l'électricité produite.

Vent de Colère, qui dit compter le couple d'Arras parmi ses sympathisants, lutte contre les éoliennes en raison, selon eux, de leur impact visuel, de leur coût et leur inefficacité énergétique, des arguments avancés par un autre châtelain opposé aux éoliennes, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing.

La fédération, qui réunit environ 900 associations, se félicite d'avoir bloqué par des recours la quasi-totalité des projets éoliens terrestres en cours.

"Depuis 2010, le nombre de projets a diminué de moitié chaque année grâce à l'action de notre fédération", explique Alain Bruguier, président de Vent de Colère.

Un autre site est sous le coup d'une procédure similaire dans le Finistère, dit-il, se félicitant de "faire tomber" plus de deux tiers des projets où sont créées des associations de riverains.

Ces chiffres sont faux, estime Nicolas Wolff, président de France Energie Éolienne, qui défend les industriels du secteur.

"Environ 80% des projets faisant l'objet de recours sont au final octroyés", dit-il.

Selon lui, la décision du juge est une entrave au pouvoir de l'administration, qui avait autorisé ce projet et délivré son permis de construire.

L'éolien terrestre représente actuellement environ 8.000 megawatts (MW) de capacité installée, loin de l'objectif de 19.000 MW fixé pour 2020, et contribuait à 2,7% de la production électrique en 2012 en France.

L'Allemagne possède plus de 30.000 MW installés.

La Cour des Comptes estimait récemment dans un rapport que l'éolien terrestre est actuellement l'une des énergies renouvelables les plus compétitive en France.

Muriel Boselli et Marion Douet, édité par Yves Clarisse

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  • dupon666 le vendredi 4 oct 2013 à 00:06

    Il faut leur mettre une belle centrale nucleaire à la place....pas trop de bruit mais des beaux panaches de vapeur...Ou bien leur couper l'electricite..