GB-Vers une législature exceptionnelle de deux ans pour le Brexit

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    LONDRES, 18 juin (Reuters) - Le Parlement britannique va, 
fait rare, organiser une session législative de deux ans pour 
faire face aux complexités de la décision de la Grande-Bretagne 
de quitter l'Union européenne, a dit le gouvernement samedi. 
    Les négociations sur le "Brexit" entre le Royaume-Uni et 
l'Union européenne débutent officiellement lundi, point de 
départ d'un processus délicat aux multiples inconnues. 
  
    Le choc provoqué par le revers électoral de la Première 
ministre Theresa May du 8 juin et la perte de sa majorité 
absolue à la Chambre des communes apportent un degré de 
difficulté supplémentaire au divorce entre Londres et Bruxelles. 
    Une session parlementaire court généralement sur un an, d'un 
printemps à l'autre. Mais le gouvernement a décidé de multiplier 
par deux cette durée afin de permettre aux élus de débattre de 
la manière d'aborder le Brexit sans interruption pendant 24 
mois. 
    La Grande-Bretagne a officiellement notifié Bruxelles en 
mars qu'elle quittait l'Union européenne, ce qui veut dire que 
la sortie effective du bloc, plus important partenaire 
commercial de Londres, devrait intervenir en mars 2019. 
    Andrea Leadsom, la présidente de la Chambre des communes, a 
dit que le Brexit allait nécessiter beaucoup de lois dont celles 
permettant d'inscrire dans la loi britannique les actuelles 
règles européennes. 
    Theresa May avait convoqué des législatives anticipées dans 
l'espoir d'obtenir un mandat "fort et stable". Son revers 
électoral l'a considérablement affaiblie politiquement et remis 
en question sa stratégie d'un "Brexit dur", à l'heure où 
certains appellent le Royaume-Uni à rester dans le marché unique 
et l'Union douanière européenne. 
    Le gouvernement entend présenter ses projets pour le 
prochain parlement mercredi, lors du traditionnel "discours de 
la reine", dans lequel tout nouveau gouvernement britannique 
présente sa politique générale. 
    Pour retrouver une majorité absolue Theresa May a besoin de 
l'apport des 10 élus des unionistes nord-irlandais du DUP, avec 
qui un accord n'a toujours pas été trouvé. 
    Theresa May est susceptible de voir son autorité être remise 
en cause par les élus eurosceptiques du parti conservateur si 
elle modère ses projets en matière de Brexit, rapporte le Sunday 
Telegraph, citant des sources proches du parti. 
    "Si nous avions un signal fort suggérant qu'elle revenait 
sur certains points, je pense qu'elle ira au-devant de 
difficultés majeures", a dit un ancien ministre, cité par le 
journal. 
 
 (Alistair Smout et Kate Holton, Benoit Van Overstraeten pour le 
service français) 
 
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