GB-Un budget austère mais prudent avant le référendum sur l'UE

le
0
    par William Schomberg 
    LONDRES, 16 mars (Reuters) - Le ministre britannique des 
Finances, George Osborne, présentera mercredi un projet de 
budget de nouveau marqué par l'austérité tout en veillant à ne 
pas irriter les électeurs à trois mois du référendum sur 
l'appartenance du pays à l'Union européenne.  
    Un temps considéré comme favori pour succéder à David 
Cameron au poste de Premier ministre, le chancelier de 
l'Echiquier a rétrogradé aux yeux des observateurs, conséquence 
du ralentissement de l'économie et de certaines erreurs commises 
ces derniers mois.  
    Surtout, sa promesse d'en finir avec le déficit budgétaire 
et de rendre les finances publiques excédentaires d'ici la fin 
de la décennie semble désormais hors de portée. 
    Dimanche, George Osborne a déclaré que le projet de budget 
présenté au Parlement à partir de 12h30 GMT mercredi inclurait 
de nouvelles coupes dans les dépenses, tout en relativisant leur 
portée puisqu'il a expliqué qu'elles représenteraient 
l'équivalent de "50 pence pour 100 livres dépensées par l'Etat 
d'ici la fin de la décennie".  
    La croissance de l'économie britannique a été de 2,2% en 
2015 alors que les dernières prévisions budgétaires élaborées 
par le gouvernement étaient fondées sur une hypothèse de 
croissance de 2,4%. 
    Face à un électorat toujours très divisé sur la question de 
l'appartenance à l'UE, il ne faut pas s'attendre à ce que le 
projet de budget inclue des mesures spectaculaires susceptibles 
de peser dans le débat du référendum prévu le 23 juin. La 
véritable réduction des dépenses pourrait donc attendre le 
budget suivant.  
     
    PEUT-ÊTRE DES BAISSES D'IMPÔT POUR LES HAUTS REVENUS 
    George Osborne est conscient du fait que son soutien au 
maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne irrite une 
partie de l'électorat conservateur, d'autant que son principal 
rival au sein du parti, le maire de Londres, Boris Johnson, fait 
campagne pour la sortie de l'UE.  
    Soucieux, donc, d'éviter toute mesure vouée d'avance à 
l'impopularité, il a déjà annoncé qu'il renonçait, au moins pour 
l'instant, à son projet de supprimer des avantages fiscaux 
coûteux dans le système de financement des retraites.  
    Il pourrait, à la place, annoncer un gel de cinq ans des 
taxes sur les carburants, mesure que la chute récente des prix à 
la pompe devrait rendre relativement indolore dans l'immédiat.  
    Les spécialistes de l'assurance s'attendent par ailleurs à 
un relèvement des taxes sur les contrats d'assurance.  
    Pour compenser l'impact de ces mesures, le projet de budget 
devrait inclure de nouvelles aides aux établissements scolaires 
et des financements pour de nouvelles lignes ferroviaires dans 
la région de Londres et le nord de l'Angleterre. 
    Le texte doit être accompagné de la publication de nouvelles 
prévisions budgétaires officielles, qui pourraient mettre George 
Osborne dans l'embarras si elles montrent que son objectif d'une 
baisse du ratio dette publique/PIB chaque année est aussi 
compromis que celui du retour à l'équilibre budgétaire. 
    Malgré ce risque, le ministre des Finances a confirmé son 
intention de relever le seuil de la tranche supérieure de 
l'impôt sur le revenu, ce qui reviendrait alléger la fiscalité 
des Britanniques les plus fortunés.  
    "Cet objectif budgétaire déjà difficile sera plus dur encore 
à atteindre si Osborne choisit de donner la priorité aux baisses 
d'impôts pour les foyers ayant les plus hauts revenus", estime 
Matt Whittaker, chef économiste du cercle de réflexion 
Resolution Foundation.  
     
 
 (avec David Milliken; Marc Angrand pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux