GB-Theresa May jette les bases de sa politique industrielle

le
0
    * Le gouvernement veut créer un "environnement favorable" 
    * Il compte soutenir son industrie traditionnelle 
    * Mais aussi les entreprises de nouvelles technologies 
 
 (Actualisé après réunion) 
    LONDRES, 2 août (Reuters) - La Première ministre 
britannique, Theresa May, a jeté mardi les bases de son plan 
destiné à adapter l'économie du pays à l'environnement 
post-Brexit et à relancer une politique industrielle enterrée il 
y a 30 ans par Margaret Thatcher. 
    La nouvelle chef du gouvernement a présidé la première 
réunion de la commission interministérielle sur "la stratégie 
économique et industrielle" dans ses bureaux du 10, Downing 
street, avec onze autres ministres autour de la table. 
    "La Première ministre a souligné que l'objectif de la 
nouvelle stratégie industrielle devait être de mettre sur pied 
une économie qui fonctionne pour tout le monde", a déclaré un 
porte-parole dans un communiqué publié après la réunion. 
    Selon ce même porte-parole, les ministres présents ont 
évoqué les moyens de soutenir l'activité dans tout le pays, dans 
les régions qui souffrent comme dans celles qui profitent de la 
mondialisation. 
    A l'issue du référendum du 23 juin, qui a révélé les 
frustrations de nombre de régions frappées de plein fouet par la 
désindustrialisation, Theresa May a promis de venir en aide aux 
"gens qui travaillent dur". 
    Pour son gouvernement, le défi consiste à enrayer le long 
déclin du secteur industriel en portant secours aux entreprises 
mises à mal par la mondialisation, sans pour autant menacer la 
compétitivité britannique. 
    Lors de la réunion de mardi, le ministre des Finances, 
Philip Hammond, a déclaré qu'une réduction de l'écart de 
compétitivité entre Londres et le sud-est de l'Angleterre d'une 
part et le reste du pays d'autre part pourrait entraîner une 
hausse de 9% de la production. 
    Les ministres se sont mis d'accord sur le fait qu'il 
faudrait également "créer une économie ouverte aux nouvelles 
industries, en particulier celles qui vont avoir une influences 
sur nos vies à l'avenir", selon le porte-parole du gouvernement. 
    Le volontarisme affiché pourrait donc être destiné à des 
fleurons historiques de l'industrie britannique, comme le 
constructeur automobile Jaguar Land Rover  TAMO.NS  ou le groupe 
aéronautique BAE Systems  BAES.L , mais aussi à des entreprises 
de nouvelles technologies.     
     
    "PROFITER DES OPPORTUNITÉS" 
    "Il ne s'agit pas de sélectionner quelques gagnants, mais 
plutôt de créer un environnement favorable", selon un ministre, 
qui a demandé à rester anonyme. 
    "Si nous devons profiter des opportunités offertes par le 
Brexit, il faut que notre économie toute entière soit 
exploitée", avait déclaré avant la réunion Theresa May, citée 
dans un communiqué. 
    "Il nous faut une véritable stratégie industrielle qui se 
concentre sur une amélioration de la productivité, qui 
récompense ceux qui travaillent dur par de plus hauts salaires, 
et crée plus d'opportunités pour que les jeunes gens, quel que 
soit le milieu dont ils sont issus, aillent aussi loin que là où 
leur talent les porte", avait-elle poursuivi. 
    L'Association britannique des fabricants (EEF), la 
principale fédération patronale de l'industrie britannique, a 
salué l'initiative de Theresa May, qui a pris la relève de David 
Cameron il y a moins d'un mois, dans la foulée du référendum. 
    "Le simple fait que la nouvelle Première ministre préside ce 
comité, je crois, est un début de réponse à la faiblesse des 
deux précédents gouvernements, à savoir le manque de 
concertation et d'approche trans-ministérielle", a réagi le 
dirigeant de l'EEF, Terry Scuoler. 
    Dans l'immédiat, l'équipe de Theresa May a deux dossiers 
brûlants à traiter en matière de politique industrielle, à 
commencer par celui d'Hinkley Point, où doivent en théorie être 
construits deux réacteurs nucléaires de types EPR. 
    A la surprise générale, le gouvernement a annoncé la semaine 
dernière qu'il se donnait un délai de réflexion supplémentaire 
avant de confier - ou non - ce chantier géant au groupe français 
EDF  EDF.PA  avec la participation d'un investisseur chinois. 
  
    L'exécutif britannique doit aussi traiter le cas du groupe 
indien Tata Steel  TISC.NS , lequel a annoncé fin mars son 
intention de vendre la totalité de ses activités au Royaume-Uni, 
menaçant plusieurs milliers d'emplois. 
 
 (William James, Julie Carriat et Simon Carraud pour le service 
français, édité par Juliette Rouillon) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant