GB-Tesco et Unilever mettent fin à leur différend sur les prix

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    LONDRES, 13 octobre (Reuters) - Tesco  TSCO.L , le numéro un 
de la grande distribution au Royaume-Uni, et son fournisseur 
Unilever  ULVR.L  ont annoncé jeudi avoir réglé un contentieux 
sur les prix qui a peut-être donné aux consommateurs 
britanniques un avant-goût des conséquences pratiques du Brexit. 
    Mécontent des hausses de prix imposées par Unilever après le 
plongeon de la livre, Tesco a retiré les produits du géant 
anglo-néerlandais de son site de vente en ligne jeudi, privant 
ainsi ses clients internautes de lessive Persil, de glace Ben & 
Jerry's ou de Marmite, la pâte à tartiner salée chère aux 
Anglais. 
    "Nous sommes heureux que cette situation ait été réglée à 
notre satisfaction", a déclaré un porte-parole de Tesco en début 
de soirée. Unilever a confirmé le retour à la normale, sans plus 
de précision. 
    La livre s'est dépréciée de 19% face au dollar et de 16% 
contre l'euro depuis le vote du 23 juin en faveur d'une sortie 
de l'Union européenne, rendant ainsi les produits et denrées 
importés plus chers. 
    "Les hommes et femmes politiques peuvent rester dans le 
déni, mais un shampoing produit sur le continent est maintenant 
17% plus cher", a déclaré Bruno Monteyne, un ancien cadre 
dirigeant de Tesco devenu analyste chez Bernstein.  
    Des sources avaient indiqué auparavant qu'Unilever tentait 
de vendre ses produits autour de 10% plus cher à Tesco et aux 
autres chaînes de supermarchés du pays. "C'est vraiment un 
problème quand un fournisseur veut imposer à tous des réductions 
de coûts et qu'il n'y pas de discussion, pas de négociation", 
avait déclaré à Reuters une personne partie prenante dans le 
conflit. 
    L'affaire vite baptisée "Marmitegate" a rapidement pris un 
tour national sur les réseaux sociaux et le Daily Mail a titré 
"Brexit Blackmail" ("chantage au Brexit"). 
    Supervalu, la première chaîne de supermarchés en Irlande, a 
dit aussi avoir des négociations tendues avec Unilever.      
    "Si les gens ont peur de ne plus trouver Marmite chez Tesco, 
attendez de voir quand ils verront les conséquences pour 
l'emploi", a déploré Wes Streeting, un député du Parti 
travailliste qui avait fait campagne pour le "Remain" avant le 
référendum du 23 juin.   
    Tesco a vraisemblablement voulu faire pression sur Unilever 
en révélant le conflit mercredi, veille de la présentation des 
résultats trimestriels de son puissant fournisseur  . 
    La chute du cours de Bourse des deux groupes a peut-être 
favorisé un compromis. A la Bourse de Londres, Unilever a fini 
la séance en baisse de 3,41% et Tesco a lâché 3,03%. 
 
 (James Davey et Martinne Geller; Véronique Tison pour le 
service français) 
 

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