GB/Succession-L'interview de Cameron risque de nuire aux Tories

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LONDRES, 24 mars (Reuters) - L'aveu par le Premier ministre David Cameron qu'il ne briguera pas un troisième mandat en 2020, si tant est que les électeurs lui donnent la possibilité d'en effectuer un deuxième, risque de nuire à la campagne des conservateurs en semant la zizanie parmi les prétendants, alors même que les législatives du 7 mai s'annoncent serrées. Dans une interview à la BBC, accordée lundi dans la cuisine de sa maison de campagne, le Premier ministre a pris ses collaborateurs et les élus de son camp par surprise et menace d'occulter le message central des Tories dans cette campagne, centré sur la situation économique, en incitant les médias à parler des successeurs potentiels. David Cameron a déclaré à la BBC que tout en souhaitant obtenir un deuxième mandat pour gouverner jusqu'en 2020, il n'envisageait pas de rempiler pour un troisième, préférant qu'un autre leader conservateur lui succède. "A un certain moment, il sera bon qu'il y ait un nouveau regard et une nouvelle autorité à la tête du pays, et le Parti conservateur a des personnalités toutes qualifiées pour cela", a dit David Cameron. "Vous savez, nous avons plein de talents. Nous sommes entourés d'excellentes personnes. Je n'envisage pas un troisième mandat". David Cameron a même pris la liberté de désigner trois successeurs potentiels: la ministre de l'Intérieur Theresa May, le maire de Londres Boris Johnson et le ministre des Finances, George Osborne. A moins de sept semaines d'un scrutin particulièrement serré, pour lequel les sondages donnent les Tories et le Labour au coude à coude, ses déclarations passent pour de l'imprudence et pour une erreur tactique. Il est peu probable qu'elles nuisent véritablement à sa popularité, qui est supérieure à celle de son parti, mais elles risquent en revanche de saper son autorité et de transformer son deuxième mandat, si tant est qu'il advienne, en une lutte pour le leadership du sein du camp conservateur. Cet aspect a été illustré dès mardi matin avant le début du conseil des ministres: au lieu de poser des questions sur les législatives du 7 mai, un journaliste a bombardé les membres du gouvernement de questions sur la succession de David Cameron. Les ministres, dont certains ne cachaient pas leur agacement, ont éludé. (Andrew Osborn; Eric Faye pour le service français)

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