GB-Rapport parlementaire critique sur l'intervention en Libye

le
1
    LONDRES, 14 septembre (Reuters) - L'intervention militaire 
de la Grande-Bretagne en Libye en 2011, aux côtés de la France, 
a été lancée à partir d'une interprétation erronée des 
renseignements disponibles et elle a accéléré l'effondrement 
politique et économique de ce pays, affirment mercredi des 
députés britanniques dans un rapport accablant pour David 
Cameron. 
    La Grande-Bretagne, alors dirigée par le Premier ministre 
David Cameron, et la France, sous la présidence de Nicolas 
Sarkozy, ont mené en 2011 une campagne de bombardements aériens 
en Libye qui a favorisé le renversement de Mouammar Khadafi, 
confronté à une rébellion armée. 
    La Libye a depuis sombré dans le chaos, sans autorité 
centrale capable de s'imposer à l'ensemble du pays. Les anciens 
rebelles continuent de s'affronter, l'organisation Etat 
islamique s'est implantée et des réseaux de passeurs se servent 
des côtes libyennes pour envoyer des dizaines de milliers de 
migrants vers une traversée périlleuse de la Méditerranée à 
destination de l'Europe. 
    "Les actions du Royaume-Uni en Libye se sont inscrites dans 
le cadre d'une intervention mal conçue, dont les résultats se 
font encore ressentir aujourd'hui", a dit le président de la 
commission des Affaires étrangères du Parlement britannique, 
Crispin Blunt, pourtant membre du Parti conservateur de David 
Cameron. 
    "La politique britannique en Libye avant et depuis 
l'intervention de mars 2011 a été basée sur des suppositions 
erronées et une compréhension incomplète du pays et de la 
situation." 
    Dans son rapport, la commission parlementaire affirme que 
David Cameron, qui a démissionné en juin dernier, a joué un rôle 
"décisif" dans la décision d'intervenir militairement en Libye 
et qu'il doit en porter la "responsabilité ultime". 
    Son gouvernement n'est pas parvenu à voir dans les rapports 
des services de renseignement que la menace contre les civils 
était exagérée et que la rébellion comprenait une importante 
composante islamiste, accusent les députés britanniques. 
    Il manquait aussi un plan pour l'après-intervention, 
jugent-ils. 
    "Notre manque de compréhension de la capacité 
institutionnelle du pays a fait obstacle aux progrès de la Libye 
pour instaurer la sécurité sur le terrain et absorber les 
ressources financières et autres en provenance de la communauté 
internationale", a dit Crispin Blunt. 
    Dans une interview publiée en avril par le magazine The 
Atlantic, le président américain Barack Obama avait déjà en 
partie imputé le chaos libyen à un manque de "suivi" de la part 
de la Grande-Bretagne et de la France après leur intervention de 
2011. 
 
 (William James; Bertrand Boucey pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • charleco il y a 3 mois

    Il faudrait rajouter que l'insurrection était fomentée par la CIA et que les informations étaient volontairement truquées. L'Angleterre essaie de se défausser, mais elle est dans le coup à 100%.