GB-Orthodoxie budgétaire de rigueur avant le débat sur le Brexit

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par William James et David Milliken LONDRES, 21 juillet (Reuters) - Le ministre des Finances britannique, George Osborne, a ouvert mardi un nouveau front dans sa campagne en faveur de la rigueur budgétaire en demandant à certains ministères d'identifier jusqu'à 40% de coupes dans les dépenses d'ici la fin de la décennie, avant le lancement du débat sur le maintien du pays au sein de l'Union européenne. Osborne a dit qu'il annoncerait le 25 novembre comment il entendait trouver 20 milliards de livres (28,5 milliards d'euros) d'économies supplémentaires sur certains ministères en sus des coupes claires annoncées dans les dépenses sociales lors de la présentation de Budget 2015-2016. "Cet examen de la dépense est la prochaine étape dans notre programme destiné à éliminer le déficit, dégager un excédent et nous assurer que la Grande-Bretagne ne vit pas au-dessus de ses moyens", a déclaré Osborne dans un communiqué. Le ministre des Finances demande aux ministères d'identifier comment ils pourraient réduire de 25% à 40% leur budget de fonctionnement afin de dégager pour le gouvernement différentes options pour parvenir à l'objectif de 20 milliards de livres d'économies qu'il s'est donné. L'éducation, la santé, la défense et l'aide internationale devraient être largement épargnées. Le Bureau national des statistiques (ONS) avait publié mardi avant ces annonces des données montrant que le déficit budgétaire avait été réduit de 20% au deuxième trimestre par rapport à la période correspondante un an auparavant. Cette amélioration s'explique par l'augmentation des recettes de l'impôt sur les revenus et les sociétés à la faveur de la reprise de l'économie britannique. ID:nL8N0ZN19V LE DÉBAT SUR LE BREXIT EN TOILE DE FOND Toutefois, le déficit pour le seul mois de juin est ressorti au-dessus des attentes des économistes du fait de la hausse des dépenses et, à leurs yeux, cette contre-performance souligne le défi que représente pour Osborne une impasse des comptes publics parmi les plus élevées au sein des grandes économies développées. La Grande-Bretagne affiche aussi l'un des déficits jumeaux - déficit public et déficit des comptes courants - les plus importants. L'Institute for Fiscal Studies, un groupe de réflexion indépendant sur les questions fiscales et budgétaires, estime que la réalisation d'économies de même ampleur que celles réalisées sous la précédente législature sera difficile, beaucoup des mesures les plus faciles à mettre en oeuvre ayant déjà été prises. Pour Jean-Paul Betbèze, conseiller économique du cabinet de consultants Deloitte, la politique budgétaire restrictive du gouvernement britannique conservateur, fort d'une victoire inattendue lors des élections législatives de mai, doit être replacée dans la perspective du référendum promis par le Premier ministre David Cameron sur la participation de la Grande-Bretagne à l'Union européenne (UE). "Les discussions sur la Grèce ont fait passer au deuxième plan la demande du Royaume-Uni de revoir les règles de fonctionnement de l'UE, avec une part plus importante des décisions revenant aux Etats nations", note-t-il dans son dernier bulletin hebdomadaire publié mardi. "Certes le Royaume-Uni va économiquement mieux et se prépare à augmenter ses taux", ce qui soutient la livre sterling, poursuit-il. Mais le pays "se prépare en même temps à être sous pression des marchés qui vont poser la question du référendum d'ici à un an, alors qu'il est très dépendant de financements extérieurs." Pour Jean-Paul Betbèze, "les marchés financiers auront vite compris que si la zone euro se renforce, pour éviter le Grexit, le risque de Brexit augmente d'autant." (avec Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)

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