GB-May, une "stakhanoviste" pour négocier le Brexit

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    par Kylie MacLellan 
    LONDRES, 12 juillet (Reuters) - Theresa May a gagné par KO 
la bataille pour devenir la nouvelle Première ministre 
britannique mais sa réputation de "stakhanoviste" ne sera pas de 
trop pour négocier la sortie du Royaume-Uni de l'Union 
européenne, alors que Berlin manifeste déjà son impatience.  
    L'ancienne ministre de l'Intérieur, âgée de 59 ans, a 
défendu le camp du "Remain" mais a toujours affirmé qu'il 
fallait respecter le résultat du référendum du 23 juin en faveur 
d'un "Brexit". 
    "Il n'y aura pas de tentatives de rester dans l'UE, pas de 
tentatives de la rejoindre par la porte de derrière, et pas de 
second référendum", a-t-elle martelé lundi dans un discours. 
    Theresa May répète cependant à l'envi qu'elle ne compte pas 
négocier dans la précipitation et qu'elle n'invoquera pas 
l'article 50 du traité de Lisbonne, qui déclenche officiellement 
la procédure de sortie, "avant la fin de l'année".  
    L'Allemagne semble s'en agacer. Après Angela Merkel lundi, 
le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a demandé 
mardi aux Britanniques de clarifier leur position au plus vite. 
    Quant à la chancelière, elle a demandé à Londres de 
déclencher le processus de sortie dès la nomination du prochain 
chef du gouvernement britannique.  
    Theresa May a déjà annoncé qu'elle créerait un poste de 
secrétaire d'Etat entièrement dédié au Brexit avec à sa tête un 
membre du Parlement ayant fait campagne pour une sortie de l'UE. 
    Conserver un accès au marché commun pour les entreprises 
britanniques tout en restreignant la liberté de circulation est 
une de ses priorités, mais Angela Merkel a rappelé lundi que le 
Royaume-Uni ne pourrait pas garder les avantages sans ce qu'il 
considère comme les inconvénients de l'UE. 
    La chancelière ne s'attend pas à une partie de plaisir. "Ce 
ne sera pas facile", a-t-elle confié lundi à Meseberg, au nord 
de Berlin.  
     
    "JE NE FAIS PAS LA TOURNÉE DES PLATEAUX TÉLÉ" 
    A la table des négociations, Angela Merkel aura face à elle 
une femme qualifiée de "carrément difficile" par un ancien 
ministre conservateur, Ken Clarke.   
    "C'est une vraie stakhanoviste au travail (...) Elle est 
très organisée mais a aussi des priorités claires. Elle a une 
vraie vision à long terme aussi bien qu'une capacité à entrer 
dans les détails", a déclaré à Reuters le député conservateur 
Damian Green qui a travaillé avec elle.  
    Theresa May est entrée au Parlement en 1997, puis est 
devenue la première femme présidente du Parti conservateur en 
2002, quand celui-ci n'était pas au pouvoir. 
    En tant que ministre de l'Intérieur, une fonction exercée 
depuis 2010, elle a été saluée par ses confrères conservateurs. 
Elle a notamment mis en oeuvre des réformes de la police ou pris 
position contre l'esclavage moderne. 
    Theresa May, atteinte de diabète de type 1, se qualifie de 
chrétienne pratiquante. Ses collègues disent qu'elle fuit les 
coutumes du Parlement et passe son temps libre avec Philip, son 
mari depuis 36 ans.  
    "Je ne fais pas la tournée des plateaux de télévision. Je ne 
raconte pas de ragots pendant le déjeuner. Je ne sors pas pour 
boire dans les bars du Parlement. Je n'affiche pas souvent mes 
sentiments. Je me mets juste au travail que j'ai devant moi", 
a-t-elle dit lorsqu'elle a lancé sa campagne pour la direction 
du Parti conservateur. 
    L'ancien dirigeant du Parti, David Cameron, doit présenter 
sa démission à la reine Elisabeth mercredi. Theresa May entrera 
en fonction le même jour. 
 
 (Laura Martin pour le service français, édité par Jean-Stéphane 
Brosse) 
 
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