GB-May opte pour une troisième piste à l'aéroport d'Heathrow

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 (Actualisé avec précisions, citations, contexte) 
    par Kylie MacLellan et Sarah Young 
    LONDRES, 25 octobre (Reuters) - Le gouvernement britannique 
a donné mardi son feu vert à la construction d'une nouvelle 
piste sur l'aéroport d'Heathrow, près de Londres, un projet 
estimé à près de 20 milliards d'euros censé mettre fin à un 
débat ouvert depuis 25 ans. 
    Londres trouve ainsi dans ce dossier l'occasion d'afficher 
sa volonté de soutenir le développement de l'économie 
britannique au moment même où le Royaume-Uni s'apprête à entamer 
les négociations sur sa sortie de l'Union européenne. 
    Heathrow, aéroport le plus fréquenté d'Europe, situé à 
l'ouest de Londres, était en compétition avec Gatwick, au sud de 
la métropole, mais aucun des gouvernements qui se sont succédé 
depuis un quart de siècle n'avait tranché entre les différentes 
options face aux protestations des riverains et des défenseurs 
de l'environnement.  
    "Il s'agit à l'évidence d'une décision importante pour ce 
pays, mais c'est aussi le signe le plus clair depuis le 
référendum montrant que ce pays est très clairement ouvert aux 
affaires", a dit à la presse le ministre des Transports, Chris 
Grayling. 
    Estimé à 18 milliards de livres (20,2 milliards d'euros), le 
chantier de la troisième piste d'Heathrow s'annonce comme l'un 
des plus grands projets d'infrastructures d'Europe. Mais avant 
que la construction puisse débuter, le dossier devrait faire 
l'objet de plusieurs recours administratifs et juridiques et 
être soumis aux députés, d'ici un an environ. La nouvelle piste 
ne devrait donc être opérationnelle qu'en 2025 au plus tôt.  
     
    RECOURS JURIDIQUE ET TENSIONS POLITIQUES EN VUE  
    La décision prise par Theresa May est l'une des plus 
marquantes depuis son entrée en fonctions en juillet et elle 
risque de créer des tensions au sein de son gouvernement, dont 
plusieurs membres importants s'opposaient à l'expansion 
d'Heathrow, situé dans l'une des zones les plus densément 
peuplées de la région londonienne.  
    Parmi ces détracteurs se trouve l'ex-maire de Londres devenu 
ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, dont la 
circonscription est proche d'Heathrow et qui avait déclaré l'an 
dernier que l'option de la troisième piste était vouée à 
l'échec. Mais il ne faisait pas partie du comité ministériel 
appelé à trancher mardi.  
    Son successeur à la mairie de la capitale, le travailliste 
Sadiq Khan, a critiqué mardi la décision de Theresa May, parlant 
de mauvaise décision pour Londres et pour la Grande-Bretagne. 
    Le ministère des Transports a précisé qu'il allait proposer 
la mise en oeuvre de règles contraignantes en matière de 
nuisances sonores, censées apaiser les craintes des riverains de 
l'aéroport.  
    Heathrow pourrait perdre d'ici 2020 son titre de premier 
aéroport d'Europe au profit de celui de Paris-Charles de Gaulle, 
qui compte quatre pistes. Les deux pistes existantes de 
l'aéroport londonien limitent ses capacités à 480.000 vols par 
an, contre plus de 600.000 pour certains aéroports européens 
concurrents. 
    Selon une étude réalisée par une commission indépendante, 
une nouvelle piste à Heathrow permettrait la création de 70.000 
emplois nouveaux d'ici 2050 et augmenterait la croissance du 
produit intérieur brut (PIB) de 0,65 à 0,75 point sur la même 
période, ce qui représenterait une contribution économique de 
147 milliards de livres (165 milliards d'euros) sur 60 ans.  
    Le capital de l'aéroport est détenu entre autres par les 
groupes privés Ferrovial  FER.MC , Qatar Holding, China 
Investment Corp. Son expansion sera financé par le secteur privé 
et non par l'Etat britannique.  
     
 
 (avec William James; Marc Angrand pour le service français, 
édité par Véronique Tison) 
 

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