GB-May nomme son gouvernement, Johnson aux Affaires étrangères

le , mis à jour à 23:20
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    * Boris Johnson devient chef de la diplomatie 
    * David Davis, partisan du "Leave", ministre du Brexit 
    * Hammond aux Finances pour rassurer les investisseurs 
    * Theresa May promet une politique en faveur des 
Britanniques 
 
 (Actualisé tout du long) 
    par Kylie MacLellan et William James 
    LONDRES, 13 juillet (Reuters) - Chargée mercredi après-midi 
de former un nouveau gouvernement, Theresa May a annoncé en 
début de soirée la composition de son cabinet dans lequel 
figurent deux influents partisans du Brexit, Boris Johnson qui 
récupère le ministère des Affaires étrangères et David Davis qui 
hérite du portefeuille ad hoc créé pour gérer la sortie de la 
Grande-Bretagne de l'Union européenne. 
    La nouvelle Première ministre britannique n'a pas tardé à se 
mettre au travail après avoir été reçue en audience au palais de 
Buckingham par la reine Elisabeth, comme le veut la tradition. 
    Les principales tâches qui attendent ce nouveau gouvernement 
sont la gestion du divorce entre Londres et le bloc 
communautaire après le référendum sur le Brexit et la relance 
d'une économie menacée par la récession, qui revient au nouveau 
ministre des Finances, Philip Hammond, chargé de la diplomatie 
dans le précédent gouvernement. 
    Dans sa première déclaration publique en tant que chef du 
gouvernement, Theresa May a reconnu que la Grande-Bretagne était 
confrontée "à une période de grands défis après le référendum". 
"Mais parce que nous sommes la Grande-Bretagne, je sais que nous 
nous montrerons à la hauteur de ces défis", a-t-elle ajouté 
avant d'entrer au 10 Downing Street. 
    "Nous allons quitter l'Union européenne et nous allons nous 
forger un nouveau rôle audacieux dans le monde et nous ferons de 
la Grande-Bretagne un pays qui ne fonctionne pas pour un petit 
nombre de privilégiés mais pour chacun d'entre nous", a-t-elle 
promis. 
    Theresa May, qui avait fait campagne en faveur du maintien 
("Remain") de la Grande-Bretagne dans l'UE, succède à David 
Cameron, au pouvoir depuis 2010. 
    Pour dessiner ce nouveau rôle que la Grande-Bretagne entend 
jouer à l'avenir dans le monde, elle a désigné Boris Johnson au 
Foreign Office. L'ancien maire de Londres et figure de proue de 
la campagne en faveur du "Leave" n'a jamais occupé de fonction 
ministérielle. 
    Un temps considéré par les observateurs comme un successeur 
potentiel à David Cameron, avant même que ce dernier annonce sa 
démission, Boris Johnson avait renoncé à briguer ce poste en 
raison des oppositions exprimées contre lui au sein de son camp. 
    Son rôle dans les relations futures entre la Grande-Bretagne 
et le bloc européen devrait être limité dans la mesure où 
Theresa May a prévu de créer un nouveau ministère spécialement 
chargé de cette question. 
     
    DAVIS PEU PRESSÉ D'INVOQUER L'ARTICLE 50 
    Ce portefeuille revient à David Davis, ancien rival de David 
Cameron pour prendre la direction des Tories en 2005. 
    Farouche partisan de la séparation entre Londres et 
Bruxelles, David Davis, 67 ans, devra gérer les termes de ce 
divorce avec les 27 autres Etats membres de l'UE dès que la 
Grande-Bretagne aura invoqué l'article 50 du Traité de Lisbonne. 
Cet article prévoit une période de deux années pour négocier le 
départ d'un Etat membre. 
    Dans un article publié lundi sur le site des adhérents du 
Parti conservateur, David Davis estimait que la Grande-Bretagne 
devait prendre son temps avant d'invoquer l'article 50, une 
position peu à même de satisfaire les acteurs économiques et les 
investisseurs inquiets face à l'actuelle période d'incertitude. 
    Rassurer les milieux économiques sera la tâche qui incombera 
à Philip Hammond, ancien ministre des Affaires étrangères, qui 
devient chancelier de l'Echiquier, succédant à George Osborne, 
proche de David Cameron et qui a présenté sa démission. 
    Philip Hammond va devoir trouver les moyens de relancer une 
économie britannique qui montre des signes de ralentissement et 
est menacée de récession depuis le référendum du 23 juin. 
    Le ministre, qui a fait campagne en faveur de maintien 
(Remain) dans l'UE, pourrait déterminer une nouvelle trajectoire 
budgétaire après que son prédécesseur George Osborne a renoncé à 
son objectif d'un excédent d'ici 2020. 
     
    UNE POLITIQUE POUR TOUS LES BRITANNIQUES 
    Le nouveau ministre des Finances va également devoir 
endiguer la perte de confiance dans la livre sterling qui se 
trouve à son plus bas niveau depuis 30 ans face au dollar. 
    Il devra également convaincre les banques étrangères de 
rester à Londres et gérer une relation délicate avec la Banque 
d'Angleterre. Cette dernière pourrait abaisser ses taux 
d'intérêt à des niveaux historiquement faibles jeudi. 
    Consciente des défis qui l'attendent, Theresa May a précisé 
d'emblée: "Le gouvernement que je vais diriger ne sera pas animé 
par la défense des intérêts de quelques privilégiés mais par les 
vôtres. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour vous donner 
plus de contrôle sur votre existence." 
    "Quand nous prendrons de grandes décisions, nous ne 
penserons pas aux puissants mais à vous, lorsque nous adopterons 
des lois nous n'écouterons pas les puissants mais vous, quand il 
s'agira de fiscalité nous ne favoriserons pas les nantis mais 
vous", a-t-elle promis. 
    Elle devra également tenter de réunifier un Parti 
conservateur fracturé par le Brexit et une nation divisée par un 
scrutin au cours duquel se sont exprimés la colère et le 
ressentiment de la population à l'égard des élites et de la 
mondialisation. 
    Très attentive à ce Brexit, la présidence américaine a réagi 
rapidement pour féliciter Theresa May de sa nomination et se 
réjouir que les premières déclarations de la nouvelle chef du 
gouvernement soient en accord avec les conseils offerts par 
Barack Obama. 
    A Paris, François Hollande a adressé ses félicitations à 
Theresa May tout en réaffirmant son souhait que les négociations 
sur le Brexit "s'engagent le plus rapidement possible". 
 
 (Pierre Sérisier, Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame pour 
le service français) 
 
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